jeudi 8 juin 2000
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort
 
Scandale incroyable au CNESER !


La liste Ensemble pour une Université publique de qualité ouverte à tous, liste de rassemblement syndical comprenant des élus de l'UNEF (considérant comme illégitime la décision de sa direction nationale de rejoindre la liste de l'UNEF-ID), du SEUL, de l'AGET-ASL et des élus indépendants a été déposée et enregistrée lundi juin, dans les délais fixés par la loi, comme annoncé. Comme annoncé par notre précédent communique, nous avons souhaité user du droit de rectification, lui aussi prévu par la loi.
Deux de nos camarades se sont donc rendues ce jour, 7 juin, à la Direction de l'Enseignement Supérieur, porteuses de tout ce qui était nécessaire à la validation de la liste. Sans rien savoir du contenu de l'enveloppe dont elle était porteuse, le secrétaire général M. Guedon a annoncé à Sancia De Cooman qu'il "avait reçu l'ordre de ne pas la recevoir et de n'accepter aucun document pour notre liste, et pour notre liste seulement".
Notre camarade a protesté, désirant connaître les motifs de ce refus, mais M. Guedon ne semblait pas les connaître et a affirmé son impuissance face aux ordres reçus de plus "haut".
En désespoir de cause, voulant déposer à l'accueil les pièces (sous enveloppe adressée a Monsieur le Ministre), nos camarades se sont encore heurtées a un refus de "prendre la responsabilité" d'accepter ces documents. On leur a dit qu'aucun courrier n'était accepté à l'accueil. Or, sous leurs yeux venait d'être déposée une lettre adressée à Madame Demichel.

Est-ce cela la démocratie étudiante que l'institution du CNESER est censée promouvoir ? La représentante d'une liste régulièrement enregistrée, venant déposer des rectifications dans les délais légaux refoulée sans contestation aucune de ces deux points, mais par l'invocation d'un ordre mystérieux ? Nous savions que notre liste gênait. Nous venons de voir jusqu'où étaient capables d'aller certains au moins de ceux qu'elle gêne.
Nous sommes décidés à utiliser tous les recours possibles contre cette décision scandaleuse. Nous appelons les candidats sur les autres listes, toutes les organisations étudiantes, les syndicats de salariés, les parlementaires et les élus locaux, tous les étudiants de France, tous les citoyens attachés au respect par l'Etat des principes qu'il fixe lui-même à nous manifester leur soutien.

 
Il est nécessaire pour les syndicats étudiants de lutte de s'unir au sein d'une nouvelle structure.
Appel lancé par le SEUL et SE Pau


Le syndicalisme étudiant est en crise. La liste commune UNEF, UNEF-ID au CNESER concrétise l'absorption programmée de l’UNEF par l’UNEF-ID. Les décisions prises lors du CN de l’UNEF du 3 juin 2000 constituent une reddition sans conditions et sans principes de l’UNEF à l’UNEF-ID et l’abandon de toute optique de lutte par cette organisation. Elles marquent le début de la création d’une centrale cogestionnaire étudiante.
Il est indispensable, à l’heure ou les réformes de l’enseignement supérieur et les attaques contre l’aide sociale et les acquis étudiants se font sentir de plus en plus durement et remettent gravement en cause le droit au savoir pour tous, son principe fondamental, la laïcité des universités, et les conventions collectives, que les sections syndicales de lutte se réunissent au sein d’une organisation commune, malgré leurs différences d’origine historique et de leurs désaccords passés.
Considérant qu’un syndicat n’est pas un organisme administratif chargé de mettre en place des réformes (un syndicat ne peut à le fois participer à l’élaboration d'une réforme et la combattre ), qu’une organisation réellement syndicale doit exprimer réellement les revendications élémentaires de la masse des étudiants et qu’un syndicat, s’il veut remplir correctement sa mission de défense des étudiants ne doit dépendre que des étudiants et de ses militants, nous appelons toutes les sections syndicales de lutte à s’organiser au sein d’une structure commune.

Nous proposons une réunion préliminaire pour la création de cette structure les 23,24 et 25 juin.

