vendredi 16 juin 2000
Répression partout ! Démocratie nulle part !
 
Les élections au CNESER ont été trafiquées !


Mercredi matin à 10 heures Olivier Ruet, de l'UNEF Caen, tête de la liste Ensemble pour une Université publique de qualité ouverte à tous (à laquelle participent la majorité des AGE de l'UNEF, l'AGET-ASL et le SEUL) pour les élections étudiantes au CNESER, et Sancia De Cooman, de l'UNEF Paris IV (AGEPS) se sont présentés au CNESER pour la réunion de la commission électorale.
On leur en a refusé l'entrée. On leur a refusé toute explication. On a refusé, aussi, de leur donner un document écrit attestant qu'ils s'étaient présentés et avaient été empêchés d'entrer. Il est donc désormais clair que l'incident de mercredi dernier (notre communiqué du 7 juin) n'était pas dû à une erreur, mais à une volonté délibérée.
Nous émettons bien sûr toutes réserves sur la régularité de l'élection après le refus non motivé d'une liste déposée dans les délais (notre communiqué du lundi 5 juin), complétée dans les délais (notre communiqué du vendredi 9 juin) et conforme aux textes (rappelons que l'annulation des élections précédentes au CNESER pour cause d'irrégularités dues à l'UNEF-ID vient d'être confirmée).
Nous utiliserons tous les recours légaux pour faire prévaloir le droit des 22 élus de 22 établissements présents sur la liste, le droit de tous ceux qui leur avaient déjà manifesté leur soutien et de ceux qui s'apprêtaient à le faire à s'exprimer.
Si, comme certains de nos conseillers le suggèrent, il s'avère qu'il y a là de quoi établir le délit d'abus de pouvoir, nous attaquerons également au pénal. Nous appelons toutes les organisations étudiantes à défendre avec nous ce droit. Nous nous étonnons que ceux qui présentent une liste qui s'appelle, entre autre, "pour la citoyenneté”, ne nous aient pas déjà manifesté leur soutien.

Nous appelons tous les élus étudiants qui s'apprêtaient à voter pour notre liste à le faire savoir publiquement, et à voter en utilisant le bulletin que nous sommes prêts à leur faire parvenir. Nous appelons tous les citoyens que les méthodes employées contre nous choquent à juste titre, en particulier les parlementaires, à manifester leur indignation.
Nous demandons à la presse de relayer largement notre protestation.

 
Le SNUipp demande une négociation d'urgence sur la direction d'école


Le Syndicat national des instituteurs et professeurs des écoles (SNUipp-FSU) demande mercredi une «négociation d'urgence» sur la direction d'école et menace d'une grève administrative à la rentrée.
En effet, en septembre prochain, 4.500 écoles primaires et maternelles n'auront pas de directeur volontaire, faute de candidats, soit 10% de plus que cette année (il manquait déjà 4.000 directeurs). «La surcharge de travail administratif et le manque de temps et de disponibilité viennent en tête des raisons invoquées pour ne pas postuler, ainsi que les responsabilités de plus en plus lourdes à assumer», souligne le communiqué du syndicat. Le syndicat avertit : «sans réponses à cette demande, le conseil national du SNUipp qui se tiendra fin juin devrait décider d'un plan national n'excluant aucune forme d'action, notamment la grève administrative, à mettre en oeuvre dès la rentrée de septembre».
La grève administrative consiste à ne pas répondre aux demandes, notamment statistiques, de l'Education nationale. Si elle dure longtemps, elle peut avoir des incidences sur la préparation des futures cartes scolaires. Les directeurs ou directrices d'écoles primaires et maternelles sont en général aussi enseignant(e)s dans une classe, et ne bénéficient guère de décharges pour assurer leurs fonctions administratives. `
La menace du SNUIpp suit celle du Syndicat des enseignants (SE-FEN), qui le mois dernier, avait pris pour les mêmes raisons la décision d'une grève administrative et le SNETAA qui appelle à la grève le jour de la rentrée. Même si nous savons que l'idée qu'ont ces syndicats derrière la tête n'est pas nécessairement la défense du service public, pourquoi ne pas nous en servir afin d'aboutir à la grève générale de l'éducation sur les mêmes mots d'ordre qu'en février-mars : abrogation des réformes Allègre et création de nombre de postes statutaires (enseignant et IATOSS) en nombre suffisant ?

