La réforme Lang
Arrêté du 4/02/2002
 

Arrêté adopté par le CNESER du 4/02/2002 :
"Arrêté relatif au diplôme national de master" (arrêté MENS0200982A paru le 25/04/02) :

Article 2 : "Le diplôme de master sanctionne des parcours de formation initiale ou continue (…) comprenant : - une voie à finalité professionnelle débouchant sur un master professionnel ; - une voie à finalité recherche débouchant sur un master recherche". Comme l'avait annoncé Lang le 4 octobre 2001, on va vers la suppression des DEA et DESS : le master "professionnel" va remplacer le DESS, celui à "finalité recherche" va remplacer le DEA.

Article 4 : "Le diplôme de master est accompagné de l'annexe descriptive mentionnée au 4) de l'article 2 du décret portant application… susvisé [il s'agit du premier décret du 26/11/01, voir plus haut]. Il porte la mention du ou des établissements qui l'ont délivré". Il s'agit là d'une attaque fondamentale contre le cadre national des diplômes. Actuellement, un diplôme est le même qu'il soit obtenu à Caen, Paris ou Toulouse. C'est une garantie qui protège les étudiants : on a obtenu tel diplôme, sa valeur est la même partout.

L'annexe descriptive aux diplômes a deux buts. D'abord, comme le dit ce décret sur le master, le diplôme aura dans sa dénomination le nom de l'établissement, comme c'est le cas aux USA. Cela rentre dans la logique de mise en concurrence des universités ; on assistera de plus en plus à une compétition entre universités et entre étudiants, ce qui aboutira à un système inégalitaire avec d'un côté les "facs d'excellence" et de l'autre les "facs poubelles". Notons que ce point était déjà proposé par la réforme Devaquet de 1986 (qui avait été abrogée suite aux importantes grèves qu'elle avait provoqué) : "chaque diplôme porte le nom de l'établissement par lequel il a été délivré" (article 2.84 de la loi Devaquet). Cette réforme constituait une offensive sans précédent, renforçant la sélection et consacrant l'augmentation des frais d'inscription. Ne voit-on pas les mêmes propositions revenir avec la réforme Lang ?

Le deuxième rôle de l'annexe descriptive découle de l'instauration du diplôme à points. En effet, comme on pourra désormais faire son diplôme "à la carte", l'annexe descriptive permettra aux employeurs de voir avec quoi l'étudiant a obtenu ses crédits. Et gare à celui qui aura consacré ses études à étudier des matières dites "non-rentables" (philo, par exemple), au lieu de passer son temps à travailler gratuitement dans des stages bidon (preuve de la "flexibilité" recherchée par les entreprises).

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