lundi 19 juin 2000
"En juin, envoie Karine Delpas au coin !"
 
Les AGE de l'UNEF dénient toute légitimité à leur direction nationale
(Appel des AGE de l’UNEF Paris I, Paris IV, Evry, Montpellier, Arras, UGE Dijon)


Nous diffusons in extenso le communiqué :
"Réunis aujourd'hui, 18 juin 2000, à Caen, dans un processus de réflexion face aux changements radicaux en marche dans le paysage syndical étudiant, nous tenons à vous faire part de notre analyse et de nos réactions face à la situation actuelle.
Le 3 juin, le collectif national de l'UNEF réunit à Nanterre s'est positionné pour une liste commune avec l'UNEF-id pour les élections au CNESER. Cette proposition n'était pas à l'ordre du jour et il nous semble inacceptable qu'une décision aussi importante ait été imposée par le secrétariat national sans discussion préalable au sein des AGEs.
De même, nous refusons le processus d'unification en marche qui ne correspond en rien à notre volonté de pratiquer un syndicalisme unitaire. Là encore, la mise en route de ce processus nous a été imposée par un secrétariat national qui semble de plus en plus déconnecté de la réalité militante de l'UNEF.
En conséquence, nous ne reconnaissons plus la légitimité de la direction nationale et surtout du secrétariat national dont nous exigeons la dissolution. Face à une situation réellement critique, nous exigeons la tenue d'une réunion décisionnelle de type collectif national avant l'échéance des tables de juillet pour une réorganisation complète de notre direction nationale et l'élaboration d'une orientation réellement syndicale.
Nous appelons donc toutes les AGEs militantes de l'UNEF à envoyer, à la rencontre nationale des 28 et 29 juin, non seulement des délégués mandatés sur ces questions mais aussi et massivement leurs militants qui doivent aujourd'hui prendre toute la mesure de la situation nationale de notre organisation.
Ce faisant, toutes les AGEs de l'UNEF pourront affirmer leur existence et leur refus d'un processus inacceptable en imposant que cette "rencontre nationale" se constitue en collectif national, tenu en public, devant les militants. Nous appelons aussi toutes les AGEs à rejoindre notre démarche en signant cet appel.
Paris I, Paris IV, Evry, Montpellier, Arras, UGE Dijon"

 
Jean-Christophe Cambadélis se défend sur l’affaire de la MNEF


Jean-Christophe Cambadélis, qui devrait être mis en examen le 30 juin dans l'enquête sur la MNEF, a réaffirmé que son emploi au sein de la mutuelle étudiante n'était pas "fictif".
Le député socialiste du XIXe arrondissement de Paris est soupçonné d'avoir touché de la MNEF des rémunérations sans contrepartie entre 1991 et 1995, pour un montant total de plusieurs centaines de milliers de francs. Jean-Christophe Cambadélis a déjà été condamné l'an dernier par le tribunal correctionnel de Paris à cinq mois de prison avec sursis et 100.000 francs d'amende pour avoir bénéficié d'un autre emploi fictif entre mars 1993 et septembre 1995 dans une société gérant des foyers pour immigrés, dirigée par un ex-membre du Front national.
"Une fois que j'ai été battu (aux élections législatives de 1993, NDLR), j'ai eu un mois pour me retourner. Je ne pouvais pas rentrer à l'université. Il y avait un boulot qui se présentait", a-t-il expliqué pour justifier sa reconversion. "Il faut faire tout cela à toute vitesse. Il y en a qui ont les moyens, il y en a qui ont des réseaux - en 1993, quand on était mitterrandiste, on a pu trouver un certain nombre de débouchés, certains ont été recasés - ce qui n'a pas été mon cas", a-t-il poursuivi, marquant une différence entre les militants de terrain et les anciens énarques, "qui pouvaient se recaser au Conseil d'Etat".
Jean-Christophe Cambadélis a publié récemment un livre, "Le chuchotement de la vérité", dans lequel il nie toute relation avec les personnalités les plus compromises de la MNEF, un grand moment de rigolade...

 
Les parents d'élèves de Saint-Etienne manifestent contre la fermeture de classes


Une centaine de parents d'élèves ont manifesté samedi matin à Saint-Etienne contre la fermeture de plusieurs dizaines de classes dans le département, à la rentrée prochaine.
Les manifestants ont défilé de la préfecture à l'inspection académique, où ils ont vainement tenté d'être reçus. Le ministère ne discute toujours pas (c'est une tradition conservée par Jack Lang, en souvenir de Claude Allègre). Réunis au sein d'un collectif, les parents d'élèves dénoncent la fermeture programmée de 21 classes du premier degré sur la région stéphanoise et de 38 sur l'ensemble du département.

