Introduction - L'amélioration
des conditions matérielles de la rentrée - L'accélération
du renouveau de l'enseignement supérieur - L'ouverture des universités
Introduction
Je ne peux commencer cette conférence de presse
sans d'abord évoquer devant vous les événements dramatiques qui sont
survenus à Toulouse, sans exprimer toute ma sympathie pour tous ceux
et toutes celles qui ont été touchés parfois cruellement par cet accident
aux conséquences multiples.
Puisque je suis ici pour parler de l'enseignement supérieur, je voudrais
féliciter les responsables des établissements pour l'exemple de solidarité
qu'ils ont donné, ceux dont les locaux étaient le moins endommagés ont
accueilli ceux qui étaient sinistrés ; je voudrais aussi remercier la
Rectrice, les présidents et directeurs, leurs équipes, l'ensemble des
personnels enseignants et Iatos pour le travail qu'ils ont accompli
afin d' assurer la rentrée aussi vite que possible.
Je rappelle les propos du Premier Ministre : près de 600 MF de crédits
de l'Etat seront dégagés, hors contrat de plan état région. Le département
chimie de l'INP et le département chimie de l'IUT seront reconstruits.
La rentrée pourra être assurée sur d'autres sites grâce à la solidarité
des autres établissements d'enseignement supérieur. L'IUFM effectuera
sa rentrée en utilisant des locaux provisoires. Tous les étudiants qui
ne peuvent plus occuper les logements des cités universitaires ont été
relogés. Aucun des étudiants qui ont été contraints de se reloger provisoirement
ailleurs n'en subira les conséquences financières. Et les réparations
seront vite faites. L'Université du Mirail, sérieusement touchée elle
aussi, assurera sa rentrée vers le 1er novembre aidée en
cela par des réparations d'urgence et par l'installation de bâtiments
provisoires. Grâce à l'effort de l'Etat, le site du Mirail sera conservé.
150 MF, qui s'ajouteront aux sommes prévues au contrat de plan) seront
consacrés à sa reconstruction et sa restructuration sera accélérée.
Permettez-moi de parler maintenant des conditions matérielles de la
rentrée dans l'enseignement supérieur.
L'amélioration des conditions matérielles de la rentrée
Cette rentrée s'effectue sous le signe de progrès notables.
Un bon budget 2001
Le budget 2001, qui nous permet d'effectuer cette rentrée marquait déjà
de réels progrès.
Les crédits de fonctionnement ont augmenté de 180MF.
Les crédits consacrés aux bibliothèques ont cru de 20MF.
L'encadrement s'améliore à cette rentrée de façon significative sur
le plan des personnels IATOS:
- 1000 emplois ont été créés dont 150 pour les bibliothèques, ce qui
correspond à un doublement du nombre de postes créés en 2000 ;
- une attention particulière a été portée à la qualité de la vie étudiante
par la création de 30 emplois d'infirmières dans les universités et
de 15 assistantes sociales dans les 'uvres universitaires.
L'encadrement s'améliore sur le plan des enseignants et enseignants
chercheurs.
- 600 postes ont été créés
- le taux d'encadrement passe de 19,79 étudiants par enseignant en 1998
à 19,14 étudiants par enseignant à la rentrée 2001.
Pour 2002 : des emplois en augmentation substantielle, et des mesures
en faveur des personnels.
Les créations d'emplois : au total 3 500
En 2002, ce sont 1000 emplois d'enseignants (62 % de plus qu'au PLF
2001) et 1000 emplois non enseignants qui viendront renforcer les équipes
universitaires.
Nos universités retrouvent enfin un taux d'encadrement comparable à
celui qu'elles connaissaient avant l'explosion démographique des années
1980 : les taux prévu pour la rentrée 2002 sont ainsi de 18,95 étudiants
par enseignant (21 en 1997) et de 28,18 pour agent d'encadrement administratif
(31 en 1997).
Elles vont dés lors disposer des moyens nécessaires au développement
des réformes pédagogiques en cours : professionnalisation des cursus,
nouvelles modalités de réorientation, pluridisciplinarité des premiers
cycles.
S'agissant des emplois d'enseignants et enseignants chercheurs :
1000 créations: 600 emplois d'enseignants chercheurs, 100 emplois de
professeurs agrégés, 261 postes d'allocataires temporaires d'enseignement
et de recherche et 39 assistants des disciplines médicales.
S'agissant des emplois d'IATOS (ingénieurs, administratifs, techniciens
ouvriers et de service), l'effort exceptionnel engagé en 2001 se poursuit
: les 1000 emplois créés à la rentrée 2002 (dont 150 emplois
pour les bibliothèques) représentent un effort supérieur à celui engagé
en 2001, qui était lui-même sans équivalent depuis trois ans.
Ces créations permettront d'accompagner la modernisation des établissements,
l'accroissement des surfaces universitaires, notamment dans les bibliothèques,
et d'améliorer la qualité de vie offerte aux étudiants, en particulier
en matière sanitaire et sociale : dans ce domaine, sont créés 26 emplois
d'infirmières dans les universités, et 42 emplois dont 10 emplois d'assistantes
sociales dans le réseau des 'uvres universitaires et scolaires.
La résorption de l'emploi précaire est bien entendu une préoccupation
dans l'enseignement supérieur aussi : ce sont 1 500 emplois budgétaires
nouveaux qui permettront, sur postes gagés, une titularisation impatiemment
attendue par les intéressés
La prise en compte des préoccupations des personnels en matière de
rémunération et d'amélioration de perspectives de carrière.
De nombreuses mesures catégorielles ont pu être inscrites à ce budget,
couvrant de nombreuses catégories de personnels de l'enseignement supérieur.
