Octobre 2000
Discours du ministre Jack Lang sur la rentrée universitaire 2000
 
Assurer la modernisation et le rayonnement de notre système d’enseignement supérieur

Les IUFM

Rénovation du dispositif de formation des enseignants
Le métier d’enseignant est un métier complexe, en pleine évolution. Il exige à la fois une formation disciplinaire de haut niveau et une solide préparation à l’exercice du métier. Cette articulation entre savoirs universitaires et acquisition des compétences professionnelles attendues est le défi que doivent relever les instituts universitaires de formation des maîtres.
Ces établissements d’enseignement supérieur créés il y dix ans ont apporté un progrès notable à la formation des maîtres dans toutes ses dimensions. Ils font désormais partie intégrante du paysage universitaire. A l’aube du troisième millénaire, et face aux mutations rapides du métier d’enseignant des efforts sont nécessaires pour mieux répondre aux exigences nouvelles de l’école et aux aspirations des enseignants eux-mêmes.
La réflexion sur l’évolution des IUFM impulsée dès 1998, s’est depuis enrichie au travers de larges concertations avec tous les partenaires impliqués dans la formation des maîtres. En juillet 2000, Bernard CORNU, directeur de l’IUFM de Grenoble et Jean BRIHAULT, président de l’université de Rennes II, ont remis un rapport d’étape, à Jack LANG, ministre de l’Education nationale. Une mission a été confiée au recteur Michel BORNANCIN sur les contenus de formation. Son groupe de travail remettra ses conclusions en décembre 2000. Une fois le travail des deux commissions achevé et leurs conclusions rendues, un plan de rénovation du dispositif de formation des maîtres sera proposé en janvier 2001 et applicable à partir de la rentrée 2001. Bien entendu, les mesures annoncées par le ministre en juin pour l’école et en septembre pour le second degré et leur traduction financière prévues dans le budget 2001, constituent le fil conducteur de la future formation dispensée aux enseignants. En effet, la réussite des élèves passe par des maîtres bien formés ; toute réforme de l’enseignement n’est efficace que si les principaux acteurs se l’approprient et la formation initiale et continue sont des éléments innervants de ce processus. Ce principe de réalité est d’autant plus incontournable que nous sommes placés devant la nécessité de renouveler rapidement près de la moitié du corps enseignant dans les années qui viennent. La formation des enseignants doit être une des missions prioritaires de l’ensemble de l’enseignement supérieur dans toutes ses composantes, IUFM mais aussi universités.
Les rapprochements indispensables, déjà encouragés dans le cadre de la politique contractuelle, doivent être renforcés et se traduisent concrètement dans les conventions qui lient les établissements.

Une réflexion à poursuivre
Le développement des modules de préprofessionnalisation, notamment en licence, et l’introduction dans le cursus des étudiants d’un stage de sensibilisation en établissement scolaire d’environ 30 heures, permettant à chacun de confirmer ou d’infirmer son choix initial vers les métiers de l’enseignement.
L’effort de professionnalisation des formations universitaires doit continuer pour permettre la diversification des débouchés dans certaines filières. Une plus grande implication des universités dans la formation des enseignants du premier degré sera recherchée, notamment en ce qui concerne la mise en place de cursus adaptés à la polyvalence des maîtres avec notamment le développement des licences pluridisciplinaires.
Le repérage et l’accompagnement en formation continue des professeurs des écoles, doctorants ou susceptibles de s’engager dans cette voie. Ils constitueraient alors un vivier de MCF issu du premier degré, ayant à terme vocation à intervenir dans la formation de leurs pairs. L’organisation de préparations conjointes (universités/IUFM) de diplômes de haut niveau pour les professeurs des écoles qui souhaitent accéder à des fonctions de maîtres formateurs ou spécialisés dans l’AIS.( à titre d’exemple, l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand en partenariat avec l’IUFM propose à la rentrée 2000 un DESS ingénierie du conseil pédagogique pour les professeurs des écoles en exercice)

