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L’évolution des écoles d’ingénieurs
240
écoles ou instituts accueillant 82 954 étudiants sont habilités à délivrer
un diplôme d’ingénieur. Ces établissements répartis sur l’ensemble du
territoire national forment un ensemble très hétérogène par la taille,
le statut juridique (6 ingénieurs sur 10 sont formés par l’éducation nationale),
par l’organisation pédagogique ou les secteurs de formation.
Une
offre de formation diversifiée sur l’ensemble du territoire
Croissance des effectifs et diversification des recrutements
Depuis le milieu des années 1980, les effectifs des écoles d’ingénieurs
ont doublé : l’ensemble des formations, tous statuts confondus, est passé
de 45 300 entre 1985-86 à 82 900 entre 1998-99.
Pour les formations de l’Education nationale, l’augmentation est encore
plus marquée (de 25 800 à 48 500 étudiants). Les écoles d’ingénieurs au
sein des universités sont très liées à la recherche. Axées sur des secteurs
technologiques novateurs, et nées d’une volonté de professionnalisation
des EPSCP, elles sont marquées par une croissance encore supérieure (de
12 400 à 27 500 soit + 120 %).
Le recrutement s’est fortement diversifié. Globalement les étudiants issus
des classes préparatoires aux grandes écoles représentent moins de la
moitié des entrées en écoles d’ingénieurs. L’ouverture constante des écoles
à un recrutement de type universitaire (DEUG, DUT, licence, etc.) est
un facteur de démocratisation de ces filières sélectives. Cette évolution
favorise aussi la féminisation progressive de formations essentiellement
masculines : à la rentrée 1998, les 18 467 étudiantes inscrites dans des
formations d’ingénieurs représentent un quart des effectifs.
Une
localisation des écoles sur l’ensemble du territoire
La croissance des effectifs n’a pas induit de déséquilibres majeurs dans
la répartition des écoles sur le territoire. Les formations d’ingénieurs
sont implantées dans toutes les académies métropolitaines (hors Corse),
et notamment dans toutes les villes universitaires. Si la région parisienne
(Paris, Créteil Versailles) reste au premier rang avec 2 000 élèves-ingénieurs),
la province accueille 80% des effectifs globaux et certaines métropoles
régionales font preuve d’un remarquable rayonnement (Lyon, : 8 400 ; Toulouse :
6 400 ; Lille 5 800 ; Rennes : 4 900 ; Nantes : 4 600 ; Nancy - Metz :
4 500).
Toutefois, le découpage du territoire national en 5 grandes régions liées
aux campagnes d’évaluation périodique de la commission des titres d’ingénieurs
(Île-de-France, nord-est, nord-ouest, sud-est et sud-ouest) met en évidence,
malgré le dynamisme de Rennes, Nantes et Toulouse, le moindre développement
des formations d’ingénieurs à l’ouest du territoire. De plus, les filières
d’ingénieurs situées hors des métropoles universitaires régionales correspondent
à des écoles aux effectifs restreints, appuyés souvent par un secteur
professionnel précis et une volonté d’aménagement départemental appuyé
par les chambres de commerce et d’industrie, parfois aussi par le ministère
chargé de l’industrie.
Diversité
et modernisation des formations
Diversité des formations
Au-delà de l’expertise commune par la commission des titres d’ingénieur,
les formations technologiques habilitées recouvrent une hétérogénéité
extrême tant sur le plan des secteurs technologiques concernés que des
approches pédagogiques. Se développent ainsi à la marge des domaines traditionnels
de la formation des ingénieurs (comme la mécanique, l’électronique, l’informatique)
des filières investissant des secteurs nouveaux (nouvelles technologies
de l’information et des communications, architecture, environnement ou
biologie).
Partout sur le territoire, les filières d’ingénieurs s’appellent diversité.
Celle-ci se traduit dans les approches pédagogiques (formation initiale
classique formation par alternance développée fortement dans les nouvelles
formations d’ingénieurs ou NFI), la professionnalisation ou le caractère
“ généraliste ”, la durée du cursus (en 5 ans, en 3 ans, voire en un an
et demi dans le cadre d’une validation des acquis académiques d’un étudiant
étranger), etc.
La
modernisation par l’évaluation et le contrat
L’évaluation périodique des formations par la commission des titres d'ingénieur,
avec l’appui de la direction de l’enseignement supérieur, est un facteur
essentiel de modernisation et d’adaptation des filières. La commission
a rénové ses critères d’expertise (“ Références et Orientations ”) et
place désormais les écoles dans une démarche qualité. Par sa composition,
la commission des titres permet d’aborder les transformations des formations
dans une approche interministérielle. Parallèlement la politique contractuelle
est un moyen d’encourager les écoles à acquérir la taille suffisante pour
offrir à leurs étudiants les conditions de formation optimales et pour
être attractives au niveau international. Le dialogue avec l’administration
centrale leur permet d’élaborer une stratégie des formations, en rationalisant
les moyens et en analysant les évolutions possibles de leur cadre institutionnel.
Il s’agit de faciliter les coopérations dans le domaine de la pédagogie,
de la recherche ; de l’international ou de la formation continue, d’aider
aux rapprochements avec des établissements publics à caractère scientifique,
culturel et professionnel.