 
Fusion UNEF/UNEF-ID : on sabre le champagne au PS

La réunification des deux UNEF, finalement à l'ordre du jour après 18 mois de louvoiements de la direction de l'UNEF, largement désavouée par sa base, suscite depuis deux jours un grand nombre de réaction dans les rangs du parti socialiste. Toutes favorables comme il fallait s'y attendre. Le député socialiste Julien Dray a souhaité mardi «bonne chance» à la nouvelle structure. «Les dirigeants de l'UNEF-ID et de l'UNEF font preuve de maturité et de conséquence» écrit Julien Dray dans un communiqué. La réunification «devrait permettre de mettre un terme au mouvement de désyndicalisation (...) en offrant aux étudiants un puissant outil de mobilisation et de propositions offensives», ajoute-t-il. C'est sûr.
Connaissant les positions de l'UNEF-ID et de la direction de l'UNEF, qui ont mené depuis des années de gigantesques campagnes de cirage de pompe des ministres de l'Education successifs, nous sommes effectivement certains que les étudiants vont s'y précipiter. On a déjà trouvé le slogan : "Tu es jeune ? Tu trouve que Lionel Jospin est un gars fantastique et Allègre un chic type ! Rejoins l'UNEF Inter Discount".
 
Carine Seiler, présidente de l'Union nationale des étudiants de France indépendante et démocratique (UNEF-id), répond à une interview de l'AFP


Pour quelles raisons l'UNEF-id s'apprête-t-elle à rejoindre l'UNEF?
Nous voulons tourner la page de la division. En 1971, au moment de la scission, le monde étudiant était dans un combat quasi-révolutionnaire, un peu dépassé aujourd'hui. Toutes les raisons des désaccords de nos aînés n'ont plus de sens actuellement pour les étudiants, ni pour les organisations. A l'époque, la raison de fond de la division était de savoir s'il fallait ou non se présenter aux élections universitaires. Ces problèmes sont réglés depuis longtemps. Nous avons lancé la procédure de réunification il y a un an et demi, et la décision a été adoptée à l'unanimité lors de notre congrès l'an dernier. Mais il faut du temps pour faire avancer les esprits et constituer des listes électorales communes.

32 ans après mai 68, qu'est-ce qui vous rassemble et qu'est-ce qui vous oppose encore?
L'UNEF-id rassemble tous les syndicats étudiants de la gauche non communiste face à l'UNEF, qui se situe dans la mouvance communiste. Il reste des différences de vues qui sont plus des nuances que de vraies divergences, notamment sur les questions sociales, comme la création de l'allocation étudiante, qui est une vieille revendication de l'UNEF-id pas complètement partagée par l'UNEF. Mais globalement, au cours des deux dernières années, nous avons adopté des positions identiques sur la plupart des grandes questions universitaires. Nous avons accepté le principe d'aller vers une harmonisation européenne de l'enseignement supérieur, tout en prévenant que nous refuserions la sélection, la dévalorisation des diplômes et les pôles d'excellence, nous avons mené des batailles en commun comme le plan de modernisation des universités U3M, et nous avons adopté la même attitude d'abstention positive concernant l'instauration de la licence professionnelle.

Avec 10.000 adhérents revendiqués sur 2 millions d'étudiants, l'UNEF-id a une audience très limitée, même s'il reste le premier syndicat étudiant. Quelles vont être vos priorités pour relancer le mouvement?
Nous voulons construire une organisation étudiante capable d'intervenir dans tous les domaines de la vie étudiante, rendre l'université plus démocratique tout en faisant en sorte qu'on s'y sente mieux avec un nouveau tissu associatif fort. Nous voulons aussi lutter contre l'anonymat à l'université.
Nous avons lancé le mois dernier un débat sur la «révolution pédagogique». Nous souhaitons obtenir que les enseignants et les étudiants soient formés à la pédagogie, et qu'on réfléchisse à de meilleures articulations entre les enseignements.
Dans un premier temps, nous allons déposer des listes électorales communes pour les élections au conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) qui ont lieu du 26 juin au 8 juillet par correspondance. Un congrès constitutif du syndicat unifié est prévu avant la fin de l'année à Paris.

Vous avez bien lu entre les lignes ? Le syndicat unifié au service des étudiants qui est en train de se bâtir a "mené des campagnes pour U3M", adopté passivement la licence professionelle et compte aider à un tissu associatif fort. Ce que ne dit pas l'interview non plus c'est que les sections UNEFde Paris I et IV, Nantes, Caen, Le Havre, Lille, Rouen, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Montpellier, Poitiers, Orléans et d'autres n'ont pas vraiment prévu de se réunifier avec l'UNEF-ID. Alors ?...