Les nouvelles technologies

Les Technologies de l’Information et de la Communication dans les pratiques pédagogiques et les services offerts aux étudiants sont utilisées essentiellement dans le champ de la formation ouverte et à distance —FOAD- par :
- le lancement d’un appel à Projets pour la constitution de Campus numériques français (Budget : 18 MF).
- la mise en place d’un dispositif de soutien à la production de ressources audiovisuelles et multimédias.
- une meilleure diffusion des ressources produites avec la création de sites nationaux présentant :
* Les outils pédagogiques - http://www.educasup.education.fr/ (Educasup)
La diffusion de programmes audio - http://audiosup.net.u-paris10.fr (Audiosup)
La diffusion de cours et de conférences filmés - http://www.canal-u.education.fr (Canal-U) - http://www.amphis.education.fr (Amphis de la 5e)
La Banque de ressources audiovisuelles - http://www.sfrs.fr (Service du film de recherche scientifique)
Le Portail d’information sur les TIC http://www.educnet.education.fr/superieur/default.htm (educnet)
La Direction de la technologie contribue directement à une meilleure diffusion de l’information avec la création de Formasup qui recense les offres de formation en ligne (http://www.formasup.education.fr ). Elle encourage également le partage des expériences et la mise en commun des connaissances en s’engageant dans de nombreuses rencontres internationales, comme elle l’a fait en soutenant l’EADTU.
Devant les enjeux, les acteurs français s’organisent ce qui se traduit sur le terrain par la signature du protocole d’accord entre le CNED, la CPU, la CDEFI et la CDIUFM. En soutenant et en fédérant les projets dans l’enseignement supérieur, les Ministères (Education Nationale et Recherche) contribuent directement à offrir un enseignement de qualité et à distance, nouvelle conception de l’apprentissage : un apprentissage tout au long de la vie.

La formation continue à l’université

Les résultats du troisième appel à projets
Lors du troisième appel à projets diffusé en octobre 1999, 33 projets ont été présentés par 40 établissements et examinés par un jury mixte composé de cinq universitaires, anciens présidents d’université ou directeurs d’établissement, et de cinq représentants d’entreprise. Le jury, réuni le 11 mai 2000, a procédé à l’audition des responsables des 16 projets présélectionnés et à la sélection finale de 9 projets, dont quatre projets collectifs associant 11 établissements.
Les moyens consacrés en 2000 à la réalisation de ces projets ont été répartis entre les 16 établissements concernés, soit : 30 emplois de maîtres de conférences, de PRAG et de PAST et 6 millions F.

Un quatrième concours en 2001
Le ministère de l’Education nationale renouvelle, en 2001, l’appel à projets lancé auprès des établissements d’enseignement supérieur pour promouvoir et développer la formation continue universitaire. Ce quatrième concours reprendra les principes des concours précédents.

Le comité de suivi
Parallèlement, la direction de l’enseignement supérieur a mis en place le comité de suivi des projets sélectionnés dans le cadre du premier appel de 1998 en lui confiant la mission d’assurer le suivi de la réalisation des actions engagées, d’examiner les éventuelles difficultés rencontrées, de procéder à l’évaluation des résultats et à la diffusion des innovations. Le comité de suivi a examiné les rapports d’étape des établissements sélectionnés et a rencontré sur le terrain des responsables et acteurs des projets. Le comité de suivi s'est réuni le 29 juin dernier et diffusera un document de synthèse à la rentrée.