 
Le SNES proteste contre la baisse des postes aux concours réservés aux Maîtres auxiliaires


Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES-FSU) proteste contre la baisse du nombre de postes ouverts, et surtout pourvus, dans le cadre des concours de recrutement d'enseignants réservés aux maîtres auxiliaires (MA).
Les postes offerts cette année pour permettre la titularisation de ces personnels qui ont déjà une activité d'enseignement, ont baissé de près de 13% (1.325 au lieu de 1.520 pour 17.000 maîtres auxiliaires en fonction), et jusqu'à 15,64% de ces postes n'ont pas été pourvus. «Les chiffres sont éloquents», a souligné le syndicat : 103 admis pour 130 postes en lettres (20,77% de perte), 81 admis pour 126 postes en histoire-géographie (35,71% de perte), 12 admis pour 16 postes en économie (25%), 54 pour 68 en allemand (20,59%), 112 pour 150 en espagnol (25,33%), 67 pour 100 en éducation physique (33% de perte).
«Alors que le gouvernement s'est engagé dans des négociations pour résorber la précarité, ces résultats sont contradictoires avec la volonté affichée», a affirmé le SNES qui demande que tous les postes soient pourvus. Le syndicat a également exigé la création d'une nouvelle voie de titularisation prenant en compte l'expérience professionnelle pour les MA ayant plus de cinq ans d'ancienneté, les dispensant des épreuves théoriques.
Dans le cadre du plan pluri-annuel pour l'éducation qui doit être mis en place, les syndicats d'enseignants demandent la titularisation de tous ces «emplois-précaires».

 
Les enseignants du Conservatoire de Paris en grève à partir du 16 juin

Les enseignants du Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) de Paris ont décidé de se mettre en grève à partir du 16 juin, à la suite du préavis déposé par leur syndicat le SAMUP-CGT, en vue de la création d'un corps d'Etat spécifique pour les professeurs.
Accompagnateurs, assistants et chargés de cours signent chaque année des contrats à durée déterminée et ils n'ont ni statut, ni garantie d'emploi, d'où «l'urgence» de «créer un corps d'Etat spécifique pour les professeurs du CNSM».
Plus de 140 enseignants et parmi eux des virtuoses et professeurs de renom ont signé un texte dans lequel ils «exigent l'ouverture immédiate de négociations avec le ministère de la Culture».
 
Le "développement des nouvelles technologies nécessite un effort de formation"...


A l'occasion de l'ouverture du "Fortune-Global Forum 2000" qui réunit jusqu'au 16 juin la "fine fleur" de la net-économie mondiale, Jacques Chirac a estimé mercredi que l'Europe et la France étaient "bien placées dans la course à la nouvelle économie".
Il a estimé que pour les trois prochaines années, il est possible "d'espérer la création de quelque 500.000 emplois nouveaux dans le secteur des technologies de l'information" avec un impact sur la croissance qui "pourrait être de l'ordre de 1,5 à 1,8 point de croissance supplémentaire par an".
Face à ces bouleversements qui risquent de creuser la fracture numérique entre ceux qui ont accès aux technologies et les autres, Jacques Chirac prône un renforcement de l'effort d'éducation et de formation... aux ordres des entreprises bien sûr.

 
...et il y a du boulot !

Une étude réalisée sur 20 pays industrialisés membres de l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à partir de données récoltées entre 1994 et 1998 auprès d'échantillons d'adultes de 16 à 65 ans, montre qu’un quart des adultes de ces 20 pays industrialisés ne possèdent pas les compétences en lecture, écriture et calcul pour faire face aux exigences quotidiennes de la vie moderne, transformée par les nouvelles technologies et internet.
«Les pays industrialisés ont un problème qui doit être traité de façon urgente», a déclaré mercredi John Martin, responsable du secteur éducation à l'OCDE, lors d'une conférence de presse.
Selon l'OCDE, dans 14 des 20 pays concernés, dont l'Australie, le Canada, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni (les cinq pays du monde qui ont l'économie la plus "libéralisée"), «au moins 15% des adultes ne possèdent même pas les capacités de lecture et d'écriture les plus rudimentaires».
Le rapport souligne que la globalisation de l'économie et l'arrivée d'une économie basée sur le savoir demandent des niveaux d'éducation plus élevés pour satisfaire notamment les exigences du marché du travail. Développer la nouvelle économie et les nouvelles technologies, c’est une chose, mais faire en sorte que les gens soient en mesure de les comprendre, c’est une nécessité.
 
