Octobre 2000
Discours du ministre Jack Lang sur la rentrée universitaire 2000
 
Assurer la modernisation et le rayonnement de notre système d’enseignement supérieur


L’évolution des écoles d’ingénieurs

240 écoles ou instituts accueillant 82 954 étudiants sont habilités à délivrer un diplôme d’ingénieur. Ces établissements répartis sur l’ensemble du territoire national forment un ensemble très hétérogène par la taille, le statut juridique (6 ingénieurs sur 10 sont formés par l’éducation nationale), par l’organisation pédagogique ou les secteurs de formation.

Une offre de formation diversifiée sur l’ensemble du territoire
Croissance des effectifs et diversification des recrutements
Depuis le milieu des années 1980, les effectifs des écoles d’ingénieurs ont doublé : l’ensemble des formations, tous statuts confondus, est passé de 45 300 entre 1985-86 à 82 900 entre 1998-99.
Pour les formations de l’Education nationale, l’augmentation est encore plus marquée (de 25 800 à 48 500 étudiants). Les écoles d’ingénieurs au sein des universités sont très liées à la recherche. Axées sur des secteurs technologiques novateurs, et nées d’une volonté de professionnalisation des EPSCP, elles sont marquées par une croissance encore supérieure (de 12 400 à 27 500 soit + 120 %).
Le recrutement s’est fortement diversifié. Globalement les étudiants issus des classes préparatoires aux grandes écoles représentent moins de la moitié des entrées en écoles d’ingénieurs. L’ouverture constante des écoles à un recrutement de type universitaire (DEUG, DUT, licence, etc.) est un facteur de démocratisation de ces filières sélectives. Cette évolution favorise aussi la féminisation progressive de formations essentiellement masculines : à la rentrée 1998, les 18 467 étudiantes inscrites dans des formations d’ingénieurs représentent un quart des effectifs.

Une localisation des écoles sur l’ensemble du territoire
La croissance des effectifs n’a pas induit de déséquilibres majeurs dans la répartition des écoles sur le territoire. Les formations d’ingénieurs sont implantées dans toutes les académies métropolitaines (hors Corse), et notamment dans toutes les villes universitaires. Si la région parisienne (Paris, Créteil Versailles) reste au premier rang avec 2 000 élèves-ingénieurs), la province accueille 80% des effectifs globaux et certaines métropoles régionales font preuve d’un remarquable rayonnement (Lyon, : 8 400 ; Toulouse : 6 400 ; Lille 5 800 ; Rennes : 4 900 ; Nantes : 4 600 ; Nancy - Metz : 4 500).
Toutefois, le découpage du territoire national en 5 grandes régions liées aux campagnes d’évaluation périodique de la commission des titres d’ingénieurs (Île-de-France, nord-est, nord-ouest, sud-est et sud-ouest) met en évidence, malgré le dynamisme de Rennes, Nantes et Toulouse, le moindre développement des formations d’ingénieurs à l’ouest du territoire. De plus, les filières d’ingénieurs situées hors des métropoles universitaires régionales correspondent à des écoles aux effectifs restreints, appuyés souvent par un secteur professionnel précis et une volonté d’aménagement départemental appuyé par les chambres de commerce et d’industrie, parfois aussi par le ministère chargé de l’industrie.

Diversité et modernisation des formations
Diversité des formations
Au-delà de l’expertise commune par la commission des titres d’ingénieur, les formations technologiques habilitées recouvrent une hétérogénéité extrême tant sur le plan des secteurs technologiques concernés que des approches pédagogiques. Se développent ainsi à la marge des domaines traditionnels de la formation des ingénieurs (comme la mécanique, l’électronique, l’informatique) des filières investissant des secteurs nouveaux (nouvelles technologies de l’information et des communications, architecture, environnement ou biologie).
Partout sur le territoire, les filières d’ingénieurs s’appellent diversité. Celle-ci se traduit dans les approches pédagogiques (formation initiale classique formation par alternance développée fortement dans les nouvelles formations d’ingénieurs ou NFI), la professionnalisation ou le caractère “ généraliste ”, la durée du cursus (en 5 ans, en 3 ans, voire en un an et demi dans le cadre d’une validation des acquis académiques d’un étudiant étranger), etc.

La modernisation par l’évaluation et le contrat
L’évaluation périodique des formations par la commission des titres d'ingénieur, avec l’appui de la direction de l’enseignement supérieur, est un facteur essentiel de modernisation et d’adaptation des filières. La commission a rénové ses critères d’expertise (“ Références et Orientations ”) et place désormais les écoles dans une démarche qualité. Par sa composition, la commission des titres permet d’aborder les transformations des formations dans une approche interministérielle. Parallèlement la politique contractuelle est un moyen d’encourager les écoles à acquérir la taille suffisante pour offrir à leurs étudiants les conditions de formation optimales et pour être attractives au niveau international. Le dialogue avec l’administration centrale leur permet d’élaborer une stratégie des formations, en rationalisant les moyens et en analysant les évolutions possibles de leur cadre institutionnel. Il s’agit de faciliter les coopérations dans le domaine de la pédagogie, de la recherche ; de l’international ou de la formation continue, d’aider aux rapprochements avec des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.

