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La licence professionnelle
Par
leurs déclarations de la Sorbonne (25 mai 1998) et de Bologne (19 juin
1999), les ministres européens de l’éducation ont décidé de construire
l’espace européen de l’enseignement supérieur en adoptant notamment une
architecture commune de référence pour les formations et les diplômes.
Cette architecture commune est fondée essentiellement sur deux cursus
: le cursus pré-licence —la licence professionnelle- et le cursus post-licence
—le mastaire.
Les
caractéristiques
Les 195 licences ouvertes à la rentrée 2000 accueilleront environ 4 000
à 5 000 étudiants.
La
licence professionnelle est un diplôme de type nouveau
L’originalité de ce diplôme réside dans son mode d’élaboration fondé sur
le partenariat. Fédérés par les universités en partenariat avec les entreprises
ou les branches professionnelles, les projets son pluridisciplinaires,
multiinstitutionnels ou interministériels. Toutes les composantes de l’enseignement
supérieur ont participé à cet élan : les universités, les écoles d’ingénieurs,
les instituts universitaires de technologie (IUT), les sections de techniciens
supérieurs (STS).
La licence professionnelle se justifie par l’émergence de nouveaux métiers,
de nouveaux domaines de qualification, de nouveaux emplois intermédiaires
entre techniciens supérieurs et ingénieurs ou cadres supérieurs, qui exigent
des capacités plus transversales, favorisant l’adaptabilité. Ainsi, le
cursus de formation de la licence professionnelle se distingue de celui
de la licence “ classique ” ou des formations professionnalisées IUT-STS.
La licence professionnelle accueille des publics diversifiés. En formation
initiale, le cursus est ouvert aux titulaires de DEUG et aux diplômés
des formations professionnalisées en deux ans (DUT, BTS…). En formation
continue elle recourt largement à la validation des acquis, notamment
de l’expérience professionnelle. Elle offre ainsi aux techniciens en situation
d’activité professionnelle la possibilité d’obtenir un niveau supérieur
de qualification et un développement de leur parcours professionnel.
Le
bilan 2000
Elles couvrent une large palette de secteurs professionnels du domaine
de la production agricole ou industrielle, du secteur tertiaire (gestion,
commerce) ou du “ tiers secteur ” (carrières sanitaires et sociales, métiers
culturels, animation sportive et de loisirs, hôtellerie, tourisme…). Sont
tout particulièrement concernés des secteurs qui connaissent actuellement
des difficultés de recrutement ; on notera par exemple, la grande distribution,
l’informatique, les métiers de la banque et de l’assurance, la logistique
et les transports.
Nombre de licences professionnelles formeront également aux métiers dits
“ en émergence ” : commerce électronique et télé-services, multimedia
et réseaux, nouveaux matériaux, nouveaux services à la collectivité (métiers
de la ville, environnement, gestion de l’eau et des déchets, sécurité
alimentaire, sauvegarde du patrimoine…) ou aux personnes (métier du monde
associatif, du développement social …).
La licence professionnelle a également permis de mobiliser, autour de
l’université, les divers partenaires du monde éducatif. La moitié des
licences professionnelles prennent appui sur les compétences développées
dans les formations courtes professionnalisées : en IUT (90) et en lycée
(STS-25). Des accords ont été également conclus entre universités et écoles
ou instituts d’enseignement supérieur. Au sein des universités, si les
composantes scientifiques et les IUT sont largement présentes (60 %),
l’engagement du secteur droit-économie-gestion et du secteur des disciplines
littéraires, des sciences humaines ou sociales sont également significatives
(40 %).
Les licences professionnelles ouvertes couvrent l’ensemble des académies,
y compris l’Outre-Mer. En métropole, le nombre d'ouvertures par académie
est compris entre 2 et 12. Par établissement, le nombre de licences est
de 1 à 6.
Accompagnement au démarrage : 80 KF par licence professionnelle habilitée.
Il est important que ces crédits soient effectivement consacrés au suivi
de la mise en place du diplôme. Le comité de suivi prévu par l’arrêté
créant les licences professionnelles sera installé au cours du premier
semestre 2000-2001. Il s’appuiera sur une composition tripartite : représentation
des organisations d’employeurs et, à parité, des organisations syndicales
de salariés, représentants des organisations syndicales de personnels
et d’étudiants membres du CNESER, représentants des établissements d’enseignement,
auxquelles seront associées des personnalités qualifiées. Il sera chargé
d’établir un bilan de la mise en place des licences professionnelles et
de proposer toute mesure visant à renforcer l’efficacité du dispositif.