 
Jack Lang décide de faire taire les associations de parents indépendantes

De nouveaux textes modifiant les modalités d'élection des représentants des parents d'élèves aux conseils des écoles, lycées et collèges sont publiés jeudi au Bulletin officiel de l'Education nationale.
Un premier texte fixe les dates des prochaines élections: 22 et 23 octobre 2000 dans tous les établissements. Il institue également dans les lycées et collèges la tenue d'une réunion d'information des parents en début d'année comme cela se fait déjà dans les écoles.
Les deux autres textes portent sur la constitution des listes électorales. En primaire comme dans le second degré, pourront se présenter des listes émanant de fédérations ou d'union de fédérations reconnues et déclarées, des associations indépendantes mais déclarées et enfin des individus. Cependant, seules les associations déclarées, indépendantes ou non, bénéficieront de droits comme le droit d'affichage, le droit d'expression, le droit même à tenir des réunions dans les établissements.
Pour le ministère, il s'agit ainsi "de reconnaître et promouvoir l'engagement associatif". Pour nous, c’est une nouvelle atteinte au droit d’expression, une de plus... De la part du ministère, qui sait très bien que de nombreux parents ont quitté la FCPE et la PEEP pour fonder leur propre interparentale indépendante après les mouvements de février-avril dernier, on comprend bien ce que ça veut dire.
 
Les collèges agricoles victimes des fermetures de classes de l’enseignement général


Le ministère de l'Agriculture a présenté jeudi ses projets de réforme pour l'enseignement agricole. «Nous avons intérêt à avoir plus de filières qui servent vraiment au secteur agricole», a indiqué jeudi Jean-Claude Lebossé, directeur-général de l'enseignement et de la recherche.
Côté gestion, le ministère a annoncé pour la rentrée 2001, un mouvement de «contractualisation» des établissements agricoles, qui fixe l'engagement financier de l'Etat sur plusieurs années tout en accordant une certaine autonomie aux établissements.
Un groupe de travail commun aux ministères de l'Agriculture et de l'Education nationale devrait voir le jour, pour évoquer les échanges d'enseignants ou l'accès à l'enseignement supérieur des jeunes issus des filières agricoles. L'enseignement agricole, géré par le ministère de l'Agriculture, pèse 7 milliards de francs de budget annuel et accueille 180.000 élèves de la 4e au BTS, des effectifs qui ont gonflé de 26% en cinq ans.
Cette croissance est due au grand nombre d'élèves qui ne trouvent plus de place au sein des collèges classiques de l'Education nationale.

 
Les diplômés des grandes ecoles n’ont pas de souci à se faire

Les diplômés des grandes écoles du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication n’ont pas de souci à se faire (et d’ailleurs, il n’en ont jamais eu) : à peine sortis des écoles, la nouvelle économie leur offre déjà de nombreuses opportunités.
Anna, 23 ans, quitte son école d'ingénieur, l'INSA à Lyon, «dans une semaine» et a déjà refusé deux offres d'emploi qui ne lui «convenaient pas» dans son secteur, l'informatique. «Cette année, pour ma promotion, c'est assez facile de trouver du travail, on est dans une période où ça marche vraiment bien», estime Anna qui reconnaît s'être «payé un luxe» en refusant les deux premières offres d'emploi qui lui ont été faites.
Eh, oui, ces jeunes diplômés peuvent se payer l’arrogance de refuser des emplois... Il en est que ces paroles choquent, à une époque où les ANPE ne désemplissent pas, malgré les annonces de "recul du chômage" (parle-t'on de l'augmentation exponentielle de l'emploi précaire et des radiations des ANPE ?).
 
Les sans-papiers manifestent au musée du Louvre

Une centaine de sans-papiers et de militants ont manifesté dimanche dans la grande salle du musée du Louvre à Paris contre les «pillages» économiques et culturels. Accompagnés du professeur Albert Jacquard, ils veulent attirer l'attention sur la lutte des sans-papiers, «notamment sur ceux de Lille, en grève de la faim depuis 72 jours», mais aussi faire un parallèle avec «l'incessant pillage» culturel des pays du sud.
L'exposition sur les arts premiers actuellement organisée par le musée au «pavillon des sessions» constitue un exemple de ces pillages. «Cette spoliation culturelle, le pillage effréné des ressources naturelles, les plans d'ajustement structurels meurtriers du FMI, la dictature de l'OMC et des transnationales ont fait de ces pays des déserts de misère et de détresse», ont ils indiqué. «Les sans papiers sont la conséquence directe de ces politiques iniques», ajoute-t-elle.
La direction du Louvre a accepté qu'ils puissent tenir un point de presse devant les oeuvres en cause.
En avril dernier, peu après l'inauguration de cette exposition sur les arts premiers, le futur Musée du Quai Branly, dont une antenne au Louvre abrite l'exposition, avait admis que les sculptures du Nigeria achetées provenaient sans doute d'un pillage.
 