L’éparpillement du système
Trop d’écoles de taille réduite
Trop d’écoles n’accèdent pas à la taille suffisante pour être pédagogiquement efficientes. Le nombre des écoles d’ingénieurs publiques, consulaires et privées en France est relativement élevé (240 écoles et 440 cursus pour un flux annuel de 24 000 ingénieurs formés). Par rapport à la moyenne de 100 élèves par an et par école, l’écart type est important car le flux maximum se situe autour d’environ mille élèves et le minimum est inférieur à la dizaine. La multiplication des écoles de petite taille rend ces formations peu visibles tant pour les étudiants que pour le milieu professionnel. L’étroitesse de certaines écoles est un obstacle à l’ouverture internationale des formations, un frein au développement de la formation par la recherche et induit des surcoûts financiers inutiles. Un manque de réactivité aux évolutions scientifiques, pédagogiques ou économiques est la conséquence d’une telle situation. Et le risque de sclérose s’accompagne de la valorisation des identités menacées.

Des rapprochements indispensables
L’encouragement au rapprochement des formations correspond à l’intérêt réel des établissements. Au sein des universités, le ministère de l’éducation nationale encourage la mise en place de centres polytechniques universitaires prévus par l’article 13 de la loi de programme n° 85-1371 du 23 décembre 1985 sur l’enseignement technologique et professionnel. Une “ école polytechnique universitaire ” comme celle de l’université de Nantes est un “ article 33 ” bénéficiant de moyens et d’emplois individualisés, avec un flux minimal d’élèves-ingénieurs de 250 par an. Les rapprochements peuvent s’organiser aussi sur la base d’une convention “ article 43 ” comme le prévoit la loi n° 84- 52 du 26 janvier 1984. Les réseaux (écoles centrales, INSA, UT, ENI) renforcent aussi la lisibilité nationale et européenne des écoles.
Des travaux sont actuellement engagés sur d’autres sites et devraient également déboucher sur des regroupements d’école, notamment à Lille, Valenciennes, Orléans, Thionville et Nice.
En atteignant une taille critique suffisante, les écoles se positionnent plus efficacement sur le plan de la formation et de la recherche (rationalisation des moyens disponibles, diversification instruments pédagogiques) et renforcent leur attractivité internationale (organisation des séjours universitaires et stages, accueil d’étrangers en formation). A titre d’indication, un flux d’élèves-ingénieurs de 250 élèves place une école au 10ème rang des formations d’ingénieurs existantes.

La campagne d’habilitation 2000

La campagne d’habilitation 2000 a concerné près du tiers des universités et établissements d’enseignement supérieur.
Près de 4 500 dossiers ont ainsi été expertisés dans le cadre du renouvellement du contrat quadriennal des universités concernées et plus de 4000 habilitations accordées ( y compris les établissements hors contrat). Plusieurs universités ont bénéficié de la création de nouvelles filières de DEUG leur permettant d’ouvrir et de diversifier leur offre de formation au 1er cycle. Le 2ème cycle a connu une progression forte (13 %), consolidant ainsi des filières de formation à bac + 3. Enfin, la croissance des formations à bac + 5 s’est poursuivie à un rythme soutenu (près de 58 %). L’effort qualitatif, qui était déjà sensible en 1999, s’est ainsi accentué fortement en 2000.

Le premier cycle
Au cours de la campagne d’habilitation 2000, 42 diplômes de premier cycle ont été habilités : 26 au titre des universités en phase contractuelle, 16 au titre des universités hors contrat. Les demandes et habilitations les plus nombreuses ont été enregistrées dans le secteur sciences : 13 créations nouvellement habilitées. Pour répondre à une forte demande d’inscription dans les secteurs Arts et sciences et techniques des activités physiques et sportives, 4 DEUG ont été crées dans le secteur artistique et 8 DEUST dans le secteur STAPS.

La licence professionnelle créée en 1999, a connu un grand succès, avec plus de 500 dossiers examinés par la commission nationale d’expertises. Cette nouvelle formation basée sur un partenariat étroit avec l’entreprise manifeste l’ouverture affichée par les établissements d’enseignement supérieur auprès du monde économique. 195 licences professionnelles sont créées à cette rentrée. 52 IUP ont été créés au total à l’issue de la campagne. Ces formations professionnalisées à bac + 4 sont organisées en liaison étroite avec le monde économique (encadrement des enseignants, place importante du stage dans le cursus, ciblage autour d’une qualification) et permettent une insertion efficace des étudiants dans le monde du travail.