La validation diplômante des acquis professionnels dans l’enseignement supérieur

Une priorité qui s’inscrit dans une perspective de formation tout au long de la vie.
Développer l’accès à la validation diplômante des acquis dans les établissements d’enseignement supérieur notamment dans le cadre du décret de 1993, est une priorité du ministère. Cela suppose une structuration et un renforcement du dispositif de validation au sein des universités. Des efforts financiers ont été faits pour soutenir l’action des établissements, d’une part au travers des contrats quadriennaux et d’autre part du concours formation continue. Une impulsion supplémentaire doit être donnée pour inciter les établissements à améliorer leur dispositif et ainsi élargir de façon significative l’accès à la validation des acquis au plus grand nombre, dans une perspective de formation tout au long de la vie. Cette action du ministère s’inscrit dans la nouvelle programmation du Fonds Social Européen et concernera cette année six projets de développement auxquels participent une douzaine d’universités. Ces universités vont se doter d’une structure renforcée impliquant toutes les composantes de l’établissement. L’effort de chacune portera sur : une intensification de la communication interne et externe en direction des publics, la formation des personnels, l’accueil, l’orientation et l’accompagnement, la modularisation des formations, l’élargissement de l’offre de diplômes accessibles par validation, l’individualisation des parcours.
Le recours aux TIC sera largement sollicité, que ce soit pour l’offre de formation individualisée, l’aide à la validation ou l’information et l’orientation.
Les phases suivantes qui coïncideront avec les années 2002 à 2006, seront consacrées à la construction des dispositifs de validation au sein de l’ensemble des autres universités avec l’aide des premières universités qui ont obligation de transfert et de diffusion des résultats, et des bonnes pratiques issues de leur propre expérience. A la fin de la programmation, l’enseignement supérieur devrait avoir mis en place un véritable dispositif structuré et cohérent, lisible et accessible au plus grand nombre. Par cette action volontaire, l’enseignement supérieur anticipe les orientations retenues par le gouvernement sur la validation des acquis de l’expérience pour l’élaboration du projet de loi de modernisation sociale.

La Recherche Universitaire

1. Les principes
Elle s’inscrit dans une démarche générale d’élargissement et d’approfondissement du champs des connaissances et ne peut que viser l’excellence au niveau international. Elle est organisée en équipes (laboratoires) propres à l’université ou commune avec d’autres organismes, en particulier les grands organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA, INRIA …). Sur un même site universitaire, un même laboratoire peut être commun à plusieurs universités.
La recherche universitaire est liée à la formation doctorale : DEA, thèses, habilitation à diriger les recherches. L’université est l’environnement naturel d’émergence de nouvelles équipes de recherche (jeunes équipes), ainsi que de nouvelles thématiques. Elle doit développer la pluridisciplinarité, la recherche technologique (nouvelles équipes de recherche technologiques) et le transfert vers l’industrie. La reconnaissance par l’Etat d’équipes de recherche et de leur financement s’inscrit dans le processus de contractualisation quadriennal et s’appuie sur des évaluations scientifiques.

2. Eléments chiffrés
Les équipes de Recherche
Il existe 3290 équipes de recherche. 1474 sont associées à un organisme ou à des équipes propre à un organisme : 1166 sont associées au CNRS, 36 sont associées à l’INSERM, 16 sont associées à l’INRA et 244 jeunes Equipes : 21 sont des équipes de Recherches Technologiques.
Les personnels
Enseignants-chercheurs : 40 811
Personnel IATOS impliqué en recherche : ~15 000
Chercheurs des grands organismes (EPST): 17 516
Personnels ITA des grands organismes (EPST): 26 793
Le budget
Le budget total de la recherche universitaire est de 5 milliards de francs (hors salaires) et de 23 milliards de francs avec salaires.
Le budget de fonctionnement et d’équipement de la recherche universitaire est de 1,7 milliards de francs.
Le budget total de la recherche des organismes (EPST) est de 22,4 milliards de francs (y compris les salaires ).
Les formations doctorales
Les écoles doctorales sont un élément essentiel du dispositif destiné à rendre l'enseignement supérieur français plus lisible, plus visible et donc plus attirant pour les étudiants tant en France qu’à l’étranger. Elles ont une mission d'ouverture globale sur d'autres disciplines, d'autres mondes, d'autres avenirs. Leur rôle essentiel est : d'offrir un encadrement scientifique de qualité au sein de laboratoires de recherche évalués scientifiquement tous les 4 ans ; d'aider les étudiants à découvrir le monde économique, les sensibiliser aux politiques d'innovation ; d'être un lieu de rencontre entre étudiants et enseignants de différents domaines pour favoriser l'interdisciplinarité ; de populariser les écoles doctorales auprès de l'ensemble des employeurs.
Statistiques
Ecoles Doctorales : 311, Etudiants inscrits en thèse :16 000, Doctorats délivrés annuellement : 10 500, Allocations de recherche distribuées annuellement : 3900, DEA : 1380, Etudiants inscrits en DEA : 39 000, Etudiants diplômés de DEA : 10 234.
Budget annuel des formations doctorales (incluant les bourses) : 230 MF