Plan U3M à Paris, ça s’accélère

Jean Tiberi souhaite signer la convention Etat-Ville «dès la prochaine rentrée universitaire» pour le plan U3M (université du 3ème millénaire). Le maire RPR de Paris a indiqué avoir demandé à rencontrer Jack Lang, qui «comme moi, veut aller vite».
«Le ministre m'a répondu. Nous allons très prochainement nous voir», a-t-il affirmé et cette rencontre devrait avoir lieu «avant fin juin». La nouvelle université de Paris VII sera accueillie dans le XIIIème arrodissement. «Dès la rentrée 2003, les étudiants devraient pouvoir être accueillis dans les nouveaux locaux», a affirmé J. Tibéri. Cependant, plusieurs points restent en discussion : le maire souhaite une implantation universitaire sur le site de l'Hôpital Laènnec (Paris VIIème), une «grande salle de lecture» (1.000-1.500 places) dans les locaux de l'ancien collège Sainte-Barbe (Vème).
De son côté, l'Etat demande à la Ville 300 millions de francs pour participer à la construction de bibliothèques universitaires, dont une bibliothèque «langues et civilisations».
Une première tranche de ces dépenses sera inscrite au budget modificatif de la Ville (2-300MF) dès juillet et présentée au Conseil de Paris.
Et la suite ? Le prochain maire de la Ville poursuivra-t-il cette politique ? Quelle politique d’ailleurs ? Qu’en est-il des autres universités qui, parce qu’elles ne sont pas sous les feux médiatiques de la capitale, s’écroulent sous l’amiante et le poids des ans ? Qu’en est-il de celles qui, faute de moyens, ne peuvent plus embaucher de personnel pour la surveillance des examens (voir par exemple l’université Paul Valéry à Montpellier) ? De celles là, on ne parle pas, sauf quand les étudiants et le personnel, excédés, descendent dans la rue....
 
Sans-papiers de Lille : la mobilisation augmente de jour en jour

Plusieurs centaines de personnes, dont quelque 150 universitaires, élus ou personnalités du spectacle, ont signé un appel de soutien aux étrangers sans-papiers en grève de la faim depuis début avril à Lille.«Nous savons par expérience que la grève de la faim est malheureusement l'ultime recours des sans voix pour faire reconnaître leurs droits. Nous savons que c'est l'intransigeance du pouvoir qui conduit les individus à faire ce choix extrême de lutte», affirme le texte de l'appel de soutien.
«La préfecture du Nord menace aujourd'hui les soutiens des sans-papiers de poursuites judiciaires pour +non assistance à personne en danger+, alors qu'elle porte la responsabilité entière de la situation désespérée dans laquelle sont plongés ces sans-papiers», poursuit le document.
La grève de la faim vise à appuyer quelque 110 demandes de régularisation de sans-papiers du Maghreb, d'Afrique noire ou d'Asie du sud-est. Une soixantaine d'entre eux ou de sympathisants de leur cause avaient été évacués de la Bourse du travail le 7 juin par les forces de l'ordre, qui contrôlent depuis l'accès aux locaux.
Pour en savoir plus sur les sans-papiers de Lille, leur combat et la répression policière scandaleuse.
 
Les “Sans nous” de nouveau dans la rue dimanche à Paris

Le collectif «Sans nous», qui milite pour la suppression du service militaire de dix mois pour les sursitaires, appelle à une nouvelle manifestation, dimanche à Paris, tout en lançant «un appel à la désobéissance civile» pour les jeunes gens appelés sous les drapeaux.
La manifestation de dimanche, qui partira à 14H00 de la place de la République, est la troisième à Paris après celles du 13 et du 27 mai derniers qui avaient réuni chacune un millier de personnes. Après la suspension du service militaire, décidée en février 1996 par Jacques Chirac, la loi du 28 octobre 1997, votée par la gauche, a prévu que les jeunes gens nés avant le 1er janvier 1979 devront faire leur service national (dix mois). 300.000 jeunes gens sursitaires sont encore théoriquement concernés mais les armées n'ont besoin, d'ici le 31 décembre 2002, que de 120.000 d'entre eux.
 