 
Le PS essaie de ressortir son assoc' postiche "Stop la Violence"

On se souvient du flop retentissant de "Stop la Violence", l'association positche du PS devant remplacer, comme vivier de recrutement, Sos Racisme en piètre état après une politique de plusieurs années ne remettant jamais en cause les lois Chevènement. Après des campagnes de propagande considérable orchestrée par les médias et le gouvernement, "Stop la violence" avait réussi à regrouper pour sa grande manif nationale moins de 500 personnes. On croyait le machin définitivement disparu. Et bien non ! Il faut croire que l'UNEF-ID ne suffit pas au PS pour se reconstituer une assise dans la jeunesse. L'AFP commence à nous sortir des articles du genre "l'association Stop la violence s'installe dans les lycées" ou "SlV prépare une grande campagne de sensibilisation à la rentrée". Vous allez voir que la télé, les journaux et les radios vont essayer de faire prendre la sauce bientôt. On vous montrera dix jeunes en train de diffuser des tracts en vous disant "Stop la violence est de tous les combats", alors qu'il s'agira des dix seuls adhérents en train d'appeler à une fête de quartier.
A ce jour, nous disposons des informations suivantes : SlV n'a pas réussi du tout à s'implanter dans les banlieues, malgré le fait qu'un grand nombre d'aides éducateurs, mandatés par les mairies aient essayé. Ils s'implante dans les collèges et lycées parce que la FCPE ou des profs (qui ont leur carte du parti ?) les font venir. Nous n'avons pas eu d'informations nous indiquant qu'ils se soit montés à l'initiative d'élèves. Le mouvement postiche compte aujourd'hui 47 comités locaux, en Ile-de-France pour la moitié, et en province.
Ils organisent des combats puissants du type : ateliers d'écriture, théâtre-forum, et dessin. C'est le cas notamment au collège Gabriel Péri de Bezons (Val d'Oise). Nous n'avons jamais entendu parler de revendications venant d'eux traitant de l'accès au service public dans les banlieues, ni à la suppression des lois Pasqua-Debré-Chevènement. Et leur campagne de sensibilisation à la rentrée prochaine aura pour but (sans rire) de "mobiliser des partenaires et susciter l'envie pour des jeunes investis dans le domaine culturel de venir encadrer des ateliers «Stop la Violence» dans les établissements scolaires". A quand une grande campagne autour du macramé ?
 
Lozère : les instituteurs restent mobilisés contre les suppressions de postes

Mercredi, en début d'après-midi, à l'appel des syndicats d'enseignants du premier degré et de parents d'élèves, (SNIUPP, CGEN-CFDT, PEEP et FCPE), une délégation a apporté une motion à la préfecture.
Il y est repris en lettres capitales la revendication qui a suscité, ces derniers mois, de nombreuses manifestations de masse dans les rues de Mende. Ils refusent, encore et toujours, le projet de suppression de six emplois en Lozère « qui, pourtant, enregistre une nouvelle hausse des effectifs scolarisés ».
Et, dans ce document remis au représentant de l'État, il est précisé que dans le rapport des inspecteurs généraux il était dit : « Ces propositions de moyens élémentaires ne tiennent pas compte des possibilités de redéploiements internes à l'académie, en particulier en provenance de la Lozère qui bénéficie d'un potentiel de remplacement injustifié au regard de ses besoins… » Les syndicalistes signataires ont démontré, chiffres officiels en main que cette affirmation est fausse.
 