Je ne citerai que les principales :
Pour les personnels enseignants :
Amélioration du déroulement de carrière des assistants de l'enseignement
supérieur, par la revalorisation de l'indice brut de fin de carrière,
et la transformation de 250 emplois d'assistants en emplois de maîtres
de conférence;
Amélioration du pyramidage du corps des enseignants chercheurs; je vous
rappelle qu'en 2001, une amélioration très significative avait été apportée
au déroulement de la carrière des maîtres de conférence, par la fusion
des deux premières classes de ce corps.
Transfert, au 1er septembre 2002, des crédits dédiés à la
prime de responsabilités pédagogiques et à la prime pour charges administratives
au budget des établissements. Ce transfert s'accompagnera de la mise
en place d'un nouvel encadrement réglementaire. Création d'une indemnité
pour les membres du conseil national des universités.
Les personnels de recherche et de formation voient pour ce qui les
concerne des améliorations significatives se poursuivre dans plusieurs
domaines:
Repyramidage des corps (ingénieurs de recherche, ingénieurs d'études
et agents des services techniques);
Poursuite de la réforme de la filière administrative de recherche et
de formation, par transfert de 750 emplois.
Les autres filières ne sont pas oubliées; nous procèderons ainsi
en particulier à :
L'achèvement du plan d'intégration des corps de la filière ouvrière
et de service; La poursuite de l'effort en faveur de la filière des
bibliothèques (revalorisation de la carrière des personnels de magasinage,
transformation de 130 emplois d'assistants de bibliothèques en emplois
de bibliothécaires adjoints spécialisés) La revalorisation du régime
indemnitaire des personnels ouvriers des 'uvres universitaires et scolaires.
Année 2002 : une augmentation sans précédent des crédits de fonctionnement
alloués à l'Enseignement supérieur
Il s'agit là d'une des mesures majeures prises dans le cadre de ce
budget. J'en ai fait une priorité, la situation des universités
l'exigeait: les études comparatives que nous avons menées, mais aussi
tout simplement la situation concrète vécue par de nombreuses universités,
nous l'indiquaient clairement : il y a urgence dans bien des cas,
en particulier dans beaucoup d'universités littéraires, chroniquement
sous-dotées depuis trop longtemps. La politique immobilière dynamique
que nous menons, les efforts continus de création d'emplois, la diversification
des filières en cours ne prennent réellement leur sens et leur efficacité
que si les universités disposent des moyens matériels adéquats.
C'est donc une mesure nouvelle sans précédent qui est inscrite à
ce budget : 83,89 millions d'euros, (550 MF) soit une hausse de 7,8
% (quatre fois la hausse du budget de l'Etat), 550 MF dont plus de la
moitié concernera les universités.
Ceci permettra d'améliorer la situation de nombre d'universités et en
particulier de toutes celles qui comportent une forte composante
de lettres et sciences humaines, secteur moins bien traité jusqu'ici.
Ainsi la France va de l'avant dans son soutien à son enseignement supérieur:
la part de son produit intérieur brut qu'elle consacre à l'enseignement
supérieur est d'ores et déjà plus élevée que celle de l'Italie, du Royaume
uni, de l'Espagne, de l'Allemagne et du Japon.
Le poids des questions immobilières dans la vie des universités ne fait
que croître. La prise en compte des problèmes de sécurité, de maintenance,
d'amortissement des investissements, ne doivent plus être le fait exclusif
de l'administration centrale. Les présidents d'établissement ont non
seulement leur mot à dire, mais à exercer leur responsabilité. C'est
pourquoi j'ai décidé de réaliser une expérience de dévolution de la
responsabilité de la maintenance immobilière à certains établissements.
2,13 millions d'euros (14 MF) lui seront affectés.
Nous poursuivons également nos efforts dans le domaine des relations
internationales : 2,4 millions d'euros (15,74 MF) permettront en particulier
de poursuivre et développer le programme des universités européennes
d'été, qui rencontre un succès dont je me félicite.
Les musées, l'institut national d'histoire de l'art, l'institut national
de recherche pédagogique, le conservatoire national des arts et métiers
ne sont pas oubliés : ils bénéficient au total de 4,7 millions d'euros
(30 MF).
L'accélération des investissements immobiliers : des engagements
en hausse de 18,5 %: une accélération des constructions, réhabilitations
et mises en sécurité.
Constructions et réhabilitations
Le montant total des crédits d'investissement inscrits au PLF 2002 au
bénéfice de l'enseignement supérieur s'élève ainsi à 904,5 millions
d'euros (5.932,9 MF) en autorisations de programme, et 723,4 millions
d'euros (4.745 MF) en crédits de paiement. Si le volume des crédits
de paiement a été recalibré pour tenir compte du rythme effectif d'avancement
des travaux, le montant des autorisations de programme, qui est significatif
des nouveaux engagements pris par l'Etat, augmente de façon considérable.
C'est un total de 1166,37 millions d'euros (7.650, 89 MF) d'opérations
nouvelles qui pourront être lancées en 2002, soit une progression de
18,5 % par rapport à 2001.
L'année 2002 sera celle d'un effort tout particulier pour l'accélération
de la mise en 'uvre des contrats de plan Etat-Régions, notamment
en région parisienne. De grosses opérations, tant en Ile de France qu'en
province, vont entrer en phase de réalisation : implantation de Paris
VII sur la ZAC Paris rive gauche, restructuration du centre Assas, réhabilitation
ou construction à Paris 1, Paris 12, dans les universités d'Aix-Marseille,
de Tours, de Strasbourg pour ne citer que celles-là. Ce sont 363,65
millions d'euros (2 385 MF) d'autorisations de programmes qui seront
ouverts, soit 16 % de plus que le montant initialement prévu, correspondant
à 1/7 du montant du contrat de plan.
Mises en sécurité
J'ai décidé d'accélérer le processus de mise en sécurité des bâtiments
universitaires. Dans ce domaine une décision capitale a été prise.