Les "sans-nous" continuent à se mobiliser

2.000 personnes ont manifesté dimanche à l'appel du collectif «Sans nous», qui milite pour la suppression du service militaire de dix mois pour les sursitaires.
Le collectif indique que les sursitaires «révoltés par l'injustice de la réforme du service national et par les inégalités entraînées par la loi de 1997, déclarent d'ores et déja qu'ils ne répondront plus aux ordres d'appel sous les drapeaux». Le collectif invite également «tous les citoyens, quels que soient leur âge, leur sexe et leur opinion à nous soutenir».
 
Réforme de l’assurance chômage : le Médef en mauvaise position

Le Medef devrait décider lundi s'il donne suite à son projet approuvé seulement par deux confédérations syndicales sur cinq. La ministre de l'Emploi, Martine Aubry, aura ensuite à trancher.
Le Medef a subi un revers avec la défection surprise de la CFE-CGC qui a rejoint, dans l'opposition, la CGT et FO. Seules la CFDT et la CFTC, qui ne représentent que 25% des salariés, signeront le projet patronal qui transforme totalement la nature de l'assurance chômage. Remarquez, c'est pas tellement une nouveauté de la part de ces syndicats de jaunes.
Une autre possibilité s'offre au Medef: ne pas signer et, constatant l'échec de sa «refondation sociale» (on appelle aussi ça XIX° siècle en nov'langue), partir six mois plus tôt des organismes sociaux paritaires. Cependant, un départ est loin de faire l'unanimité au sein des organisations patronales. Enfin, il reste l'éventualité, déjà écartée par M. Kessler, de «poursuivre» les négociations comme le réclament la CGT, FO et la CFE-CGC, sous l'égide, pourquoi pas, du ministère.
Il n'y a pourtant qu'une seule position juste pour les organisations de travailleurs : quitter la table et refuser cette pantomime avec les patrons. La "refondation sociale" est une mascarade qui n'a d'autre but que de remettre en cause la base même des relations entre syndicats et patronat, livrant les premiers à la rapacité des seconds.
 
Manifestation dans la Manche pour la défense des services de santé

Une centaines de véhicules ont mené une opération-escargot, samedi après-midi sur la N13 dans la Manche, pour la défense d'un service de santé de proximité. La manifestation provoquait à 18h00 environ deux kilomètres de bouchon sur la N13 dans le sens Cherbourg-Caen.
A l'appel de plusieurs élus et syndicats, les manifestants s'étaient mobilisés pour «la défense d'un service de santé dans le département, l'égalité et la qualité des soins et l'avenir des hôpitaux de proximité menacés».
Les services de chirurgie et de maternité de l'hôpital de Valognes ont été fermés récemment pour être transférés à Cherbourg et les élus locaux craignent également pour l'avenir des hôpitaux de Coutances et Carentan.
 
Manifestation pour la reconnaissance du génocide arménien

7.000 personnes ont manifesté dimanche à Paris pour «la reconnaissance du génocide arménien» de 1915. Les manifestants, répondant à l'appel du Comité de défense de la Cause arménienne (CDCA) et du Comité du 24 avril, protestaient contre «l'enterrement» par le Sénat d'une proposition de loi sur la reconnaissance par la France du «génocide arménien».
Les organisateurs de la manifestation ont diffusé lors du défilé «un appel des Français d'origine arménienne, des communautés grecque et chypriote, des défenseurs des Droits de l'Homme, aux autorités françaises et au Sénat pour l'adoption de la proposition de loi +La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915+ déjà votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 29 mai 1998».
Ils indiquent que, le 21 mars dernier, «les sénateurs français ont refusé, par 171 contre 130, d'examiner la proposition de loi reconnaissant le génocide arménien de 1915» et ont «cédé aux pressions de la Présidence de la République et du Gouvernement, soucieux de maintenir les bonnes relations commerciales de la France avec la Turquie».
Rappelons simplement que tous les historiens sont d'accord pour dire que 1,3 million d'Arméniens ont été tués en 1915 par les Turcs.
 
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