3. Les évolutions au cours de l’année 2000
Après la campagne de contractualisation de cette année qui a porté sur les établissements d’enseignement supérieur de 12 académies et des 5 écoles françaises à l’étranger, on constate une forte progression de la coopération avec les organismes de recherche :
- avec le CNRS, la coopération est plus ancienne et 231 unités mixtes ont été labellisées
- avec l’INSERM, 36 unités mixtes nouvelles ont été créées
- avec l’INRA, 16 unités mixtes nouvelles ont été créées
- avec l’IRD, 3 unités mixtes nouvelles ont été créées
- avec l’INRETS, 2 unités mixtes nouvelles ont été créées
Le développement de la recherche technologique
La création de 12 équipes de recherche technologiques qui s’ajoutent aux 9 de l’année dernière. La labellisation de 45 jeunes équipes. La généralisation des écoles doctorales va améliorer le service global offert à l’étudiant de 3ème cycle.

La mobilité des étudiants

Les programmes européens pour la mobilité, ainsi que les déclarations de la Sorbonne (1998) et celles de Bologne (1999), signées aujourd’hui par 29 pays européens, constituent entre autres les outils du “ plan d’action pour la mobilité ”. Ils ont pour ambition de contribuer d’une part, à la construction de “ l’espace européen de l’enseignement supérieur ” et d’autre part, de participer au développement de la citoyenneté européenne.
Aujourd’hui plus de 17 000 étudiants français partent étudier chaque année, pendant un ou deux semestres dans des pays partenaires européens (une trentaine environ). Le ministère de l’Education nationale, les collectivités territoriales et les établissements d’enseignement supérieur participent à des programmes d’aide aux étudiants dans le but d’augmenter la mobilité et de favoriser l’acquisition d’une conscience de citoyenneté européenne.
Environ 300 établissements d’enseignement supérieur français s’associent aux activités européennes et internationales par le biais des contrats quadriennaux qui mettent la mobilité au cœur de leurs préoccupations. Des moyens leur sont attribués pour développer les axes suivants :
- une véritable stratégie internationale dans le cadre de leur autonomie la reconnaissance des périodes d’études effectuées dans un autre pays (programme d’études intégrées)
- l’application d’un système (points/crédits) de reconnaissance des acquis
- la création de systèmes d’auto-évaluation de la qualité dans une perspective de critères et de méthodologies comparables
- la préparation linguistique pour les étudiants non spécialistes
- la création de nouveaux curriculum vitae à dimension européenne
- de nouveaux dispositifs pour la création de double-diplômes et de co-tutelle de thèses
- la généralisation d’utilisation de nouvelles technologies de l’information et de la communication pour la mobilité virtuelle.