J'ai obtenu l'ouverture, dès la loi de finance rectificative 2001 (ces
crédits n'apparaissent donc pas au PLF 2002), de l'intégralité du solde
des autorisations de programme destinées à la mise en 'uvre du plan
de mise en sécurité des établissements, d'enseignement supérieur, soit
263,4 millions d'euros (1 728 MF). Je vous rappelle que le montant total
de ce plan, désormais intégralement financé, s'élève à 2 700 MF.
Nous pourrons donc lancer sans attendre de nombreuses opérations dans
ce domaine, auquel j'attache un très grand degré de priorité.
La montée en puissance de l'effort mené en matière de mise en sécurité
du patrimoine immobilier doit s'accompagner d'une mise à niveau des
crédits de maintenance ; c'est en effet celle-ci qui garantit la
pérennisation des investissements réalisés. Un effort très significatif
sera fait en 2002, puisque les crédits affectés à la maintenance passeront
de 830 MF en 2001 à 914 MF en 2002 ' soit 139,34 millions d'euros (auxquels
il convient d'ajouter les 2,13 millions d'euros évoqués précédemment
et consacrés au lancement de l'expérimentation de la dévolution du patrimoine
à certains établissements).
La réhabilitation du campus de Jussieu, et la libération à cet effet
des locaux de ce site, se poursuivra à un rythme accéléré. Des solutions
ont été trouvées pour l'implantation provisoire ou définitive des occupants
actuels : en 2006 la totalité des étudiants et des chercheurs concernés
aura été relogée.
Se poursuivent aussi les travaux relatifs au Muséum d'histoire naturelle
et au musée du quai Branly : Nous consacrerons au total à ces trois
opérations 71 millions d'euros, soit 466 MF d'autorisations de programmes
et 72,1 millions d'euros, soit 473 MF en crédits de paiement en 2002.
En ce qui concerne les aides aux étudiants, des mesures budgétaires
significatives ont été prises : j'en reparlerai dans un instant. Il
s'agit au total d'un effort exceptionnel qui est à la mesure des ambitions
qui commandent l'action gouvernementale, en matière d'enseignement supérieur
: haute qualité des formations et de la recherche - rayonnement scientifique
et culturel de la France.
Des bibliothèques plus que jamais au service des étudiants :
- Une fréquentation en hausse
Les bibliothèques universitaires se déploient sur 330 sites et représentent
un potentiel de plus de 25 millions d'ouvrages et de plus de 150000
périodiques vivants. Aujourd'hui 72% des étudiants sont inscrits dans
la bibliothèque de leur université, contre 56% il y a dix ans. La fréquentation
et l'usage sont plus intensifs: chaque inscrit vient 46 fois par an
à la bibliothèque contre 34 fois en 1990 et emprunte à domicile 10,6
ouvrages par an contre 7,9 en 1990.
- 56 heures d'ouverture hebdomadaire en moyenne
De façon volontariste, j'ai décidé d'attribuer les emplois de bibliothèques
aux universités qui acceptaient d'élargir les horaires d'ouverture.
Ces horaires d'ouverture sont passés de 40 heures par semaine en moyenne
à 56 heures à la rentrée 2001. 16 sites ouvrent en nocturne (au delà
de 8 heures du soir).
- 37000 m² supplémentaires en 2001, 25000 en 2002
De 1992 à 2001, 350000 m² supplémentaires de bibliothèques ont été
mis en service dont 37000 en 2001. Le plan U3M prévoit pour la période
2000-2006 580 M d'Euros (3,8 Mds de Francs) pour les bibliothèques.
25000 m² supplémentaires ouvriront dès 2002. Désormais, 35% des collections
sont en accès direct, contre 20% il y a dix ans.
- 148 emplois supplémentaires de bibliothèques
Les bibliothèques universitaires emploient 5200 agents, dont 1750 sur
des postes créés entre 1990 et 2001. 148 postes sont créés en 2002.
Le projet de loi de finances prévoit également 130 transformations d'emplois
d'assistants des bibliothèques en bibliothécaires adjoints spécialisés
et une amélioration de la carrière des assistants des bibliothèques.
- 6 Millions d'Euros supplémentaires
Les subventions pour la documentation augmentent de 7% en 2002 (+
6 Millions d'Euros, soit 39,4 MF), ce qui permettra aux bibliothèques
de poursuivre leurs acquisitions et de faire face aux surcoûts dus au
développement des ressources électroniques. Celles-ci représentent actuellement
environ 15% des achats documentaires et sont appelées à occuper une
place encore plus importante.
- Le catalogue collectif de l'enseignement supérieur : 5M de notices,
12M de localisations
Accessible sur Internet (http://www.sudoc.abes.fr/), le catalogue
de l'enseignement supérieur contient plus de 5 millions de notices et
12 millions de localisations.
L'augmentation du budget de la recherche
Le Ministre de la Recherche accompagne cet effort exceptionnel de développement
de l'enseignement supérieur: le budget de la recherche universitaire
, passé en 2001 de 1 milliard 857 millions à un peu plus de 2 milliards,
atteindra 2 milliards 167 millions en 2002. Le nombre d'allocations
de recherche augmentera de cent pour atteindre le nombre de 4000 attributions
et leur montant est réévalué de 5,5%.
L'accélération
du renouveau de l'enseignement supérieur
Le Renouveau des formations
D'une façon générale j'ai souhaité libérer davantage encore les initiatives,
lancer de nouvelles pistes pour l'innovation ou la rénovation.
Dans un monde qui évolue avec une très grande rapidité, l'Université
doit sans cesse préparer de nouvelles mutations. Elle l'a toujours fait,
parfois au prix de grandes secousses, le plus souvent avec un dynamisme
et un sens de l'avenir qui l'ont fait remarquablement progresser.