L’éparpillement
du système
Trop d’écoles de taille réduite
Trop d’écoles n’accèdent pas à la taille suffisante pour être pédagogiquement
efficientes. Le nombre des écoles d’ingénieurs publiques, consulaires
et privées en France est relativement élevé (240 écoles et 440 cursus
pour un flux annuel de 24 000 ingénieurs formés). Par rapport à la moyenne
de 100 élèves par an et par école, l’écart type est important car le flux
maximum se situe autour d’environ mille élèves et le minimum est inférieur
à la dizaine. La multiplication des écoles de petite taille rend ces formations
peu visibles tant pour les étudiants que pour le milieu professionnel.
L’étroitesse de certaines écoles est un obstacle à l’ouverture internationale
des formations, un frein au développement de la formation par la recherche
et induit des surcoûts financiers inutiles. Un manque de réactivité aux
évolutions scientifiques, pédagogiques ou économiques est la conséquence
d’une telle situation. Et le risque de sclérose s’accompagne de la valorisation
des identités menacées.
Des
rapprochements indispensables
L’encouragement au rapprochement des formations correspond à l’intérêt
réel des établissements. Au sein des universités, le ministère de l’éducation
nationale encourage la mise en place de centres polytechniques universitaires
prévus par l’article 13 de la loi de programme n° 85-1371 du 23 décembre
1985 sur l’enseignement technologique et professionnel. Une “ école polytechnique
universitaire ” comme celle de l’université de Nantes est un “ article
33 ” bénéficiant de moyens et d’emplois individualisés, avec un flux minimal
d’élèves-ingénieurs de 250 par an. Les rapprochements peuvent s’organiser
aussi sur la base d’une convention “ article 43 ” comme le prévoit la
loi n° 84- 52 du 26 janvier 1984. Les réseaux (écoles centrales, INSA,
UT, ENI) renforcent aussi la lisibilité nationale et européenne des écoles.
Des travaux sont actuellement engagés sur d’autres sites et devraient
également déboucher sur des regroupements d’école, notamment à Lille,
Valenciennes, Orléans, Thionville et Nice.
En atteignant une taille critique suffisante, les écoles se positionnent
plus efficacement sur le plan de la formation et de la recherche (rationalisation
des moyens disponibles, diversification instruments pédagogiques) et renforcent
leur attractivité internationale (organisation des séjours universitaires
et stages, accueil d’étrangers en formation). A titre d’indication, un
flux d’élèves-ingénieurs de 250 élèves place une école au 10ème rang des
formations d’ingénieurs existantes.
La
campagne d’habilitation 2000
La
campagne d’habilitation 2000 a concerné près du tiers des universités
et établissements d’enseignement supérieur.
Près de 4 500 dossiers ont ainsi été expertisés dans le cadre du renouvellement
du contrat quadriennal des universités concernées et plus de 4000 habilitations
accordées ( y compris les établissements hors contrat). Plusieurs universités
ont bénéficié de la création de nouvelles filières de DEUG leur permettant
d’ouvrir et de diversifier leur offre de formation au 1er cycle. Le 2ème
cycle a connu une progression forte (13 %), consolidant ainsi des filières
de formation à bac + 3. Enfin, la croissance des formations à bac + 5
s’est poursuivie à un rythme soutenu (près de 58 %). L’effort qualitatif,
qui était déjà sensible en 1999, s’est ainsi accentué fortement en 2000.
Le
premier cycle
Au cours de la campagne d’habilitation 2000, 42 diplômes de premier cycle
ont été habilités : 26 au titre des universités en phase contractuelle,
16 au titre des universités hors contrat. Les demandes et habilitations
les plus nombreuses ont été enregistrées dans le secteur sciences : 13
créations nouvellement habilitées. Pour répondre à une forte demande d’inscription
dans les secteurs Arts et sciences et techniques des activités physiques
et sportives, 4 DEUG ont été crées dans le secteur artistique et 8 DEUST
dans le secteur STAPS.
La
licence professionnelle créée en 1999, a connu un grand succès, avec plus
de 500 dossiers examinés par la commission nationale d’expertises. Cette
nouvelle formation basée sur un partenariat étroit avec l’entreprise manifeste
l’ouverture affichée par les établissements d’enseignement supérieur auprès
du monde économique. 195 licences professionnelles sont créées à cette
rentrée. 52 IUP ont été créés au total à l’issue de la campagne. Ces formations
professionnalisées à bac + 4 sont organisées en liaison étroite avec le
monde économique (encadrement des enseignants, place importante du stage
dans le cursus, ciblage autour d’une qualification) et permettent une
insertion efficace des étudiants dans le monde du travail.
A
bac + 5, la progression des DESS s’est fortement accentuée (312 créations
contre 236 en 1999), dans l’ensemble des champs disciplinaires et en particulier
dans les métiers émergents autour de l’informatique et de la nouvelle
économie. Ce développement offre des perspectives nouvelles aux étudiants
d’accès au niveau bac + 5 et au grade de mastaire. De même, la profession
des DRT, quoique moindre, manifeste la volonté de collaboration plus proche
entre la recherche et l’entreprise.
