Octobre 2000
Discours du ministre Jack Lang sur la rentrée universitaire 2000
 
Placer l’étudiant au centre de notre action


Les bibliothèques universitaires

Les moyens accordés pour 2001 en augmentation
Le projet de loi de finances pour 2001 exprime un effort plus soutenu de l’Etat en faveur du développement et de la modernisation des bibliothèques.
Subvention de fonctionnement : 20 MF
Emplois de bibliothèques : + 150
8 conservateurs
24 bibliothécaires
38 bibliothécaires adjoints spécialisés
45 magasiniers en chef
35 magasiniers spécialisés
Améliorer du déroulement de carrière des agents, par un repyramidage des corps de bibliothécaires et de conservateurs.
La politique de construction de nouvelles bibliothèques est poursuivie et amplifiée 50.000 m_ supplémentaires sont mis en service en 2000 ; 56.000 m_ le seront au cours de l’exercice 2001.
Au-delà de ces opérations déjà financées, le plan U3M et les CPER 2000-2006 prévoient 3.800 MF pour la construction de bibliothèques. Un effort particulier sera consenti pour améliorer la situation en Ile-de-France et à Paris. Une attention spéciale est portée à la qualité architecturale de ces nouvelles constructions ainsi qu’au confort des places de travail, à l’accès direct aux ressources documentaires, à la connectique et à la généralisation des équipements informatiques.
L’amélioration des services aux usagers constitue la priorité de l’action de l’Etat.
L’augmentation des horaires d’ouverture se poursuit à un rythme soutenu : à cette rentrée universitaire, la moyenne hebdomadaire se situe à 55 heures dans les 230 principaux sites de bibliothèques.
Les créations d’emplois inscrites au PLF 2001, d’une part, le développement du monitorat étudiant dans les bibliothèques (qui représente une dépense de 65 MF par an, dont 22 MF sont apportés par l’Etat au travers des contrats d’établissements), d’autre part, permettront de développer encore cette politique en 2001.
La mise en accès direct des ressources constitue un enjeu décisif : 30 % des collections sont aujourd’hui en libre accès contre 20 % seulement il y a quelques années.
La diversité des ressources documentaires (imprimés, cédéroms, ressources en ligne), l’évolution extrêmement rapide de l’offre, la variété des outils techniques rendent désormais nécessaire la formation des usagers à la recherche et à l’évaluation de l’information scientifique. C’est dans ce nouveau contexte que le ministère soutient les nombreuses actions de formation à la documentation engagées par les établissements et qui associent les enseignants-chercheurs et les personnels de bibliothèque. Il s’attache également au développement d’outils collectifs, comme FORMIST, qui ont vocation à mettre à disposition des formateurs et des usagers des supports pédagogiques. L’augmentation des crédits de fonctionnement permettra de poursuivre la politique de développement des ressources documentaires, tant sur support traditionnel que sur support numérique.
Au cours des dix dernières années, le ratio volumes acquis pour 1.000 étudiants est passé de 340 à 600, celui des abonnements en cours pour 1.000 étudiants de 64 à 86. Les ressources documentaires électroniques occupent désormais une place grandissante. De 28 MF en 1998, les dépenses correspondantes sont passées à 43 MF en 1999 et représentent aujourd’hui environ 60 MF. Le ministère soutient financièrement plusieurs groupements ou consortia universitaires constitués pour l’acquisition de ces ressources et permettant d’accéder à de vastes ensembles de revues électroniques indispensables à la recherche. Toutes équipées de systèmes intégrés de gestion, les bibliothèques se dotent actuellement de systèmes d’information documentaires Ces systèmes permettent à tous les membres de la communauté universitaire d’accéder à partir de postes de travail banalisés : au catalogue de l’établissement et aux catalogues collectifs ; à des ressources gérées en intranet : réseau de cédéroms, documents numérisés par l’université (cours, rapports de recherche, etc.) à des ressources Internet sélectionnées et organisées, gratuites ou payantes (bases de données, revues de sommaires, périodiques électroniques, etc.)
18 universités ont mis en œuvre un tel outil et 39 sont engagées dans un projet de cette nature. 35 MF ont été consacrés en 2000 à cette action, notamment au travers des contrats d’établissement. Cet effort sera poursuivi en 2001.
En avril 2000, le nouveau catalogue collectif de l’enseignement supérieur a été mis en ligne sur Internet (http://www.sudoc.abes.fr). Recensant les ouvrages, les périodiques et les thèses, il contient 5 millions de notices bibliographiques et 12 millions de localisations. Il sera, avec le catalogue de la Bibliothèque nationale de France et le catalogue des fonds anciens des bibliothèques municipales, l’un des trois éléments constitutifs du catalogue collectif de France (CCFr), dont la gestion a été confiée à la B.N.F. Il est alimenté, d’une part, grâce à l’activité catalographique des bibliothèques, d’autre part, à travers des opérations de numérisation rétrospective des catalogues sur fiches.
En 2001, un nouveau marché de conversion rétrospective sera lancé par le ministère. Le catalogue collectif constitue le cœur du “ système universitaire de documentation ”. Celui-ci a vocation à alléger le travail de signalement des documents grâce au recours à des réservoirs de données et au catalogage partagé ; faciliter la fourniture à distance de documents, par un lien direct entre les notices signalétiques et la procédure de commande ; permettre le signalement et l’accès aux ressources électroniques. Déployé actuellement dans 7 universités pilotes, il connaîtra un déploiement général au cours des prochains 18 mois. Etapes majeures de la recherche, les thèses doivent être mieux valorisées, tant dans l’intérêt des jeunes docteurs et des établissements de soutenance que pour permettre une meilleure visibilité de la recherche française. Un rapport remis en mai 2000 et consultable sur Internet (http://www.sup.adc.education.fr/bib/) a posé les bases d’un nouveau dispositif fondé sur : le respect des prérogatives des jurys et du droit de la propriété intellectuelle ; une architecture distribuée, répartissant de façon équilibrée les rôles entre le doctorant, l’université et l’Etat ou un opérateur national ; la conversion des thèses dans un format d’archivage et de diffusion, de façon à permettre leur consultation via Internet. Les outils de base de ce nouveau dispositif seront mis en place dans les prochains mois et seront déployés progressivement dans les établissements.