Les représentants des IBODE expulsés par les CRS

Les infirmiers de bloc opératoire diplômés d'Etat (IBODE) et les infirmiers de blocs opératoires ont marqué, mardi, leur entrée dans la quatrième semaine de grève par une journée d'action nationale. A Paris, environ 300 infirmiers ont manifesté de Montparnasse au secrétariat d'Etat de la Santé.
Quinze représentants des IBODE, qui occupaient mardi après-midi le ministère de Santé à Paris, en ont été expulsés par les forces de l'ordre. Suite à un entretien avec deux conseillers techniques de Martine Aubry, ils ont décider d’occuper les bureaux de Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé et aux Handicapés.
Vers 18H00, les CRS ont fait irruption sur les lieux et ont évacué les manifestants qui «ont été bousculés». D'autres rassemblements se sont tenus notamment à Lille et à Marseille, où une quarantaine d'infirmières ont séquestré le directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation.
En grève depuis le 23 mai, les IBODE (au nombre de 4.000 en France) et infirmiers en fonction dans les blocs (également 4.000) réclament que leur soit reconnue «l'exclusivité de fonction», dans un décret à paraître en juillet, relatif aux actes infirmiers. Il veulent aussi bénéficier d'une «grille indiciaire spécifique aux infirmiers spécialisés».
«Depuis quelques années, de plus en plus de chirurgiens travaillant dans des cliniques privées, font appel à leur secrétaire ou à des connaissances pour remplir la fonction d'infirmière de blocs opératoires», déplore Catherine Opers, une infirmière exerçant dans les blocs opératoires du centre hospitalier de Rambouillet. Catherine explique d'ailleurs que l'article 38 de la loi CMU (couverture maladie universelle) va désormais «autoriser cette pratique et mettre la vie de nos patients en danger».
 
Grève des médecins à diplôme étranger : 60 à 70% de mobilisation

Mercredi, la journée de grève nationale des médecins à diplômes étrangers a mobilisé entre 60 et 70% des personnels concernés. Les médecins ayant obtenu leurs diplômes à l'étranger (hors Union européenne) et exerçant en France protestent contre la nouvelle exigence de diplômes français de spécialité, introduite par un arrêté le 23 mars 2000, pour se présenter à l'examen d'aptitude à la fonction de praticien adjoint contractuel (PAC).
Pour Mme Kauffmann, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'homme et présidente de la Commission pour l'égalité des droits de tous les médecins exerçant en France (CEDMEF), «l'arrêté de mars 2000 ne respecte pas ce qui a été dit dans la loi de 1999 sur la couverture maladie universelle», qui avait ouvert la possibilité pour les médecins à diplômes étrangers de s'inscrire aux épreuves de praticien adjoint contractuel.
Parmi les autres mesures jugées discriminatoires, figurent les indemnités de gardes et les rémunérations de vacations de spécialistes, beaucoup moins importantes que celles des médecins praticiens hospitaliers (PH) à diplômes français, ainsi que l'attente de trois années supplémentaires avant de pouvoir se présenter aux épreuves de PH.
 
Le PARE est unanimement rejeté par les chômeurs

La CGT et les associations de chômeurs AC!, MNCP, APEIS, ont manifesté mardi devant les chambres patronales en France contre le chantage du Medef dans les négociations sur l'assurance chômage, qui ont repris mardi après-midi à Paris.
A Paris, 2.000 manifestants se sont rassemblés devant le siège du Medef jusqu'à l'ouverture des discussions à 15H00. Des manifestations se sont également déroulées en province notamment à Marseille, Caen, Toulon, Tououse, Bordeaux, Bayonne, Strasbourg, Metz, Grenoble, et Calais.
«Nous sommes totalement opposés au Pare (plan d'aide au retour à l'emploi), qui viserait à faire perdre aux chômeurs l'un des derniers droits qui leur reste, celui d'avoir un emploi lié à leur qualification», a expliqué Christophe Aguiton, l'un des porte-paroles d'AC.
«On n'a pas à discuter de répression sociale, de sanctions contre les chômeurs, alors que des millions de personnes ne sont pas indemnisées», a jugé Jacqueline Lazarre, qui conduit la délégation CGT à ces négociations. Pour Maryse Dumas, secrétaire confédérale CGT à l'action revendicative, «le patronat veut organiser une alternance entre précarité et chômage». La CGT a demandé mardi une réunion tripartite entre syndicats, patronat et gouvernement pour mettre en place un «véritable système de protection du salarié face au risque de perte ou d'absence d'emploi».
 