On ne peut plus, aujourd'hui regarder l'université avec des lunettes
d' il y a 20 ans - lunettes qu'un trop grand nombre, je le déplore,
garde encore sur le nez -
Je me suis rendu dans de nombreuses universités : j'y ai tenu des réunions
de travail et j'ai pu constater par moi-même à quel point elles étaient
vivantes, imaginatives, modernes, que ce soit dans le domaine de la
formation des plus défavorisés, dans le domaine de la culture, dans
celui de la formation et de la recherche de haut niveau, dans celui
de travail effectué en commun avec des entreprises, dans celui des relations
internationales, dans celui de la modernisation de la pédagogie.
Et si chacune d'elles n'excelle pas forcément sur tous les plans, il
n'en est aucune qui n'ait au moins une réussite remarquable à mettre
à son actif.
Je me dois donc d'aider à ces évolutions, de favoriser l'extension des
initiatives prises ici où là, de faciliter et d'impulser toutes les
actions porteuses d'avenir. Parmi les évolutions nécessaires, il
en est une qu'il m'a semblé indispensable d'accélérer : celle qui ouvre
nos disciplines, nos formations, pour éviter les risques d'une hyperspécialisation
excessive.
Nous devons en effet désormais former des étudiants qui soient des spécialistes
certes mais des spécialistes cultivés; nous devons proposer à des scientifiques
ou de futurs médecins des champs de réflexion plus diversifiés que ceux
qu'impliquent leurs savoirs théoriques ou techniques, ouvrir les littéraires
à la diversité des sciences humaines et pourquoi pas à la culture scientifique
et technique.
C'est dans cette perspective que je me suis attaché à suivre de près
l'évolution de certains enseignements, comme celui de l'économie ou
de la médecine, que j'ai souhaité ouvrir les possibilités de formations
pluridisciplinaires, que j'ai tenu à proposer, grâce au système de crédits
l'organisation de parcours diversifiés, que j'ai voulu développer une
professionnalisation qui prend ses racines dans les savoirs, les méthodes
et la culture spécifiquement universitaires.
La prise en compte de débats
pédagogiques importants
Dès mon arrivée, se sont posés à moi trois problèmes pédagogiques majeurs
:
l'enseignement des sciences économiques était
contesté
les deug scientifiques n'attiraient plus assez
de bacheliers
les études de santé faisaient l'objet de griefs
multiples.
J'ai donc dans ces trois cas lancé des études approfondies : j'en tire
aujourd'hui les conclusions :
Les sciences économiques :
La liberté académique rend délicate l'intervention d'un ministre dans
la détermination du contenu d'une discipline. Mais un débat a été lancé
dans les média. De façon volontariste, j'ai décidé de l'ouvrir officiellement..
J'ai demandé à Jean-Paul Fitoussi de mener une réflexion à ce sujet
et de me remettre un rapport : ce qu'il vient de faire. Ses conclusions
concernent à la fois le contenu même de la discipline ' question qu'il
ne m'appartient nullement de trancher '
et l'organisation pédagogique des études. De ce dernier point de vue,
les recommandations faites par Jean-Paul Fitoussi rejoignent certaines
de mes préoccupations fondamentales :
- Faire en sorte que la compréhension des étudiants soit favorisée par
la conscience des enjeux des savoirs qui leurs sont transmis. - Améliorer
leur capacité autonome de réflexion par la connaissance des débats qui
traversent leur discipline.
- Leur donner, dès le premier cycle, accès à une culture générale plus
solide, qui ne soit pas faite seulement de spécialités juxtaposées.
- J' invite la commission pédagogie de la CPU, les responsables des
formations en sciences économiques, la communauté universitaire à se
saisir de ce rapport et à en tirer, chacun à sa manière, les conclusions
utiles pour faire progresser l'enseignement de cette discipline, dans
nos institutions d'enseignement supérieur
Les deug scientifiques :
Le problème qui concernait les filières scientifiques était d'une
autre nature : une relative désaffection pour les études scientifiques
longues touchait - en France comme en Europe et aux Etats-Unis - les
jeunes bacheliers. C'est pourquoi a été enclenché un mouvement de rénovation
des Deug scientifiques, qui a concerné au départ, six universités (Bordeaux
1, Grenoble 1, Lille 1, Montpellier 2 et Paris 11) : les méthodes pédagogiques
ont été améliorées, grâce à une prise en compte de l'hétérogénéité des
étudiants, grâce aussi au recours de nouvelles pratiques pédagogiques.
Aujourd'hui toutes les universités scientifiques sont concernées.
Ce dispositif a donné des résultats très positifs :
C'est ainsi que depuis 1998, pour ne prendre que 3 exemples, le taux
de réussite aux différentes mentions du Deug sciences et technologies
de Bordeaux 1 et le taux de réussite au Deug mention sciences de la
matière de Grenoble 1 et de Lille 1 se sont tous accrus de 15 à 20%.
Ce mouvement de rénovation s'est accompagné d'opérations de sensibilisation
des élèves non encore bacheliers : des universitaires se sont rendus
dans des lycées et à l'inverse des lycéens sont allés à l'Université
assister et participer à des travaux pratiques.
Enfin la mise en place dans chaque académie d'un schéma de formation
post baccalauréat contribue à améliorer nettement l'orientation des
étudiants dans les différentes formations qui leur sont offertes. Dans
le cadre de la mise en 'uvre de ces schémas, nous faisons du développement
des deug scentifiques une priorité nationale. J'ai demandé à l'Agence
de modernisation des Universités d'organiser en novembre un séminaire
public qui rendra compte de ces diverses réussites et qui pourra inspirer
d'autres initiatives. Et l'Université Lille 1 a accepté de mettre sur
pied à la fin du mois de février, avec le concours de la Direction de
la programmation et du développement, un colloque permettant d'examiner
les raisons qui limitent l'attrait des jeunes pour les études scientifiques
universitaires longues.