L’aménagement universitaire

Les relations entre l’université et la ville ont été largement prises en compte pour la mise en œuvre du schéma U 2 000. De la même manière, un certain nombre d’orientations fortes doivent être énoncées ou rappelées au moment où le schéma U3M entre dans une phase opérationnelle.

U 2 000
Le schéma U 2 000 devait répondre à une importante demande de surfaces nouvelles, motivée par le doublement rapide des effectifs étudiants. Les villes, les départements, les régions ont fortement participé au côté de l’état, au financement des opérations de construction.

L’université et la ville
Ce schéma ne s’est pas contenté d’une réponse quantitative. Il a été l’occasion d’engager une véritable révolution culturelle : le retour de l’université au cœur de la cité. L’université est porteuse de tous les espoirs et des villes souhaitent que les étudiants participent à la vie locale. Certaines ont ramené des bâtiments universitaires de la périphérie vers le centre, d’autres ont réduit l’isolement des campus en les reliant à la vie urbaine par des moyens de transport. Des liens nouveaux ont été créés entre l’enseignement, la recherche et le monde économique.

U3M
Le schéma U3M veut être une réponse à des besoins qualitatifs : améliorer la vie des étudiants, améliorer l’accueil des chercheurs et des étudiants étrangers, développer la recherche... Les investissements envisagés sont très lourds : 40 milliards de F inscrits pour l’enseignement supérieur dans les contrats de plans qui viennent d’être signés. Les thèmes spécifiques à U3M pourraient être les suivants :
L’université dans son territoire 
L’aménagement universitaire est une notion qui semble émerger des approches qui ont été menées dans les régions à l’occasion de l’élaboration des schémas U3M.. En Ile de France et en particulier dans Paris, où la situation était complexe et confuse, un accord a été trouvé entre les 17 universités des trois académies de la région sur une vision partagée de l’aménagement universitaire.
Les questions de la carte des formations, de la structuration de la recherche, de la vie des étudiants doivent être approchées globalement et des solutions peuvent être trouvées à cette échelle : mutualisation de certaines fonctions, équilibre et lisibilité des établissements, accessibilité des sites.
Les pôles européens sont déjà engagés dans cette démarche globale. Elle doit être généralisée.

L’université, lieu de vie
Les crédits des contrats de plan réservés pour la vie de l’étudiant doivent permettre de répondre à l’amélioration des conditions de vie sur les campus ( le º des crédits des CPER sont prévus pour la construction de résidences, restaurants, bibliothèques, équipements sportifs, maisons de l’étudiant…) Ce volet des CPER doit être prioritaire. Un certain nombre d’établissements sont déjà bien engagés dans cette démarche (Grenoble, Cergy…). Ces actions doivent s’harmoniser avec les politiques sociales pour les étudiants, portées par la DES.

L’université, lieu de culture
Les missions d’enseignement et de recherche sont réalisées pleinement par les établissements. Les missions culturelles prévues par la loi de 1984 le sont moins. Il est nécessaire que le rayonnement culturel, mais également artistique, des universités françaises puissent rivaliser avec celui des autres universités européennes. Ce rayonnement, ainsi que la qualité de vie dans les sites d’enseignement supérieur sont des facteurs considérables d’attractivité. Maintenant que des liens forts existent entre les villes et leurs universités, celles-ci peuvent et doivent devenir des foyers vivants, au sein de la cité, où se pense, se pratique, se diffuse la culture et toutes formes d’art. Les espaces d’enseignement des filières art, trop longtemps négligés et mal conçus, doivent être exemplaires; les projets inscrits dans les CPER devront voir le jour rapidement; des espaces pour des pratiques artistiques et culturelles libres seront mis à la disposition des étudiants ; la commande publique (le 1% ) sera un des moyens de diffusion de l’art d’aujourd’hui dans l’espace universitaire. Les contrats d’établissements seront, entre autre, le reflet de ces grandes orientations. Les commissions de sites peuvent être une des instances où elles se mettront en œuvre.

 
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