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La
réforme Lang
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Décrets du 26/ 11/ 2001
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"Décret portant application au système français d'enseignement supérieur de la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur" (décret n° 2002-482, paru le 25/04/02) : Cela consiste en :
"1) une architecture des études fondée principalement
sur les trois grades de licence, master et doctorat. 2) une organisation
des formations en semestres et en unités d'enseignement. 3) la
mise en uvre du système européen d'unités d'enseignement
capitalisables et transférables, dit "système européen
de crédits - ECTS". 4) la délivrance d'une annexe
descriptive aux diplômes dite "supplément au diplôme",
afin d'assurer, dans le cadre de la mobilité internationale, la
lisibilité des connaissances et aptitudes acquises" (article
2). Ce décret annonce les objectifs : "développer la professionnalisation des études supérieures, répondre aux besoins de formation continue diplômante et favoriser la validation des acquis de l'expérience, en relation avec les milieux économiques et sociaux", ainsi que : "le développement de l'enseignement à distance" (article 3). Ces éléments entraînent la dévalorisation des cursus universitaires : la professionnalisation se fait forcément au détriment des missions essentielles de l'Université, et la validation des acquis (décidée par les entreprises elles-mêmes !) les rend équivalents au suivi des cursus. Comment peut-on encore parler de service public si "les milieux économiques et sociaux" (autrement dit les patrons) peuvent décider que telle expérience professionnelle (notamment dans leur propre entreprise) donne droit à tel diplôme ? Quelle valeur auront alors nos études ? Quand à l'enseignement à distance, on voit bien l'escroquerie que cela représente : un étudiant devant un ordinateur, ça vide un peu les amphis surchargés, mais ça ne vaut rien d'un point de vue pédagogique. Concernant les modalités
d'applications concrètes du système de crédits, l'article
5 du décret est assez flou : "Le nombre de crédits
par unité d'enseignement est défini sur la base de la charge
totale de travail requise de la part de l'étudiant pour obtenir
l'unité. La charge totale de travail tient compte de l'ensemble
de l'activité exigée de l'étudiant et, notamment,
du volume et de la nature des enseignements dispensés, du travail
personnel requis, des stages, mémoires, projets et autres activités".
Plus loin : "Les crédits sont obtenus lorsque les conditions
de validation définies par les modalités de contrôle
de connaissances et aptitudes propres à chaque type d'études
sont satisfaites". Cela confirme que des points seront attribués
pour tout et n'importe quoi : les stages deviennent équivalents
à un véritable enseignement ; quand aux "autres
activités", on reste pantois devant le peu de sérieux
de ce décret, qui ouvre donc la porte à toutes les dérives
imaginables (puisque légalement TOUT peut potentiellement donner
droit à des points). Au delà, on constate que chaque université
pourra faire peu ou prou comme bon lui semble. La cohérence globale
de l'enseignement supérieur se réduit encore. "Décret relatif aux grades et titres universitaires et aux diplômes nationaux" (décret n° 2002-481, paru le 25/04/02) : Article 3 : "Les
grades sont le baccalauréat, la licence, le master et le doctorat".
Les autres niveaux de sortie ne sont pas vraiment supprimés (du
moins pas pour l'instant), ils ont le statut de "titres".
Ce décret instaure donc une hiérarchie entre les diplômes
: ceux qui donnent droit à un grade (qui sont "les principaux
niveaux") et ceux qui ne donnent droit qu'à un titre,
c'est-à-dire les DEUG et maîtrise, qui deviennent donc des
diplômes dévalorisés (ou, comme le dit pudiquement
le décret, des "niveaux intermédiaires").
Dans la logique d'un 3/5/8 intégral, on devrait aller vers une
disparition progressive des diplômes donnant droit à un titre. |
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