lundi 12 juin 2000
Ne faut-il pas un appel intersyndical à la grève dans l'éducation pour la rentrée ?
 
Le SNETAA appelle à la grève à la rentrée 2000


Le Syndicat national des professeurs de lycées professionnels (SNETAA-FSU), majoritaire dans l'enseignement professionnel, a appellé à la grève pour le lundi 4 septembre 2000, jour de pré-rentrée des enseignants. Le conseil national du syndicat a pris cette décision à l’unanimité jeudi dernier afin de protester contre la récente refonte des grilles horaires dans ce secteur. En effet, dans les filières de bac professionnel, les horaires ont été diminués de 230 heures par an au détriment des enseignements professionnels. Le syndicat proteste également contre l'absence de dédoublements dans les disciplines générales, “aggravant les conditions de travail des élèves et des profs” et contre des fermetures prévues de sections, et notamment celles destinées aux élèves les plus en difficulté.
Enfin, il s'inquiète du manque de postes d'enseignants, déclarant que le nombre de vacataires devrait passer de 12.000 à 20.000 pour y pallier.
A quand un appel intersyndical à la grève dans l'éducation pour la rentrée ?

 
54ème congrès de la FCPE


La Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE), réunie du 10 au 12 juin pour son 54ème congrès à Pessac (Gironde), a placé au coeur de ses débats «la pédagogie de la réussite pour tous», terme novlangue pour "l'application des réformes Allègre".
Le président de la FCPE, M. Dupon-Lahitte, a également fait l'éloge des “pédagogues”, et même parlé de “procès en sorcellerie” à propos de Philippe Meirieu, qui vient de démissionner de son poste de directeur de l'Institut national de recherche pédagogique (INRP). Meirieu n'était effectivement pas un sorcier, juste un liquidateur du service public.
Ce dernier est d'ailleurs venu au congrès de Pessac où il a «volé» la vedette aux deux membres du gouvernement invités : le ministre de l'Education nationale Jack Lang et la ministre déléguée à la Famille et l'enfance Ségolène Royal elle même adhérente «de base» actuelle de la FCPE.
Alors même que les enseignants se préparent à une rentrée des plus difficile, et surtout qu’ils ont encore en mémoire les récents mouvements et la façon dont le gouvernement les a règlés par un changement de ministre, Jack Lang a affirmé qu’il avait «réussi à sortir de l'ornière de la contestation» les réformes des lycées généraux et des lycées professionnels et a annoncé qu'il «poursuivrait et consoliderait la réforme des collèges engagée par Ségolène Royal».
Bref de bonnes nouvelles pour les enseignants qui savent à quoi s’en tenir : les réformes vont se poursuivre sur la même voie qu’elles avaient commencé et la FCPE n'y trouve rien à y redire, au contraire...

 
Jack Lang repousse la réforme du bac


Jack Lang a prudemment reporté les discussions sur le projet de réforme du bac envisagé par son prédécesseur, peu après son arrivée au ministère de l'Education nationale en avril. Claude Allègre voulait réformer le bac pour qu'il prenne mieux en compte les connaissances réellement acquises durant les dernières années du lycée. Tout en conservant un examen final national anonyme, M. Allègre, soutenu notamment par l'Union nationale lycéenne et ses sept adhérents, voulait développer la part de contrôle continu au bac.
Prudent, son successeur estime aujourd'hui qu'il “faut préserver le baccalauréat” tout en soulignant qu'il faut “rajeunir l'organisation de ce monument historique”. “Ce sera l'objet d'une profonde réflexion au cours de l'année prochaine pour une application en juin 2003” affirme-t-il. Ce qui veut dire, qu'il faut préserver le bac en le changeant profondément et que, comme ça va pas passer comme ça, il va prendre le temps de graisser la patte aux dirigeants de la FN, de la CFDT et, si c'est possible, de la FSU.
En faisant entrer la prise en compte des notes obtenues pendant l'année dans l'obtention du bac, le projet Allègre remet en cause le système républicain d'éducation, et s'aligne sur les critères européens, comme l'“Abitur” allemand, la “selectividad” espagnole, ou le “general certificate of education” britannique.
Avec le contrôle continu, on institutionnalise un bac à plusieurs vitesses, ou “diplôme maison” qui vaudra ce que vaut la réputation de l'établissement et qui remet en cause les programmes et horaires nationaux. Le bac Allègre, que Lang va prendre le temps d'expliquer aux enseignant va dans le sens d'une “pulvérisation” de l'enseignement public. Nous continuerons de notre côté à exiger le maintien du caractère national du diplôme et la conservation de l'anonymat des candidats impossible avec un contrôle continu.

 
Affaire MNEF, ça continue

Jean-Michel Grosz, ancien président de la MNEF de 1979 à 1987, a été mis en examen jeudi pour "recel de détournements de fonds publics et d'abus de confiance". Il est soupçonné d'avoir perçu des rémunérations de la mutuelle sans y avoir travaillé effectivemment, à la fin des années 90. Il a été laissé en liberté. Une trentaine de personnes sont poursuivies au total dans ces deux enquêtes, un grand nombre de responsable socialistes et de l'UNEF-ID.
 