Gard : des parents mobilisés pour sauver leur école

Mercredi à 9 h 30, une cinquantaine de parents d'élèves de l'école Veigalier, accompagnés de leurs enfants, a investi le hall de la mairie de Bagnols/Cèze (Gard). Au même moment, salle Saussine, une commission municipale présidée par l'adjoint à l'enseignement planchait sur la répartition des dérogations pour la rentrée prochaine.
C'est précisément cette réunion qui motivait la venue en mairie de la délégation. Les parents d'élèves, plutôt confiants, étaient persuadés que leur école allait pouvoir arracher les dérogations nécessaires au maintien de la 5e classe, pour laquelle ils se battent becs et ongles depuis plusieurs semaines et qui vient de faire l'objet d'une décision de fermeture. En effet, le 30 mai, le Conseil départemental de l'Éducation nationale a confirmé la fermeture de sept classes dans le Gard, dont une classe à l'école primaire Veigalier.
La présidente de l'association de parents d'élèves, Joèlle Kieffer, a expliqué que cette fermeture serait gelée jusqu'en septembre : « Une décision définitive sera prise au lendemain de la rentrée. C'est la seule école du département qui bénéficie de cette mesure. » C'est donc relativement confiants que les parents d'élèves se sont présentés mercredi matin en mairie, demandant à être reçus par l'adjoint à l'enseignement. L'un d'eux confiait, il y a quelques jours : « Selon M. Foulquier, une dizaine de dérogations permettraient de sauver la classe menacée. »
Au milieu de la matinée, profitant d'une interruption de séance, Jacques Foulquier est venu à la rencontre de la délégation, chiffres en main. Et là, il faut bien dire que les visages se sont soudain obscurcis lorsqu'il a annoncé, pour la rentrée, un effectif oscillant entre 88 et 93 élèves, dérogations comprises (huit dérogations seraient comptabilisées dans ce chiffre). Réaction immédiate et quelque peu ulcérée des parents d'élèves : « Il ne peut y avoir qu'une erreur. L'inspecteur départemental affichait, il y a quelques jours, un effectif de 90 élèves, sans les dérogations. Visiblement, il manque dix élèves. Où sont-ils passés ? Il y a une fuite quelque part. » Réitérant son soutien, l'adjoint à l'enseignement, qui s'est montré plutôt réservé, a tenu à rappeler que la loi des chiffres est malheureusement implacable. « Si l'effectif ne parvient à dépasser la centaine d'inscrits, je doute que l'administration revienne sur sa décision. Mais attendons la rentrée. » La commission d'hier a étudié quelque 110 dérogations. 70 % D'entre elles ont été accordées.
 
Aveyron : face aux revendications enseignantes le ministère fait le mort

Les syndicalistes enseignants (Fen, FSU, Sgen-CFDT et CGT) ne sont pas satisfaits. Depuis la grève, et l'occupation des locaux de l'inspection académique, le 24 mars dernier, ils n'ont toujours pas eu de réponses aux questions qu'ils ont soulevées. On se souvient que les ensiegnants, mais aussi le personnel de l'Education Nationale dans son entier, a fait grève en mars pour que l'on prenne en compte les spécificités aveyronnaises : ruralité forte, et donc enseignement dispersé, et présence non moins forte de l'enseignement privé.
Les syndicats avaient été reçus le 4 avril dernier par le recteur, puis, le 13 avril, au ministère de l'Education Nationale, par le directeur des enseignements scolaires. A cette occasion, on leur avait promis une réponse écrite dans un délai de trois semaines. Plus d'un mois et demi a passé, et aucune réponse n'est encore arrivée. Du coup, les syndicalistes ont monté un de ces dossiers à caractère exhaustif, qui bénéficient souvent d'un classement sans suite, mais qui ont au moins le mérite de poser les choses précisément avant une mobilisations.
Ils se sont aussi fendus d'une lettre au ministre, dans laquelle ils demandent un réexamen de la dotation en personnel pour l'Aveyron, et une augmentation conséquente du nombre de places d'admis aux concours de recrutement. Cette lettre est accompagnée d'une pétition, les personnels de l'Education Nationale s'engageant à une nouvelle mobilisation si une réponse favorable n'intervenait pas rapidement. Mobilisation qui interviendrait à la rentrée prochaine.
Quand on vous dit que septembre sera chaud !
 