Le problème dépasse largement le niveau de nos deug : il concerne aussi
l'enseignement des sciences au collège, au lycée; il concerne aussi
les universités d'autres pays. J'ai donc demandé à Monsieur Maurice
Porchet, professeur de biologie à l'Université de Lille I, de se charger
d'une mission d'information sur la nature des problèmes que rencontrent
ses collègues étrangers,, de réalisation d'une synthèses des études
menées sur ce sujet et d'une synthèse des actions entreprises, de contact
avec les acteurs concernés de l'enseignement scolaire, de mise en cohérence
de toutes les initiatives lancées. Je lui demande des propositions d'action
rapides qui viendront compléter les mesures que nous avons déjà prises.
La réforme des études médicales
:
Vous le savez, nous sommes aujourd'hui très engagés dans la réforme
du deuxième cycle des études médicales :
refonte du programme qui, c'est très important,
devient celui de l'internat ;
définition d'objectifs pédagogiques précis
par la commission pédagogique nationale des études de médecine qui a
fait là un énorme travail consensuel avec la profession ;
mise en place de nouvelles procédures d'évaluation
pendant ce deuxième cycle et de nouvelles épreuves pour le nouveau concours
d'internat de 2004 qui permettra l'accès à toutes les spécialités, médecine
générale comprise.
Reste à réformer le premier cycle d'une façon toute aussi ambitieuse.
Au départ, un double constat s'impose :
les études de pharmacie, médecine, odontologie,
longues et convoitées sont durement sanctionnées par l'échec à la fin
de la première année. Des étudiants de bonne qualité sont éliminés "reçus-collés"
après avoir beaucoup travaillé pendant deux ans et désorientés en ressentent
l'injustice.
par ailleurs, d'autres étudiants s'engagent
ici et là dans des formations à d'autres professions de santé. Et, alors
même qu'ils travailleront un jour avec leurs camarades de médecine pour
le bien des malades et de la santé publique, ils en restent anormalement
éloignés.
Aussi, après m'être concerté avec Dominique Gillot puis Bernard Kouchner,
j'ai décidé d'ouvrir le chantier de cette réforme de fond dont le
pivot sera la première année des études de santé.
Cette première année devra permettre à tous ces jeunes, futurs chirurgiens-dentistes,
futurs kinésithérapeutes, futurs sages-femmes, futurs médecins, etc'
de partager une formation et une culture commune à l'ensemble des professions
de santé. Cette première année devra aussi éclairer le choix des étudiants,
leur donner plusieurs chances, leur ouvrir des possibilités de changer
d'orientation par l'organisation de passerelles interdisciplinaires
au cours de leur cursus.
L'organisation de cette première année en modules et en crédits permettra
le choix de parcours diversifiés dont chacun donnera lieu à la nécessaire
sélection imposée par la démographie de chacune des professions.
Le développement de la culture générale :
J'ai tenu à ce que les formations soient plus ouvertes, à ce que les
étudiants puissent s'enrichir des apports conjugués de plusieurs disciplines
et puissent acquérir une solide culture générale.
Longtemps les débats sur l'Université ont tenté d'articuler trois objectifs,
qui, bizarrement, étaient perçus comme contradictoires : l'acquisition
des savoirs spécialisés, la promotion d'une culture générale et la professionnalisation
des étudiants. Le temps de ces querelles est passé : chacun perçoit
aujourd'hui que ni la spécialisation disciplinaire ni la professionnalisation
ne sont envisageables que sans une bonne culture fondamentale. Dans
un monde où les savoirs changent et se complexifient sans cesse, où
les métiers eux-mêmes sont en constante mutation, celle-ci reste la
garantie inestimable de la capacité s'adapter au réel et de le comprendre.
J'ai donc confié une mission à Alain RENAUT, Directeur de l'UFR de philosophie
de la Sorbonne; cette mission concerne la place de la culture générale
dans la formation supérieure. Je lui demande de dresser un état des
lieux de la situation en France comme à l'étranger toutes disciplines
confondues. Je lui demande également de faire des propositions précises
pour améliorer la formation générale, notamment dans les premiers cycles
universitaires. C'est un travail considérable dont j'ai souhaité qu'il
soit marqué par deux étapes :
' 1er février 2002 : remise
d'un rapport préliminaire sur l'état des lieux en France et sur les
hypothèses qui animent la mission.
' 1er février 2003 : remise
d'un rapport définitif consacré 1) à un bilan de la confrontation avec
les orientations mises en 'uvre dans les systèmes d'enseignement supérieur
existant à l'étranger ; 2) à la définition d'un certain nombre de propositions
destinées à améliorer l'équilibre entre les finalités des formations
universitaires.
Le développement de la pluridisciplinarité
et le système des crédits
Les cursus pluridisciplinaires
Dans le même esprit, j'ai pris la décision de permettre le développement
de la pluridisciplinarité. Celui-ci est de plus en plus ressenti comme
une nécessité dans le domaine de la formation comme elle l'est déjà
dans le domaine de la recherche. Quelques universités ont déjà mis au
point des deug expérimentaux : deug lettres-anglais et lettres-histoire
de l'art créés à Lyon 2, sociologie-histoire-géographie à Limoges, droit-économie
ou droit-histoire de l'art à Paris 1, et à cette rentrée, lettres-histoire-espagnol
à Montpellier, allemand-histoire à Paris 3 et Paris 7. Ce mouvement
doit s'accélérer.
Commencent aussi à se multiplier des licences
bidisciplinaires ou pluridisciplinaires. Ces différentes voies de formation
permettent à des publics variés d'accéder en fonction de leurs centres
d'intérêt et de leurs projets aux diplômes qui permettent l'accès aux
concours de la fonction publique, en particulier à ceux de l'enseignement.
La pluridisciplinarité a d'une façon générale l'avantage de favoriser
les orientations progressives et les réorientations, de donner un cadre
commode pour la professionnalisation des formations, de préparer à de
futures recherches qui se situent au croisement de plusieurs disciplines.
