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pays signataires : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie,
le Danemark, l'Estonie, l 'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce,
la Hongrie, l'Irlande, l'Islande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie,
le Luxembourg, Malte, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal,
le Royaume-Uni, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie,
la Suède, la Suisse.
La construction
européenne, grâce aux réalisations extraordinaires de ces dernières
années, devient une réalité de plus en plus concrète et pertinente pour
l'Union et ses citoyens. Les perspectives d'élargissement, ainsi que
les liens de plus en plus étroits qui se tissent avec d'autres pays
européens, enrichissent encore cette réalité de dimensions nouvelles.
En même temps, nous assistons à une prise de conscience grandissante,
dans l'opinion publique comme dans les milieux politiques et universitaires,
de la nécessité de construire une Europe plus complète et plus ambitieuse,
s'appuyant notamment sur le renforcement de ses dimensions intellectuelles,
culturelles, sociales, scientifiques et technologiques.
Il est aujourd'hui largement reconnu qu'une Europe des Connaissances
est un facteur irremplaçable du développement social et humain, qu'elle
est indispensable pour consolider et enrichir la citoyenneté européenne,
pour donner aux citoyens les compétences nécessaires pour répondre aux
défis du nouveau millénaire, et pour renforcer le sens des valeurs partagées
et de leur appartenance à un espace social et culturel commun. L'importance
primordiale de l'éducation et de la coopération dans l'enseignement
pour développer et renforcer la stabilité, la paix et la démocratie
des sociétés est universellement reconnue, et d'autant plus aujourd'hui
au vu de la situation en Europe du sud-est.
La Déclaration de la Sorbonne du 25 mai 1998, qui s'inspirait de ces
mêmes considérations, mettait en exergue le rôle clé des universités
dans le développement des dimensions culturelles européennes. Elle insistait
sur la nécessité de créer un espace européen de l'enseignement supérieur,
comme moyen privilégié pour encourager la mobilité des citoyens, favoriser
leur intégration sur le marché du travail européen et promouvoir le
développement global de notre continent. Plusieurs pays européens ont
accepté l'invitation qui leur a été faite de s'engager à réaliser les
objectifs énoncés dans la déclaration, en la signant ou en exprimant
leur accord de principe. Les orientations de plusieurs réformes de l'enseignement
supérieur entreprises depuis lors en Europe témoignent de la volonté
d'agir de nombreux gouvernements. Les établissements d'enseignement
supérieur en Europe ont, pour leur part, relevé le défi en jouant un
rôle clé dans la construction de l'espace européen de l'enseignement
supérieur, suivant aussi les principes fondamentaux énoncés en 1988
dans la Magna Charta Universitatum. Ce point est d'une importance capitale,
puisque l'indépendance et l'autonomie des universités sont garantes
des capacités des systèmes d'enseignement supérieur et de recherche
de s'adapter en permanence à l'évolution des besoins, aux attentes de
la société et aux progrès des connaissances scientifiques. Les orientations
ont été définies dans la bonne direction avec des objectifs significatifs.
La réalisation d'une plus grande compatibilité et comparabilité entre
les différents systèmes d'enseignement supérieur exige néanmoins une
dynamique soutenue pour être pleinement accomplie. Nous devons soutenir
cette dynamique à travers la promotion de mesures concrètes permettant
d'accomplir des progrès tangibles.
La réunion du 18 juin a rassemblé des experts et des universitaires
de tous nos pays, et nous a apporté des idées très utiles sur les initiatives
à prendre. Nous devons en particulier rechercher une meilleure compétitivité
du système européen d'enseignement supérieur. Partout, la vitalité et
l'efficacité des civilisations se mesurent à l'aune de leur rayonnement
culturel vers les autres pays. Nous devons faire en sorte que le système
européen d'enseignement supérieur exerce dans le monde entier un attrait
à la hauteur de ses extraordinaires traditions culturelles et scientifiques.
En affirmant notre adhésion aux principes généraux de la Déclaration
de la Sorbonne, nous nous engageons à coordonner nos politiques pour
atteindre, à court terme et en tout cas avant la fin de la première
décennie du nouveau millénaire, les objectifs suivants, qui sont pour
nous d'intérêt primordial pour la création de l'espace européen de l'enseignement
supérieur et la promotion de ce système européen à l'échelon mondial
:
-
Adoption
d'un système de diplômes facilement lisibles et comparables, entre
autres par le biais du " Supplément au diplôme ", afin de favoriser
l'intégration des citoyens européens sur le marché du travail et d'améliorer
la compétitivité du système d'enseignement supérieur européen à l'échelon
mondial ;
-
Adoption
d'un système qui se fonde essentiellement sur deux cursus, avant et
après la licence. L'accès au deuxième cursus nécessitera d'avoir achevé
le premier cursus, d'une durée minimale de trois ans. Les diplômes
délivrés au terme du premier cursus correspondront à un niveau de
qualification approprié pour l'insertion sur le marché du travail
européen. Le second cursus devrait conduire au mastaire et / ou au
doctorat comme dans beaucoup de pays européens.
-
Mise
en place d'un système de crédits — comme celui du système ECTS — comme
moyen approprié pour promouvoir la mobilité des étudiants le plus
largement possible. Les crédits pourraient également être acquis en
dehors du système de l'enseignement supérieur, y compris par l'éducation
tout au long de la vie, dans la mesure où ceux-ci sont reconnus par
les établissements d'enseignement supérieur concernés.
-
Promotion
de la mobilité en surmontant les obstacles à la libre circulation,
en portant une attention particulière à : . pour les étudiants, l'accès
aux études, aux possibilités de formation et aux services qui leur
sont liés, . pour les enseignants, les chercheurs et les personnels
administratifs, la reconnaissance et la valorisation des périodes
de recherche, d'enseignement et de formation dans un contexte européen,
sans préjudice pour leurs droits statutaires.
-
Promotion
de la coopération européenne en matière d'évaluation de la qualité,
dans la perspective de l'élaboration de critères et de méthodologies
comparables.
-
Promotion
de la nécessaire dimension européenne dans l'enseignement supérieur,
notamment en ce qui concerne l'élaboration de programmes d'études,
la coopération entre établissements, les programmes de mobilité et
les programmes intégrés d'étude, de formation et de recherche.
Par
cette déclaration, nous nous engageons à réaliser ces objectifs - dans
le cadre de nos compétences institutionnelles et en respectant pleinement
la diversité des cultures, des langues, des systèmes éducatifs nationaux
et l'autonomie des universités — afin de consolider l'espace européen
de l'enseignement supérieur. A cette fin, nous poursuivrons dans la voie
de la coopération inter gouvernementale, ainsi que dans celle des organisations
non gouvernementales européennes compétentes dans le domaine de l'enseignement
supérieur. Nous comptons à nouveau sur la réponse prompte et positive
des établissements d'enseignement supérieur et sur leur contribution active
au succès de nos efforts. Convaincus que la création réussie d'un espace
européen de l'enseignement supérieur nécessite des efforts permanents
de soutien, de suivi et d'adaptation pour répondre à des besoins en évolution
constante, nous avons décidé de nous réunir à nouveau d'ici deux ans afin
d'évaluer les progrès accomplis et les nouvelles mesures à mettre en place.
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