Jack Lang vient passer du cirage à la PEEP

La représentation des parents à l'école doit être «améliorée», a déclaré samedi dernier à Poitiers le ministre de l'Education nationale, Jack Lang, en annonçant la préparation d'une «charte» fixant les droits et devoirs des parents, enseignants et élèves, au sein des établissements scolaires.
«Tout ce qui pourra contribuer à améliorer les mécanismes actuels de représentation des parents doit être entrepris», a déclaré le ministre dans un discours, prononcé en clôture du congrès de la Fédération des Parents d'Elèves de l'Ecole Publique (PEEP). «Je lance l'idée d'élaborer un document qui soit une charte de portée générale, fixant les droits et devoirs de chacun, une sorte de contrat de vie commune», préparé par une «personnalité» du monde éducatif, a déclaré le ministre, en évoquant les «relations parfois tendues» entre les enseignants et les parents. «Un PACS», lui ont répondu les parents. M. Lang a également annoncé la publication en juin de textes pour uniformiser les procédures d'élection de délégués de parents dans le primaire et le secondaire, et améliorer les conditions de distribution de documents associatifs aux familles.
Pour convaincre les familles de participer aux élections de leurs représentants, le ministère lancera une campagne de spots télévisés (qui coûtera combien en poste de titulaire enseignant ?), a ajouté Jack Lang.
 
Les infirmières scolaires du public refusent d'exercer dans le privé

Le Syndicat national des infirmières conseillères de santé (SNICS-FSU) s'est élevé lundi contre une obligation faite aux infirmières scolaires de l'enseignement public d'exercer parfois également dans le privé.
Le SNICS évoque, dans un communiqué, de telles obligations «imposées par l'administration de l'Education nationale» depuis quelques années et qui, dit-il, se développent pour la prochaine rentrée. Il déclare également avoir saisi le premier président de la cour des Comptes, Pierre Joxe, contre de telles mesures.
«La loi Debré concernant les établissements privés sous contrat leur permet d'obtenir des subventions particulières, comme le forfait d'externat qui est destiné à payer la rémunération de personnels non enseignants», souligne le SNICS. «Cette loi impose également à ces établissements d'assurer la prévention sanitaire et sociale de leurs élèves. Ainsi, les directeurs d'établissements privés sont censées recruter sur leurs budgets des infirmières pour leurs lycées et collèges», ajoute-t-il. Le SNICS a donc saisi, dit-il, la cour des Comptes «sur un dysfonctionnement qui est l'illustration même de ce que l'Etat verse de l'argent au privé sans aucun contrôle ultérieur de la destination réelle de ces fonds».
Il «interpelle également les pouvoirs publics sur le fait que les infirmières, agents de l'Etat, n'ont pas à intervenir dans le privé ni être contraintes à aller y assurer des missions alors que les besoins dans le public ne sont pas couverts».
Le SNICS rappelle que les infirmières scolaires ne sont que 5.971 pour 7.738 collèges et lycées et 54.337 écoles publiques, et déclare qu'il en faudrait le double.
 
Sans-papiers : en France on ne discute pas, on expulse les grévistes de la faim


La préfecture du Nord a une nouvelle fois envoyé ses CRS, mercredi pour "évacuer vers l'hôpital" (synonyme de "faire taire") 24 sans-papiers en grève de la faim depuis deux mois à la Bourse du travail de Lille pour appuyer leurs demandes de régularisation.
A la mi-journée, l'évacuation a été effectuée par des policiers assistés de médecins. L'évacuation vers les centres hospitaliers de Lille, Roubaix et Tourcoing a été décidée «dans le cadre de la procédure de non-assistance à personne en danger ouverte par le parquet» de Lille la semaine dernière, selon la préfecture. Et le parquet de Lille n'a pas inculpé Jean-Pierre Chevènement ? C'est pourtant lui qui est la cause de l'état de santé des sans-papiers !
Cette procédure a notamment conduit à l'audition lundi par la police de Roland Diagne, porte-parole du Comité des sans-papiers du Nord (CSP-59), soupçonné "d'encourager la grève" alors que la préfecture a fait savoir que certaines demandes de papiers n'avaient aucune chance d'aboutir. Vous n'avez pas mal au ventre vous ?
«Six ou sept grévistes de la faim sont régularisables», a indiqué Jacques Franquet, préfet délégué à la sécurité et à la défense, lors d'une conférence de presse. Ceux-là ont été convoqués par lettre par la préfecture, qui souhaite revoir les dossiers «avec des individus en face d'elle», a-t-il ajouté.
Le 26 mai, le préfet avaient déjà qualifié un premier transfert de force des vingt-cinq grévistes à l'hôpital d'«opération à vocation exclusivement médicale et sanitaire», insistant sur le fait que le contrôle médical n'était plus possible dans les locaux des syndicats lillois.
Dans la matinée, une centaine d'autres sans-papiers ou sympathisants de leur cause avaient déjà été évacués par la force des locaux de la bourse du travail, visés par une ordonnance d'expulsion du tribunal de grande instance de Lille. Qui a dit que la justice était toujours du même côté ? Cette évacuation s'était produite en deux temps, les sans-papiers ou sympathisants étant retournés dans les locaux évacués une première fois vers 6 heures.
Des bousculades se sont produites lors de la deuxième intervention, les CRS usant de gaz lacrymogène pour repousser certaines personnes évacuées. Deux d'entre elles ont été admises au CHU de Lille. Garz lacrymogènes, matraques... puisqu'on vous dit que le but est de soigner les sans-papiers affaibli par leur grève !