Dans un autre domaine, des filières qui associent une formation dans
certaines disciplines et un apprentissage intensif de langues étrangères
peuvent favoriser l'accès de diplômés à des emplois internationaux.
Le système des crédits : un chantier qui
se poursuit
Pour faciliter la mise en place de cette pluridisciplinarité, de cette
diversification des formations, j'ai proposé au CNESER du 23 avril dernier,
la généralisation du système des crédits qui doit par ailleurs favoriser
la mobilité européenne des étudiants. Des écoles d'ingénieurs des universités
ont adopté, depuis un certain temps déjà, le système des crédits ECTS.
J'ai décidé :
- la généralisation de ce système à toutes les filières
- l'utilisation de ce système à des fins de rénovation ; il s'agissait
de favoriser la créativité, la faculté d'initiative des équipes pédagogiques
qui souhaitent concevoir de nouveaux types de parcours, en se libérant
si elles le souhaitaient des contraintes des cursus tubulaires qu'impliquent
les textes de 1997. Il s'agissait en particulier de favoriser les parcours
pluridisciplinaires.
- il n'y a aucune pause dans ce domaine. J'ai souhaité laisser le temps
de la concertation, et j'ai voulu que les universités affinent leurs
divers projets. Maintenons les filières monodisciplinaires. Mais laissons
en même temps les équipes pédagogiques innover en fonction des besoins
de leurs étudiants. Il faut que les étudiants des universités puissent
bénéficier des apports culturels, intellectuels qu'offrent des cursus
pluridisciplinaires tout comme, depuis longtemps, leurs camarades des
formations professionnalisées. Il faut qu'ils puissent avoir la possibilité
de suivre de tels types de cursus favorables à une orientation progressive,
utiles à la préparation de certains métiers, indispensables à l'efficacité
de certaines recherches.
Naturellement, je le répète, les propositions faites seront expertisées
puis soumises au CNESER. Mais d'ici là, en tenant compte des demandes
exprimées, je proposerai après les dernières concertations un texte-cadre
qui ira dans le sens de l'ouverture : un texte facilitateur qui garantira
en même temps le caractère national des diplômes.
Une professionnalisation accentuée
Les Universités, et ceci n'est pas encore assez connu, ont souhaité
donner aux étudiants des outils et des formations facilitant davantage
encore leur insertion professionnelle.
Les certificats de langues et d'informatique
Nos étudiants, qui ont passé au collège et au lycée leur temps à
apprendre des langues vivantes n'en font plus guère quand ils arrivent
à l'Université. Dans le souci d'aider les jeunes étudiants dans leur
insertion professionnelle, nous avons décidé la création d'un certificat
de langues de l'enseignement supérieur (le CLES), certificat destiné
à attester du niveau atteint par chaque étudiant en une langue étrangère.
Ce certificat tout neuf est en place au niveau 1 dans 40 établissements.
Ces décisions s'inscrivent dans une dynamique que j'ai voulu lancer
à l'école, au collège, au lycée. Dans le même esprit, j'ai demandé que
soit créé un certificat en informatique, qui attestera des compétences
minimales acquises par tout étudiant dans le domaine de la bureautique
et de l'usage de logiciels. Ce dispositif sera prêt pour la rentrée
prochaine. Il sera conçu dans le même esprit, mutatis mutandis, que
le brevet informatique dont j'ai décidé la création au collège. Ces
certificats pourront être acquis à tout moment de la scolarité. A
terme tout étudiant diplômé à bac + 5 devra être titulaire de ces deux
certificats qui attesteront de compétences de base indispensables dans
notre monde du XXIè siècle.
Les DESS: un réel succès
Ces diplômes constituent, chacun le reconnaît,
une grande réussite de l'université qui prépare ainsi au monde du travail
des diplômés à bac + 5 dotés d'une solide formation théorique, d'une
excellente culture générale et d'aptitudes acquises au contact des professions
et des professionnels. A cette rentrée ont été créés 249 nouveaux DESS
souvent adaptés à l'émergence de nouveaux métiers dans des créneaux
socio-économiques sensibles : dans le champ des technologies d'information
et de communication, dans celui de la culture, celui des risques et
de l'environnement, etc' Au total 2000 DESS préparent avec efficacité
environ 40 000 étudiants à une insertion professionnelle précise. Mon
objectif est en la matière de mieux organiser cette offre au sein de
grands programmes rassemblant dans une université plusieurs DESS d'un
même secteur, ce qui permettra, tout en préservant la richesse et la
diversité des objectifs professionnels, de former des effectifs plus
nombreux et d'assurer une meilleure lisibilité.
Les écoles doctorales: une création récente et prometteuse
Le dispositif des écoles doctorales entre désormais dans son régime
permanent. Elles rassemblent des équipes de recherche reconnues autour
d'un projet de formation et de recherche commun qui décline la politique
scientifique de l'établissement ou, le cas échéant, des établissements
associés. Chaque école doctorale offre à ses étudiants un encadrement
scientifique et des formations utiles pour la conduite de leur projet
de recherche et à l'élaboration de leur projet professionnel, l'école
devant aussi assurer le suivi de l'insertion de ses étudiants. Ces écoles
doctorales sont un élément essentiel du dispositif destiné à rendre
l'enseignement supérieur français plus lisible. Elles sont aussi un
élément important dans la relation de l'enseignement supérieur avec
les milieux socio-économiques en oeuvrant à faire connaître à l'ensemble
des employeurs ce que peut apporter à leur structure des diplômés ayant
reçu une formation à et par la recherche.