Les blanches colombes...

Nous ne voyions pas le caractère illégal de cette situation“ s'est étonné Malek Boutih, le président de SOS Racisme. Les juges pensent tout autrement et sont sur la piste des leaders du PS et des responsables d'associations qui gèrent l'argent des étudiants. Le grand public découvre, effaré, que le système est gangréné depuis longtemps. A la MNEF, à l'UNEF-Id, à SOS- Racisme, c'est en effet ”sans le savoir“ que l'on faisait du ”recel d'abus de confiance“, du ”recel de détournement de fonds publics“ ou encore de”l'abus de bien social“ tout en donnant des leçons de civisme.
 
Les “Sans nous” appellent à une manifestation

Une cinquantaine de jeunes gens membres du collectif “Sans nous”, demandant la suppression du service militaire pour tous, ont été interpellés vendredi devant le ministère de la Défense à Paris. On n'a pas le droit de manifester devant le ministère de la Défense...
Les manifestants ont été embarqués par la police après un bref séjour devant le ministère, où ils voulaient s'installer avec tentes et matériel de camping. Juste avant d'être embarqué par la police, le collectif des “Sans nous” a appelé à une manifestation nationale le 18 juin à Paris, place de la République.
 
Des papiers pour tous les sans-papiers !

1500 personnes ont manifesté samedi après-midi à Lille pour réclamer la régularisation de 24 étrangers sans-papiers en grève de la faim depuis deux mois, expulsés mercredi des locaux de la Bourse du travail de la ville sous prétexte d'hospitalisation. Membres du Collectif des sans-papiers du Nord (CSP-59), de la Coordination nationale, militants syndicaux ou d'associations qui soutiennent la cause des sans-papiers ont défilé pour réclamer un titre de séjour pour tous les étrangers en situation irrégulière.
 
Les médecins à diplôme étranger appellent à une grève le 14 juin

Les médecins à diplômes étrangers ont appelés à une grève nationale des soins et des gardes pour réclamer notamment une amélioration de leurs rémunérations. Ils protestent contre la nouvelle exigence de diplômes français de spécialité, introduite en mars 2000, pour se présenter à l'examen d'aptitude à la fonction de praticien adjoint contractuel (PAC). Les indemnités de gardes et les rémunérations de vacations de spécialistes, beaucoup moins importantes que celles de leurs collègues praticiens hospitaliers (PH), ainsi que l'attente de trois années supplémentaires avant de pouvoir se présenter aux épreuves de PH provoquent également leur “indignation”.
La CGT, la CMDE, le syndicat médical plus (SMPLUS) et l'union des médecins en attente d'autorisation de plein exercice (UMAPE) appellent à la grève.
 
Création d’un incubateur d’entreprises à Paris V

L'université Paris-V a annoncé vendredi la création de Paris-Biotech, un incubateur d'entreprises, en partenariat avec l'Ecole Centrale de Paris, l'ESSEC et l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale). Paris-Biotech sera insérée dans la faculté de Cochin Port-Royal, au coeur d'un hopital universitaire. Pierre Daumard, président de l'université René-Descartes (Paris-V), a précisé que Paris-Biotech espère à terme favoriser l'éclosion et la viabilité économique de dix projets d'entreprise par an.
Jean Marsac, directeur de Paris-Biotech, a affirmé que “les mentalités ont évolué. On ose parler de valorisation de la recherche, de créations d'entreprises et d'emplois, de l'adéquation science-finances.”
En guise de créations d’emplois, doit-on rappeler que l’objectif de ces incubateurs est de pousser les universitaires à faire de la recherche appliquée et donc rentable ? Et donc, que ce sont nos actuels enseignants-chercheurs, déjà bien peu nombreux, qui sont destinés à travailler dans ces structures ? Non, c’est inutile, tout cela, nous le savons déjà.
 
17ème congrès de la fédération FO des fonctionnaires

Le secrétaire général de FO Marc Blondel a exhorté les fonctionnaires, vendredi à Beaune (Côte-d'Or), à imposer leurs revendications en matière de salaires, de retraites ou de 35 heures, en clôturant le 17ème congrès de la fédération FO (FGF) de ce secteur.
Les participants au congrès ont ”condamné“ le projet de décret transposant dans la Fonction publique, la loi Aubry sur les 35 heures (applicables au 1er janvier 2002 dans ce secteur), se prononçant pour une réduction du temps de travail (RTT) ”sans modération salariale, sans flexibilité ni annualisation“. Ce projet de décret doit être discuté lors du prochain conseil supérieur de la Fonction publique le 20 juin.
Les congressistes ont demandé aux responsables de la FGF-FO (qui représente près de 18% des fonctionnaires à la Fonction publique), d'”envisager toutes les perspectives d'action y compris la grève générale, pour faire aboutir leurs revendications“. Très bien pour les paroles, maintenant voyons les actes...
 
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