L’harmonisation européenne des diplômes - le 3, 5, 8

Par leurs déclarations de la Sorbonne (25 mai 1998) et de Bologne (juin 1999), les ministres européens de l’éducation ont décidé de construire l’espace européen de l’enseignement supérieur en adoptant notamment une architecture commune de référence pour les formations et les diplômes : “ l’harmonisation européenne ”. Il s’agit ainsi, dans le respect des identités de chacun, d’améliorer la lisibilité des diplômes, de faciliter la mobilité et de favoriser l’insertion dans l’emploi, sans pour autant uniformiser les contenus ni les durées des dispositifs de formation. Cette architecture commune est fondée essentiellement sur deux cursus : le cursus pré-licence et le cursus post-licence. Le premier cursus, d’une durée moyenne de trois ans, comprend également des formations et des diplômes à vocation professionnelle, adaptés au marché de l’emploi, le second cursus doit conduire au mastaire et au doctorat à l’instar des autres pays européens.

La licence professionnelle

S’agissant du cursus pré-licence, “ les étudiants doivent se voir offrir des programmes suffisamment diversifiés, comprenant notamment la possibilité de suivre des études pluridisciplinaires, d’acquérir une compétence en langues vivantes et d’utiliser les nouvelles technologies de l’information ” (Sorbonne) ; les diplômes délivrés au terme de ce premier cursus doivent correspondre “ à un niveau de qualification approprié pour l’insertion sur le monde du travail européen ” (Bologne). La création du nouveau diplôme de licence professionnelle en France répond aux objectifs, définis en commun au niveau européen. La mise en place des premières licences professionnelles à la rentrée 2000 permet donc à notre pays de remplir pleinement les engagements pris, au moment où à la France assure la présidence de l’Union européenne. Ces diplômes seront implantés dans toutes les académies, et dans de nombreuses branches professionnelles. Le développement de ce diplôme est conçu sur un plan de trois ans, la prochaine campagne d’habilitation (2éme année) vient d’être lancée et devrait voir une deuxième “ vague ” de licences mises en place à la rentrée 2001.

Le Mastaire

Dans le droit fil des orientations définies lors de la commission faite en Conseil des ministres le 7 juillet 1999, le décret créant le grade de mastaire a été publié le 2 septembre 1999, accompagné d’un rapport de présentation qui souligne l’importance de l’enjeu (décret n°99747 du 30 août 1999). Le grade de mastaire est conféré à tout titulaire d’un diplôme faisant l’objet à bac + 5 d’une habilitation par l’Etat (DESS, titre d’ingénieur diplômé, DEA) ou de titres ou diplômes, de niveau analogue figurant sur une liste fixée par arrêté. Le grade de mastaire peut être conféré y compris lorsque les diplômes précités ont été obtenus par validation d’études, d’acquis professionnels ou personnels et de périodes d’études ou de stages dans un pays européen. La création du grade de mastaire concerne l’ensemble de l’enseignement supérieur français — universités et écoles — quel que soit le ministère de tutelle des établissements ou formations. Ainsi, pour la première fois, une même référence est offerte aux universités et aux grandes écoles ce qui, tout en préservant l’identité de chacune des composantes du système français d’enseignement supérieur, accroît sa lisibilité, favorise le développement des coopérations entre universités et écoles, ouvre de nouvelles perspectives de mobilité et d’insertion aux étudiants français et accroît pour les étudiants étrangers l’attractivité de nos établissements, de nos formations et de nos diplômes.
La délivrance du grade de mastaire connaît dès aujourd’hui sa première application, avec la publication le 7 septembre 2000, d’une circulaire relative aux titulaires d’un DEA ou d’un DESS. La publication prochaine de la circulaire relative aux titulaires d’un titre d’ingénieur diplômé en permettra l’extension rapide. Par ailleurs, les conclusions de la mission interministérielle présidée par le professeur Jean-Pierre Helfer, sur les diplômes délivrés par les écoles de commerce et de gestion  permettront prochainement d’établir sous l’autorité des ministères concernés, la liste des diplômes de commerce et de gestion portant attribution du grade de mastaire à leurs titulaires. L’attribution du grade de mastaire aux titulaires de diplômes d’origines diverses confirme aujourd’hui, s’il en était besoin, la réalité du niveau bac + 5 et son identification pour l’ensemble des partenaires. Elle met en évidence la nécessité d’appréhender et de reconnaître ainsi de nouveaux cursus répondant à de nouveaux métiers ou à des besoins non identifiés à ce jour. Elle est un facteur d’évolution et de construction permanente de notre système d’enseignement supérieur.