En particulier, il aura mission d’étudier la liste des dénominations nationales
des licences professionnelles.
Devant le succès de la campagne 2000, les futures campagnes de créations
de licences professionnelles seront de grande ampleur, renforçant l’attractivité
des universités et leur développement. Dans ce contexte, l’offre de formation
universitaire est appelée à croître et à se déployer sur de nombreux champs
diversifiés et à accueillir de nouveaux publics. Il importe donc d’organiser
le dispositif de la façon la plus efficace et de le rendre clair pour
les étudiants et pour les professions, la mission du comité de suivi sera
donc essentielle dans ce contexte.
Campagne
2001
L’appel de dossiers d’habilitation pour les établissements en contrat
(circulaire du 27 juillet 2000) a déjà été lancé, et mis sur le réseau.
Les projets sont attendus pour le 31 octobre 2000.
En ce qui concerne les établissements hors contrat, qui peuvent eux aussi,
conformément au plan de développement de 3 ans prévu par l’arrêté relatif
à la licence professionnelle, présenter des projets, la circulaire sera
lancée d’ici la fin septembre et les dossiers seront attendus pour le
05 décembre 2000. Ils seront analysés comme l’an dernier par la commission
d’expertise prévue à cet effet.
Les
deug scientifiques
La
baisse des effectifs dans les filières universitaires scientifiques est
un phénomène complexe qui peut être mieux approché en examinant à la fois
les évolutions du vivier des candidats concernés et celle des formations
concurrentes.
A la rentrée 1999, 106 835 étudiants étaient inscrits en Deug sciences
et technologies soit 6 685 étudiants de moins qu’en 1998. La diminution
des flux d’entrée en Deug sciences provient d’une part de la diminution
du nombre de bacheliers, malgré une nette augmentation du taux de réussite
au baccalauréat général série S à la session 2000 et d'autre part de leur
moindre propension à s’orienter vers l’université. En effet, l’orientation
des bacheliers scientifiques ne se fait plus en priorité vers les Deug
scientifiques. Les classes préparatoires (CPGE), les filières courtes
(STS, IUT), les écoles d’ingénieurs et les filières longues, telles que
la médecine, voire le droit, sont privilégiées par ces bacheliers.
Rénover,
innover
Face à la baisse du flux des entrants et aux taux d’échec relativement
élevés dans les filières scientifiques, le ministère de l’Education nationale
a initié dès 1998, à titre expérimental dans six universités, Bordeaux 1,
Grenoble 1, Lille 1, Littoral, Montpellier 2 et Paris 11, la rénovation
de leurs Deug scientifiques. Ces universités ont mis en lumière la volonté
commune de prendre en compte l’hétérogénéité des étudiants et d’adapter
les modalités d’enseignement et les méthodes pédagogiques. L’accent est
porté sur le travail en “ petite classe ” et sur le recours aux technologies
multimédia. Un soutien financier spécifique a été apporté à ces universités
volontaires.
Un
premier bilan positif
Un premier bilan a été dressé permettant de constater que les rénovations
entreprises sont aussi bien structurelles que pédagogiques, les taux d'abandon
en cours de première année sont en régression et les taux d'absentéisme
aux examens en diminution, les équipes pédagogiques se sont regroupées
autour de projets communs. Il semble bien qu’une véritable prise de conscience
soit en train de s’opérer sur la nécessité d’améliorer l’image et les
résultats de la filière pour en renforcer l’attractivité. Ce mouvement
de rénovation des Deug scientifiques engagé depuis deux ans sera encouragé
et amplifié, notamment en soutenant les projets les plus intéressants
dans le cadre de la politique contractuelle.
Les campagnes d’habilitation 1999 et 2000 ont fourni l’opportunité d’examiner
les maquettes des Deug scientifiques élaborées par les universités en
phase contractuelle. L’expertise de ces maquettes a permis de constater
que l’organisation des formations présentées a été le plus souvent rénovée
dans une optique d’amélioration des pratiques et de diversification des
moyens d’enseignement dans les Deug scientifiques.