Les licences professionnelles : nombre
presque doublé
195 licences professionnelles ont été créées en 2000 182 ouvrent
en cette rentrée 2001. Ces licences conduisent des étudiants titulaires
du Deug ou du DUT ou du BTS à une insertion professionnelle à bac +
3, grâce à un approfondissement des connaissances et à un stage de longue
durée. Elles concernent une large palette de secteurs professionnels
(production agricole ou industrielle, commerce et gestion ; métiers
de la culture et de l'animation etc.) Cette politique de professionnalisation
répond à ce qui est désormais la double vocation de l'université : assurer
une formation théorique de haut niveau, favoriser l'insertion professionnelle
par un dispositif de contacts avec le secteur économique et par un grand
développement des stages.
La réflexion sur la professionnalisation des parcours se poursuit
:
C'est dans ce contexte que j'ai confié à Madame Blandine KRIEGEL,
professeure de philosophie à Paris X, une mission d'enquête et de réflexion
sur la professionnalisation dans les troisièmes cycles de lettres, sciences
humaines et politiques. Elle a réuni autour d'elle une commission pluridisciplinaire
qui a travaillé dans trois directions :
' Faire un état des lieux (français et international) de la prise en
charge par les universités de la professionnalisation de leurs étudiants
(au niveau du 3e cycle)
' Promouvoir les expériences les plus innovantes en rapport avec les
finalités de la formation universitaire.
' Faire des propositions susceptibles d'améliorer la lisibilité des
diplômes de troisième cycle auprès des étudiants comme auprès du monde
professionnel. Le rapport de la commission Kriegel me sera remis au
début de l'année 2002.
Le renouveau des méthodes pédagogiques
L'entrée massive des nouvelles technologies dans l'enseignement supérieur.
L'Enseignement supérieur français s'est profondément renouvelé en s'engageant
résolument sur la voie de l'utilisation des nouvelles technologies.
J'ai décidé de donner un coup d'accélérateur à cette modernisation indispensable.
Une politique volontariste :
L'égalité des étudiants devant la formation implique que, dans tous
les établissements, ils aient la possibilité d'accéder aux ressources
multimedia. Il s'agissait
de doter les étudiants et les enseignants
d'outils performants
de rendre aisément accessibles aux étudiants
les ressources multimedia et de favoriser la recherche documentaire
sur internet
de proposer de nouvelles méthodes de travail
en groupe ou en tutorat grâce aux messageries électroniques.
J'ai décidé d'afficher cinq priorités :
Accélérer la mise à niveau qualitative et
quantitative des enseignementsinformatiques dans les établissements.
Développer les équipements en libre accès
pour les étudiants. Les disparités sont encore grandes entre les universités,
et le nombre d'étudiants par ordinateur est encore trop élevé.
Améliorer la déserte Renater des établissements.
(en liaison avec le Ministère de la Recherche).
Mettre en place des formations ouvertes et
à distance dans les campus numériques.
Développer des ressources nouvelles multimédias
pour la communauté éducative.
Une réalisation porteuse d'avenir : les campus numériques
Les campus numériques sont des dispositifs de formation en modules,
combinant les ressources multimédias, l'interactivité grâce à l'informatique
et l'encadrement humain.
- Les enjeux :
Assurer la modernisation du service public
d'enseignement supérieur en maintenant son niveau d'excellence et en
développant des partenariats entre universités et à l'international.
Offrir de nouveaux services à la communauté
étudiante.
Permettre à la France de garder sa place dans
un contexte de concurrence internationale accrue en défendant le service
public d'enseignement supérieur.
- De nouvelles possibilités :
Possibilité d'accéder à la formation à distance
et à des rythmes choisis par l'étudiant tout au long de sa vie.
Souplesse et adaptabilité, individualisation
des formations et des relations Etudiant/Professeur.
Accès à de nouvelles ressources.
L'étudiant devient autonome et gère plus facilement
son parcours universitaire.
Bien entendu cette action s'intègre pleinement dans la politique que
j'ai définie pour l'organisation des formations supérieures en crédits
européens. - Une mobilisation importante, une mise en 'uvre rapide :
Les deux appels d'offres lancés par notre
Ministère (conjointement avec le Ministère de la Recherche) en 2000
et 2001 ont connu un succès très important :
86 dossiers déposés en 2000
112 dossiers déposés en 2001 De
nombreux projets sont encore en phase de développement.
Une mise en 'uvre rapide.
Les premiers résultats des appels d'offres ont été rendus en octobre
2000.Moins d'un an plus tard, 10 campus numériques ouvrent en :
économie - gestion je citerai l'exemple du
campus numérique Canège, élaboré par les universités de Paris 9, six
autres universités, le CNED et l'école des hautes études commerciales
de Liège.
Mais aussi en sciences, en droit, en médecine,
en sciences de l'éducation.
Un regroupement de chaînes thématiques des universités : Canal U
Canal U est la "Web télévision" des universités françaises. Elle
diffuse des chaînes thématiques d'information scientifique, techniques,
culturelles et de recherche.
Son offre de programmes se renforce : 5 chaînes sont d'ores et déjà
ouvertes, 3 le seront dans les prochains mois.
Université de tous les savoirs.
Les amphis de la 5ème.
Colloques et conférences
Chaînes des campus numériques.
Entretiens avec des personnalités du monde
scientifique ou culturel.
La villa de l'éducation :en faveur de la recherche et de l'innovation:
Pour favoriser la recherche et l'innovation en matière d'éducation
et de nouvelles technologies, j'ai décidé qu'une résidence européenne
pour le multimédia éducatif sera installée à Grenoble. Elle devra accueillir
ses premiers lauréats dans la première moitié de 2002. J'ai désigné
M. Bernard Cornu, comme chef de projet dans cette opération. Une association
de préfiguration est en cours de constitution pour regrouper services
de l'Etat et collectivités locales.
Améliorations pédagogiques à l'Université :
Notre système d'enseignement supérieur est très performant.
Chacun reconnaît l'efficacité des écoles doctorales, des DESS.
L'année de maîtrise, en particulier en lettres et sciences humaines
constitue une année où les étudiants sont particulièrement pris en charge,
de façon individualisée, et remarquablement formés à un haut niveau
disciplinaire et à des méthodes qui les initient à la recherche.