Le certificat de compétences en langues pour l’enseignement supérieur (CLES)

Le CLES a été créé par arrêté du 22 mai 2000 (J.O. du 15 juin 2000). Il a pour objet de favoriser la maîtrise des langues. Il est mis en place dès cette rentrée universitaire, à titre expérimental. Ce certificat valide les compétences en langues acquises par les étudiants à chacun des cycles du cursus universitaire en formation initiale. Il se divise en trois niveaux définis. Le premier niveau va au-delà du niveau de langue 1 du baccalauréat et se cale sur celui des enseignements de langue prévus dans la réglementation du DEUG. Les trois niveaux comportent des épreuves écrites et orales. La préparation au CLES niveau 1, relève du volontariat de la part des établissements d’enseignement supérieur. Les niveaux 2 et 3 sont organisés dès la rentrée 2000 sur cinq sites par des établissements reconnus pour leur expérience en matière de langue de communication et de coopération interuniversitaire : Aix-Marseille, Bordeaux, Rennes, Strasbourg et Paris.
La préparation aux épreuves du CLES est organisée de manière coordonnée entre les établissements d’un même site. Les étudiants s’inscrivent à l’examen dès lors qu’ils estiment avoir atteint le niveau requis par celui-ci, sans obligation de suivre les enseignements offerts par les universités, essentiellement dans le cadre de l’auto-formation guidée. Une commission de suivi du CLES est chargée de la mise en place du certificat dans les sites choisis, de son organisation pédagogique au plan national (constitution d’une banque de sujets en particulier) et de la coordination des actions entre les 5 sites.

Les universités européennes d'été

Le programme des Universités Européennes d'Eté 2000 a été conçu comme un des outils du "Plan d'Action pour la Mobilité" - PAM-, qui a l'ambition de contribuer à créer les conditions d'une véritable culture européenne en favorisant la création d’une citoyenneté européenne et d'une société de la connaissance.
La préfiguration de l'été 2000 a regroupé, sur 12 sites, plus de 850 étudiants (dont 53 % proviennent de différents pays européens) et a mobilisé plus de 165 enseignants-chercheurs dont 30 % proviennent d'autres pays européens. Une centaine d'établissements d'enseignement supérieur de l'espace européen ou de pays en pré-adhésion se sont associés.
Le label du ministère vise à organiser la lisibilité et consacre des initiatives de très grande qualité offrant une diversité d'organisation et de thèmes Les UEE "labellisées" par le ministère, proposent une forme de mobilité plus flexible, plus conviviale et apportent un complément utile aux multiples dispositifs des programmes européens existants. Réunissant dans un cadre universitaire des étudiants avancés et des enseignants-chercheurs de plusieurs pays européens, elles combinent des activités de formation, des animations culturelles et des activités de découverte du patrimoine de la région où elles se tiennent. L'indispensable présence de ces trois volets crée ainsi les conditions d'une véritable approche de la culture du pays d'accueil.
Le financement de ces opérations trouve sa source dans un partenariat de l'état, des collectivités territoriales et des établissements. L'engagement conséquent de l'Etat (1 MF) pour l'opération été 2000, sera poursuivi et conçu comme un facteur d'impulsion. L'édition 2000 est la préfiguration d'un plan de plus grande ampleur, avec comme objectif, à échéance de 5 ans, de voir dans toute l'Europe s'ouvrir 500 universités d’été.
Dès l'été 2001, en France, l'objectif d'une centaine de sessions est envisagé, qui devraient faire émerger le meilleur des potentiels des établissements et susciter, en miroir, l'organisation de sessions similaires dans les pays partenaires.

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