L’effort engagé en 1999 pour organiser la campagne de manière plus conviviale
et interactive s’est développé en 2000. L’application informatique utilisée
par désormais l’ensemble des partenaires concernés, a donné satisfaction.
Par ailleurs, le dialogue engagé avec les établissements s’est poursuivi
de manière très positive et constructive grâce à des rencontres régulières
et des visites d’établissements et par une intensification des échanges
entre services par messagerie électronique. Les académies de Nancy-Metz
et de Strasbourg et certaines universités de Paris et d’Ile de France
renouvelleront leur contrat en 2001. L’accent continuera à être mis sur
la professionnalisation, en particulier au niveau bac + 5 et sur le mastaire
(DESS) dans le cadre de la construction de l’espace éducatif européen.
Les
IUT
De nouveaux départements crées A la rentrée 2000, douze nouveaux départements
d’IUT sont ouverts, six dans le secteur secondaire et six dans le secteur
tertiaire. Une nouvelle spécialité “ Génie du conditionnement et de l’emballage ”,
créée à la demande des organisations professionnelles et en partenariat
étroit avec celles-ci, débute à titre expérimental à Avignon et à Reims.
Liste des créations de départements à la rentrée 2000 :
|
Universités
|
I.U.T
|
Siège
du département
|
Spécialités
|
Options
|
|
Avignon
|
Avignon
|
Avignon
|
Génie
du conditionnement et de l’emballage
|
|
|
Besançon
|
Belfort
|
Belfort
|
Carrières
sociales
|
Animation
sociale et socio-culturelle
|
|
Bordeaux
I
|
Bordeaux
A
|
Agen
|
Gestion
administrative et commerciale
|
|
|
Brest
|
Brest
|
Morlaix
|
Gestion
administrative et commerciale
|
|
|
Caen
|
Cherbourg
|
Saint-Lô
|
Services
et réseaux de communication
|
|
|
Caen
|
Caen
|
Lisieux
|
Statistique
et traitement informatique des données
|
|
|
Chambéry
|
Annecy
|
Le
Bourget du Lac
|
Services
et réseaux de communication
|
|
|
Paris
XIII
|
Villetaneuse
|
Bobigny
|
Carrières
sociales
|
Animation
sociale et socio-culturelle
|
|
Poitiers
|
Poitiers
|
Niort
|
Hygiène
sécurité environnement
|
|
|
Reims
|
Reims
|
Reims
|
Génie
du conditionnement et de l’emballage
|
|
|
Toulouse
II
|
Toulouse
B
|
Figeac
|
Carrières
sociales
|
Animation
sociale et socio-culturelle
|
|
CNAM
Paris
|
|
Paris
|
Génie
industriel et maintenance
|
|
Chaque
ouverture de département fait l’objet d’une dotation forfaitaire de démarrage
en postes enseignants (2 IATOS et 4 enseignants pour la 1ère année), et
d’une dotation d’équipement qui s’élève à 180 000 francs pour les départements
secondaires et à 80 000 francs pour les départements tertaires.
Nouvelles
options
A la rentrée 2000, neuf nouvelles options sont enseignées dans les départements
d’IUT. L’option “ imagerie numérique ” créée à titre expérimental dans
la spécialité informatique est, compte tenu de l’évaluation positive qui
en a été faite, officialisée à compter de cette année. Pour mieux prendre
en compte les actions menées dans le cadre de la politique de la ville,
une nouvelle option “ gestion urbaine ” dans la spécialité carrières sociales
est ouverte à l’IUT d’Aix-en-Provence et à l’IUT Lille B sur le site de
Tourcoing.
Liste
des nouvelles options ouvertes à la rentrée 2000 :
|
Université
|
IUT
|
Siège
du département
|
Spécialité
|
Option
|
|
Aix-Marseille
II
|
Aix-en-Provence
|
Aix-en-Provence
|
Carrières
sociales
|
Gestion
urbaine
|
|
Bordeaux
IV
|
Périgueux
|
Périgueux
|
Génie
biologique
|
Agronomie
|
|
Clermont-Ferrand
I
|
Clermont-Ferrand
|
Le
Puy-en-Velay
|
Informatique
|
Imagerie
numérique
|
|
Dijon
|
Le
Creusot
|
Le
Creusot
|
Mesures
Physiques
|
Matériaux
et contrôles physico-chimiques
|
|
Grenoble
II
|
Grenoble
|
Grenoble
|
Gestion
des entreprises et des administrations
|
Ressources
humaines
|
|
Lille
III
|
Lille
B
|
Tourcoing
|
Carrières
sociales
|
Gestion
urbaine
|
|
Metz
|
Metz
|
Thionville
|
Génie
biologique
|
Industries
alimentaires et biologiques
|
|
Nancy
I
|
Saint-Dié
|
Saint-Dié
des Vosges
|
Génie
électrique et informatique industrielle
|
Electronique
|
|
Nantes
|
Saint-Nazaire
|
Saint-Nazaire
|
Mesures
physiques
|
Matériaux
et contrôles physico-chimiques
|
|