Les
schémas académiques post-bac
La mise en place dans chaque académie d’un schéma de formation postbaccalauréat
devrait également faciliter et aider à l’amélioration de l’orientation
des étudiants dans les différentes formations postbaccalauréat.
Dans le cadre de cette mise en place, le ministère de l’éducation nationale
a fait du développement des Deug scientifiques une priorité nationale
que les académies doivent impérativement intégrer dans les axes de leur
schéma postbaccalauréat.
Les
études médicales
Actuellement,
les étudiants en fin de deuxième cycle des études médicales (DCEM 2, 3
et 4) accumulent, sans mise en perspective, des connaissances trop spécialisées,
jugées excessives et inappropriées. Il est avéré que les 2/3 d’entre eux
s’entraînent exclusivement en vue du concours de l’internat qui n’est
pas en soi à l’abri de critiques.
Dès lors, la réforme qui se met en place est très attendue. Sa mise en
place est fixée à la rentrée universitaire 2001-2002. Celle du nouveau
concours de l’internat en 2004. Cela implique un nouveau programme d’enseignement
et de nouvelles méthodes d’évaluation. Le nouveau programme, élaboré par
la commission pédagogique nationale des études de médecine (CPNEM), fait
l’objet d’un arrêté qui doit paraître très prochainement. La CPNEM, à
partir du programme publié, doit, d’ici juin 2001, définir des objectifs
pédagogiques précis. Les méthodes d’évaluation du nouveau concours de
l’internat, en cours d’élaboration, doivent permettre d’apprécier les
connaissances mais aussi les capacités de raisonnement des candidats.
Elles seront fondées sur l’analyse argumentée essentiellement de cas cliniques
mais aussi d’articles médicaux. Le conseil scientifique de médecine du
centre national des concours d’internat fera très prochainement les premières
propositions qui seront soigneusement testées avant d’être acceptées.
Le troisième cycle de spécialité, à partir de 2004, sera profondément
modifié par la loi attendue (début 2001) qui reconnaît à la médecine générale
le même régime d’études que la médecine de spécialité. Dès à présent,
la délégalisation de la durée des études du troisième cycle permettra
d’allonger de 2 ans _ à 3 ans la formation en médecine générale. Cette
modification dans la durée est subordonnée à l’établissement d’une maquette
pédagogique de six semestres, en cours d’élaboration pour la fin de l’année 2000,
au plus tard.
L’enseignement
de la philosophie des sciences
En
février 1999, une mission a été confiée à Dominique Lecourt, professeur
à l’université Paris 7 — Denis Diderot, afin de définir les voies et moyens
permettant de développer l’enseignement de la philosophie des sciences
aux étudiants des disciplines scientifiques et médicales.
Sur la base de ses conclusions, un appel à projets a été diffusé auprès
des universités en mai 2000. Trente-sept dossiers ont été soumis, témoignant
ainsi d’une forte mobilisation et d’une incontestable attente des universités.
Une commission réunissant, autour de Dominique Lecourt, de hautes personnalités
a examiné les propositions et retenu comme principal critère le caractère
fédérateur des projets associant UFR scientifiques, médicales et technologiques
d’une part, UFR de philosophie et de sciences humaines d’autre part. Au
total, cinq emplois de maître de conférences avaient été réservés pour
l’appel à projets. A qualité équivalente, la commission a retenu les propositions
des universités pour lesquelles l’attribution d’un emploi apparaissait,
compte tenu de leur dotation globale, comme la plus efficiente. Ainsi
ont finalement été sélectionnés en 2000 les projets des universités de
Bordeaux I, Dijon, Nantes, Strasbourg I et Versailles-Saint-Quentin.
L’opération devrait être renouvelée les années prochaines afin de consolider
l’action dans la durée nécessaire et de l’inscrire dans le projet de création
d’un centre national de philosophie et d’histoire des sciences. Le succès
de la démarche engagée atteste de l’adhésion profonde aux deux objectifs
poursuivis : développer l’esprit critique et inventif des étudiants des
disciplines scientifiques dans un monde où la science occupe une place
intellectuelle et sociale sans pareil ; renouer avec la tradition des
“ Lumières ”, celle d’une philosophie vivante qui contribue à ce que l’accroissement
des connaissances conduise à une plus grande liberté.
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