A bac + 5, la progression des DESS s’est fortement accentuée (312 créations contre 236 en 1999), dans l’ensemble des champs disciplinaires et en particulier dans les métiers émergents autour de l’informatique et de la nouvelle économie. Ce développement offre des perspectives nouvelles aux étudiants d’accès au niveau bac + 5 et au grade de mastaire. De même, la profession des DRT, quoique moindre, manifeste la volonté de collaboration plus proche entre la recherche et l’entreprise.
L’effort engagé en 1999 pour organiser la campagne de manière plus conviviale et interactive s’est développé en 2000. L’application informatique utilisée par désormais l’ensemble des partenaires concernés, a donné satisfaction. Par ailleurs, le dialogue engagé avec les établissements s’est poursuivi de manière très positive et constructive grâce à des rencontres régulières et des visites d’établissements et par une intensification des échanges entre services par messagerie électronique. Les académies de Nancy-Metz et de Strasbourg et certaines universités de Paris et d’Ile de France renouvelleront leur contrat en 2001. L’accent continuera à être mis sur la professionnalisation, en particulier au niveau bac + 5 et sur le mastaire (DESS) dans le cadre de la construction de l’espace éducatif européen.

Les IUT
De nouveaux départements crées A la rentrée 2000, douze nouveaux départements d’IUT sont ouverts, six dans le secteur secondaire et six dans le secteur tertiaire. Une nouvelle spécialité “ Génie du conditionnement et de l’emballage ”, créée à la demande des organisations professionnelles et en partenariat étroit avec celles-ci, débute à titre expérimental à Avignon et à Reims.
Liste des créations de départements à la rentrée 2000 :

Universités
I.U.T
Siège du département
Spécialités
Options
Avignon
Avignon
Avignon
Génie du conditionnement et de l’emballage
Besançon
Belfort
Belfort
Carrières sociales
Animation sociale et socio-culturelle
Bordeaux I
Bordeaux A
Agen
Gestion administrative et commerciale
Brest
Brest
Morlaix
Gestion administrative et commerciale
Caen
Cherbourg
Saint-Lô
Services et réseaux de communication
Caen
Caen
Lisieux
Statistique et traitement informatique des données
Chambéry
Annecy
Le Bourget du Lac
Services et réseaux de communication
Paris XIII
Villetaneuse
Bobigny
Carrières sociales
Animation sociale et socio-culturelle
Poitiers
Poitiers
Niort
Hygiène sécurité environnement
Reims
Reims
Reims
Génie du conditionnement et de l’emballage
Toulouse II
Toulouse B
Figeac
Carrières sociales
Animation sociale et socio-culturelle
CNAM Paris
Paris
Génie industriel et maintenance

Chaque ouverture de département fait l’objet d’une dotation forfaitaire de démarrage en postes enseignants (2 IATOS et 4 enseignants pour la 1ère année), et d’une dotation d’équipement qui s’élève à 180 000 francs pour les départements secondaires et à 80 000 francs pour les départements tertaires.

Nouvelles options
A la rentrée 2000, neuf nouvelles options sont enseignées dans les départements d’IUT. L’option “ imagerie numérique ” créée à titre expérimental dans la spécialité informatique est, compte tenu de l’évaluation positive qui en a été faite, officialisée à compter de cette année. Pour mieux prendre en compte les actions menées dans le cadre de la politique de la ville, une nouvelle option “ gestion urbaine ” dans la spécialité carrières sociales est ouverte à l’IUT d’Aix-en-Provence et à l’IUT Lille B sur le site de Tourcoing.

Liste des nouvelles options ouvertes à la rentrée 2000 :

Université
IUT
Siège du département
Spécialité
Option
Aix-Marseille II
Aix-en-Provence
Aix-en-Provence
Carrières sociales
Gestion urbaine
Bordeaux IV
Périgueux
Périgueux
Génie biologique
Agronomie
Clermont-Ferrand I
Clermont-Ferrand
Le Puy-en-Velay
Informatique
Imagerie numérique
Dijon
Le Creusot
Le Creusot
Mesures Physiques
Matériaux et contrôles physico-chimiques
Grenoble II
Grenoble
Grenoble
Gestion des entreprises et des administrations
Ressources humaines
Lille III
Lille B
Tourcoing
Carrières sociales
Gestion urbaine
Metz
Metz
Thionville
Génie biologique
Industries alimentaires et biologiques
Nancy I
Saint-Dié
Saint-Dié des Vosges
Génie électrique et informatique industrielle
Electronique
Nantes
Saint-Nazaire
Saint-Nazaire
Mesures physiques
Matériaux et contrôles physico-chimiques
 
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