Précarité dans la Fonction publique : quand les chiffres prennent le pas sur la réalité


Le ministre de la Fonction publique Michel Sapin donne jeudi le coup d'envoi de négociations avec les syndicats sur la r"ésorption de la précarité". Cette première réunion concernant les trois fonctions publiques (ministères, collectivités, hôpitaux), fait suite à une série de rencontres bilatérales avec les syndicats. Elle sera suivie d'une autre le 26 juin.
L’objectif est de préciser le nombre d'agents précaires et d'identifier le champ d'application de la précarité et enfin, de déterminer les mesures à mettre en oeuvre pour éviter son renouvellement chronique. «Il y a aujourd'hui autant de précaires (dans la Fonction publique) qu'au moment de la signature de l'accord Perben en 1996», a récemment souligné M. Sapin. Or, cet accord était censé mener à la titularisation de 40.000 vacataires et contractuels. 20.000 d'entre eux seulement ont été titularisés. Un «Observatoire de l'emploi public» doit en outre être installé le 4 juillet afin, selon le ministère, d'«affiner la réalité et la diversité de l'emploi public, suivre l'évolution dans le temps des emplois et élaborer les mesures nécessaires pour mieux les piloter».
Le ministère met en avant un nombre total de «258.000 contrats à durée déterminée (CDD) à temps plein» dans les trois fonctions publiques, mais la Direction générale de l'Administration et de la Fonction publique, (DGAFP) a recensé au 31 décembre 1996, 963.000 «non-titulaires» (du statut de fonctionnaire), soit près d'une personne sur cinq, dont 500.000 dans les collectivités territoriales et 422.000 à la Fonction publique d'Etat (ministères).
De même source, les «emplois aidés», qui comprennent contrats emploi solidarité (CES), contrats emploi consolidé (CEC) et contrats emplois ville (CEV), totalisaient fin 1998, 380.000 personnes (contre 197.000 en 1990). Quant aux emplois jeunes, il représentaient fin 1998, selon la DGAFP, 104.000 personnes, dont près de 77.000 dans la Fonction publique et 37.000 à l'Education nationale.
Les récents mouvements dans l'Education avait notamment pour motif la volonté de voir transformer en emplois statutaires les 20.000 postes d'enseignants contractuels ou de vacataires du second degré, les 17.000 maîtres-auxiliaires ou 4.000 instituteurs contractuels. La CGT évalue à 1,2 million le nombre «d'agents non titulaires». Michel Périer (CDFT) souligne pour sa part qu'il faudra «trouver des solutions concrètes qui peuvent demander des mesures lourdes». «On peut difficilement dire qu'on intègre des agents sans créer d'emplois», assure-t-il.

Au fait, vous savez pourquoi Kospin a nommé Michel Sapin à la Fonction publique ? Parcce qu'il aurait dit, peu avant le remaniement : "la Fonction publique ? Ca sent le sapin !". C'est la blague qui court actuellement à Matignon.

 
Jack Lang propose un “Code de l’Education”

Le ministre de l'Education nationale, Jack Lang, a présenté mercredi au conseil des ministres un projet d'ordonnance sur un «Code de l'Education», ouvrage rassemblant pour la première fois tous les textes législatifs à ce sujet. «Accessible aux usagers, il s'agit de la première codification d'ensemble concernant le domaine de l'Education ordonnée dans un seul document de référence, selon un plan cohérent, se substituant à une centaine de lois éparses. Ce code porte sur les principes généraux, l'administration, les personnels, les enseignements scolaires et universitaires».
«Ainsi, sont réunis tous les textes qui ont fixé les principes fondamentaux de l'enseignement -l'obligation et la gratuité, la laïcité, la liberté- et qui ont précisé les missions du service public. De même, sont décrites les compétences respectives des communes, des départements, des régions dans l'organisation des écoles, collèges et lycées», ajoute-t-il.
«Le Code de l'Education constitue une première étape sur la voie de la simplification de la réglementation pour une meilleure information des usagers», conclut-il.
Sur qu'en y regardant de plus près on va trouver les mots "éconmie", "entreprises locales", "nécessité d'adapter l'enseignement aux nouvelles réalités" etc. toutes les lignes. En général, lorsqu'un ministre de ce type parle de "principes fondamentaux" il faut commencer à s'inquiéter.
 