Mercredi dernier à Toulouse, il s'est produit à peu près la même chose : voici un article de Hugues, notre correspondant sur les lieux.

Mercredi soir : des sans papiers toulousains qui refusent de le rester (sans papier) décident d'entamer l'action si médiatisée, la grève de la faim. Pour cela, ils décident d'investir un local désaffecté appartenant à une clinique du côté d'Empalot. C'est chose faite dès 18h mais ça ne va pas durer. En effet, les autorités publiques contrariées par les éclats de ce genre de protestations, comme cela a pu être le cas à Lille et à Paris dans le 18ème, ne tarde pas à intervenir. Seulement quatre heures plus tard, les CRS débarquent en masse, mettent dehors tout les militants et effectuent un contrôle d'identité général. Bilan: 10 sans papiers et 10 personnes de nationalité françaises refusant de donner leur identité sont conduites au poste peu après minuit.
Après un jugement collectif, le retard pris ne permettant pas des délibérations individuelles, quatre sans papiers sont relachés, et sur les six sans papiers restants, un a déjà fait l'objet d'un Arrêté Prefectoral de Reconduite à la Frontière (APRF), donc son compte est bon, pour les autres, quatre algériens dont une mère de famille et un tunisien, après le centre de rétention c'est le TA pour un recours en annulation de leur APRF tout nouveau. A l'audience, lundi 5, un rassemblement important est organisé pour les soutenir et assister au jugement. En bref, les avocats des plaignants font valoir le climat algérien, les risques encourus par les victimes si ils retournent dans leur pays d'origine et le non respect de leur vie privée aujourd'hui construite en France. Le valet de la préfecture quant à lui fait son sale boulot sans oublier de faire du zèle, dénonçant les "navettes" faites par les sans papiers entre leur pays et la France, la plupart pour des raisons relative à la famille que les immigrés ont laissé sur place et arguant que les dangers encourus ne sont pas personnels et que le climat général ne justifie pas l'annulation: puisqu'ils n'ont pas plus de chance de mourrir que les autres autant attendre qu'ils soient assassinés pour les autoriser à résider sur le territoire français.
Jugement: pour trois algériens l'APRF est maintenu mais pour deux d'entre eux le pays de destination doit être modifié(il ne seront pas expulsés vers l'Algérie, mais vers un pays tiers); pour le tunisien, militant communiste reconnu tant en Tunisie qu'en France, déjà victime de persécutions après un retour forcé dans son pays d'origine, l'APRF est maintenu. Seule la mère de famille voit l'arrêté la concernant annulé.
Aujourd'hui à Toulouse, grève de la fin = deux expulsions ..... et combien de mort ? Merci Chevenement, le message est clair...

 
Le parti socialiste se dote d'un texte théorique qui définit le capitalisme comme "indispensable"

Le pauvre Jean Jaurès, s'il était encore là, ne reconnaîtrait pas ce qu'est devenu son parti. Le PS a en effet définitivement franchi le (mince) espace qui le séparait de la droite en adoptant un texte intitulé «pour une nouvelle synthèse socialiste» dans le cadre de la préparation du congrès qui aura lieu en novembre. Ce texte a été adopté par 19 secrétaires nationaux ou responsables du Parti socialiste représentant des rocardiens, des jospiniens et des partisans de Martine Aubry. Il comporte ce qu'au PS on appelle une analyse approfondie (nous on appelle ça un paragraphe) caractérisant la «nouvelle période du capitalisme marquée notamment par la globalisation des marchés et la révolution technologique de l'information». Pratiquement, ces cadres du parti sont d'accord sur trois constats: «le socialisme administré est mort», le marché est «indispensable» et la croissance est «créatrice de richesses». C'est beau comme du Madelin.
Face à cette situation, il faut arriver à une «nouvelle synthèse» dont le texte définit les principaux éléments. Et, vers le milieu du texte que lit on ? Que la mise en place de l'«éducation tout au long de la vie» est nécessaire. La non-validité permanente des diplômes prévue par Jacques Attali dans son rapport, qui obligerait les étudiants à revenir régulièrement à l'université pour "réinvestir leur diplôme" est donc encore à l'ordre du jour.Le pauvre Jean Jaurès, s'il était encore là, ne reconnaîtrait pas ce qu'est devenu son parti. Le PS a en effet définitivement franchi le (mince) espace qui le séparait de la droite en adoptant un texte intitulé «pour une nouvelle synthèse socialiste» dans le cadre de la préparation du congrès qui aura lieu en novembre. Ce texte a été adopté par 19 secrétaires nationaux ou responsables du Parti socialiste représentant des rocardiens, des jospiniens et des partisans de Martine Aubry. Il comporte ce qu'au PS on appelle une analyse approfondie (nous on appelle ça un paragraphe) caractérisant la «nouvelle période du capitalisme marquée notamment par la globalisation des marchés et la révolution technologique de l'information». Pratiquement, ces cadres du parti sont d'accord sur trois constats: «le socialisme administré est mort», le marché est «indispensable» et la croissance est «créatrice de richesses». C'est beau comme du Madelin.
Face à cette situation, il faut arriver à une «nouvelle synthèse» dont le texte définit les principaux éléments. Et, vers le milieu du texte que lit on ? Que la mise en place de l'«éducation tout au long de la vie» est nécessaire. La non-validité permanente des diplômes prévue par Jacques Attali dans son rapport, qui obligerait les étudiants à revenir régulièrement à l'université pour "réinvestir leur diplôme" est donc encore à l'ordre du jour.
 
Manifestation d'infirmiers de blocs opératoires à Paris

Environ 600 infirmiers de bloc opératoire , venus de toute la France, se sont rassemblés mardi devant le ministère de l'Emploi et de la Solidarité dans le cadre d'une journée d'action nationale pour la reconnaissance de leur qualification.
Vêtus des blouses et calots verts de rigueur dans les blocs, les infirmiers en colère représentaient 33 hôpitaux de province et 18 établissements franciliens, à l'appel de syndicats (Sud-CRC, CGT, FO AP-HP), de la Coordination nationale infirmière et d'associations catégorielles. Une infirmière déguisée en jardinier a simulé une opération sur un mannequin, pour parodier les personnels non-infirmiers employés comme aides-opératoires dans les cliniques privées.
L'article 38 de la loi sur la couverture maladie universelle (CMU), qui doit régulariser ces aides-opératoires exerçant cette activité depuis 6 ans, permet «l'exercice illégal de la profession», ont indiqué les manifestants. Les infirmiers de bloc opératoire diplômés d'Etat (Ibode, au nombre de 4.000 en France) et infirmiers DE, en fonction dans les blocs (également 4.000), réclament que leur soit reconnue «l'exclusivité de fonction» dans un décret à paraître en juillet, relatif aux actes infirmiers, ainsi qu'une «grille indiciaire spécifique aux infirmiers spécialisés».
«On nous fait faire des écoles, des stages et passer des diplômes pour nous dire ensuite que des gens de 6 ans d'expérience peuvent faire notre boulot. Non !», tempête Nicole Baudier, Ibode depuis 20 ans à la Miséricorde (Caen). «Ces gens-là sont compétents mais sans qualification», modère Bruno Hélin, infirmier Sud-CRC à Mondor (Val-de-Marne). «On (le ministère) nous parle d'exigence de qualité et de qualification et maintenant on brade notre métier», regrette-t-il.
Une délégation a été reçue au ministère.
Les associations AEEIBO (enseignants), Unaibode (infirmiers de bloc) et Snibode (syndicat d'infirmiers de bloc) sont à l'origine du mouvement lancé le 23 mai dernier.
 
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