Un nouveau diplôme bancal pour la gynécologie médicale

Le Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM) a dénoncé mercredi une «réforme en trompe-l'oeil», après l'annonce par la secrétaire d'Etat à la Santé, Dominique Gillot, de la «restauration d'une formation spécifique».
Un nouveau diplôme d'études spécialisées (DES) de gynécologie obstétrique et gynécologie médicale doit être mis en place à la rentrée 2000, a indiqué Mme Gillot, devant le Comité de suivi de la gynécologie médicale du 13 juin. Ce DES qui prévoit «trois ans de tronc commun puis deux ans de spécialités soit en obstétrique (opérations gynécologiques, accouchements), soit en médical (suivi des femmes)» est vivement critiqué par le CDGM. «On n'arrive toujours pas à obtenir un véritable diplôme au lieu d'une option», a fustigé Dominique Malvy, gynécologue à Albi et présidente du CDGM. «C'est un diplôme à risque, comme une grossesse à risque: quand il y a des jumeaux (les deux options de DES, ndlr), il y en a toujours un qui grandit au détriment de l'autre», a-t-elle expliqué.
Ce projet, retenu par le ministère de l'Education nationale va, «faire l'objet d'un arrêté dans les semaines à venir», a précisé la secrétaire d'Etat à la Santé, qui l'a assorti de garanties. Parmi elles, une circulaire précisera aux Directions régionales des affaires sanitaires et sociales (DRASS) que «le nombre de postes d'internes qui devront être affectés par région à la gynécologie médicale» sera «d'un tiers du nombre total des postes réservés à la filière de gynécologie». Le docteur Malvy a qualifié ces dispositions de «nouvelles béquilles pour un projet qui ne peut tenir tout seul», rappelant que seul «un vrai diplôme apporte de vraies garanties pour l'avenir» de la profession et pour la qualité du suivi des femmes.
Le CDGM a en outre rappelé que le Conseil national de l'éducation supérieure et de la recherche (CNESER) s'était prononcé, le 15 mai dernier, pour deux diplômes distincts.
 
Manifestation pour les droits des femmes algériennes

Environ 250 personnes ont manifesté pour les droits des femmes algériennes et en faveur des sans-papiers d'Algérie, mercredi en fin d'après-midi, devant l'Assemblée nationale à Paris, au moment où le président algérien Abdelaziz Bouteflika s'adressait aux députés français. Les militantes de la coordination du 8 mars Algérie ont lu une lettre ouverte adressée au président algérien, dans laquelle elles réclament l'abrogation du code de la famille. «Nous réclamons un statut égalitaire pour les femmes. Rappelons qu'en Algérie, la polygamie est légale, que pour se marier, la femme a besoin de l'autorisation d'un tuteur et que le divorce leur est quasiment impossible», a expliqué Feriel Lalami-Fates, membre de la coordination.
Les militants de la cause des sans-papiers algériens ont réclamé «l'abrogation immédiate des accords de discrimination» en faisant allusion aux accords bilatéraux entre la France et l'Algérie.
 
RMI : pour une égalité immédiate entre les DOM et la métropole

Les sénateurs ont commencé mardi l'examen du projet de loi d'orientation pour l'Outre-mer prévoyant, dans son article 11, l'égalité du RMI entre les DOM et la métropole dans un délai de 3 ans. L'allocation est actuellement inférieure de 20 % dans les DOM à ce qu'elle est en métropole.
Regroupés au sein d'un Collectif pour l'égalité du RMI, une cinquantaine d'adhérents représentant des associations de chômeurs, de partis politiques et d'organisations syndicales ont constaté mardi qu'un vote des sénateurs en faveur de l'égalité dans trois ans «rendrait définitive la rédaction de l'article 11». Ils ont donc voté une motion qui «demande solennellement» au sénat de «prendre en compte l'expression unanime de la population réunionnaise, des assemblées locales, des différents partis politiques et forces sociales, tant des salariés que des chômeurs» en faveur de l'égalité «immédiate du RMI». Ils ont également décidé de saisir le Premier ministre Lionel Jospin de cette question et ont envisagé d'organiser une «grande manifestation» dans l'île s'ils ne sont pas entendus par le gouvernement.
 
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