Nos préparations de licence sont très efficaces.
S'il reste un cursus qui reste à améliorer, c'est celui du Deug en particulier
en première année.
Des efforts nombreux ont déjà été réalisés grâce à des pratiques pédagogiques
adaptées, à une amélioration du suivi des étudiants etc. D'ailleurs,
les taux de réussite en première année de Deug sont, désormais, bien
meilleurs qu'on ne le dit généralement.
Près de 70 % d'étudiants obtiennent le Deug
en 3 ans, et près de 10 % supplémentaires l'obtiennent ensuite. Si l'on
tient compte du fait que les filières de Deug sont les seules à ne pas
être sélectives, on peut affirmer que ces 70 % de succès aux examens
constituent une réussite de l'Université. Cessons d'évoquer les taux
d'échec prétendument considérables des premiers cycles.
Cela dit, nous devons encore progresser: les deug accueillent de plus
en plus un public étudiant nombreux et de nature hétérogène qui se trouve
parfois ou souvent en difficulté. J'ai donc demandé à Monsieur François
Petit, Président de l'Université Grenoble II et Président de la commission
pédagogie de la CPU de mener une réflexion sur les améliorations pédagogiques
à l'Université. Cela correspondait à une demande des étudiants ; cela
répondait aussi au sentiment que j'avais de la nécessité d'une réforme.
Les propositions que Monsieur Petit et les membres de sa commission
me font sont les suivantes :
Une amélioration de la coordination entre
enseignement scolaire et enseignement supérieur, par la nomination de
professeurs agrégés en service partagé (service partagé à parts égales
entre le lycée et l'université) et par un renforcement du rôle d'interface
des commissions académiques créées dans le cadre du schéma post bac
La nomination systématique dans chaque filière
d'un directeur des études de première année, que j'avais souhaitée il
y a un an et dont M. Petit précise les fonctions :
- organisation de l'accueil, de l'information et de l'orientation
- coordination des enseignements et des emplois du temps
- animation de l'équipe pédagogique.
le renforcement du tutorat d'accompagnement
l'amélioration de la relation pédagogique
directe entre l'étudiant et l'enseignant (entre autres par une permanence
hebdomadaire des enseignants)
l'harmonisation et l'extension des horaires
d'ouverture des différents services universitaires
le renforcement du processus d'évaluation
des enseignements
la constitution de véritables équipes pédagogiques,
comportant enseignants, tuteurs et personnels IATOS
l'instauration d'un bilan pédagogique annuel
présenté devant le conseil des études de l'Université
la prise en compte des obligations pédagogiques
dans la valorisation de la carrière des enseignants
la reconnaissance du droit à la formation
initiale et continue des enseignants et du supérieur.
Je voudrais dire tout de suite que je retiens l'ensemble de ces propositions.
Je veux les mettre en 'uvre rapidement au moins au niveau de la première
année.
La première année constitue en effet une année charnière ; l'étudiant
vit une véritable rupture entre lycée et université : il faut que les
universités réduisent cet écart ressenti par des jeunes qui pour une
partie d'entre eux ne possèdent pas tous les codes, tous les points
de repère, toutes les méthodes qui leur permettaient d'être tout de
suite à l'aise à l'Université.
La première année doit faciliter les transitions en même temps qu'elle
doit constituer une première année d'enseignement supérieur.
M. Petit suggère entre autres de réactiver le tutorat d'accompagnement,
d'améliorer l'accueil matériel dans les secrétariats, de renforcer le
processus d'évaluation des enseignements.
Ces dispositifs sont connus. Le fait que la commission animée par M.
Petit ait tenu à en rappeler la nécessité, indique visiblement qu'ils
sont mis en place de manière très diverse et pas toujours, peut-être,
de façon efficace.
Je pense qu'à la vérité, chacun de ces dispositifs, pris séparément,
a une efficacité, mais une efficacité limitée. Pour qu'ils aient
de véritables effets, je suis convaincu qu'ils doivent constituer un
ensemble.
C'est pourquoi j'ai décidé de mettre en place un dispositif de reconnaissance
d'équipes pédagogiques : il s'agirait de reconnaître l'existence
ou de susciter la création de véritables "équipes pédagogiques" associant
enseignants et personnels administratifs.
De même que dans le secteur de la recherche, on reconnaît des "équipes
d'accueil", de même, dans le secteur de la formation, on procèdera,
progressivement, à la reconnaissance d'"équipes pédagogiques".
Ce label serait attribué en fonction des quelques critères : animation
par un directeur des études, organisation d'exercices d'entraînement
préalables aux examens ou généralisation du contrôle continu, horaires
d'ouverture des secrétariats et horaires des cours, dispositif d'évaluation
des enseignements, dispositifs d'aide à l'étudiant (tutorat, cours de
soutien, contrat de formation passé avec les étudiants en difficulté),
permanence hebdomadaire de chaque enseignant.
Il conviendra, contractuellement du moins dans un premier temps, d'apporter
un appui financier aux meilleures pratiques et aux meilleurs projets
en ce domaine.
La participation à une équipe pédagogique reconnue pourra devenir un
élément objectif que l'enseignant pourra faire valoir dans un dossier
de promotion. Ce serait là un premier élément de réponse à un problème
réel, soulevé dans le rapport de M. Petit comme dans celui de M. Espéret.:
comment reconnaître , en termes de carrière l'investissement pédagogique
d'un enseignant ?
Monsieur Petit suggère aux universités de recruter
des prag en service partagé pour les premières années. L'idée me paraît
excellente. Ce dispositif doit permettre de constituer un "pont" entre
lycée et université, d'apporter la double expérience de ces enseignants
aux deux institutions : expliquer aux élèves des lycées ce qu'est concrètement
l'Université; expliquer à l'Université ce qu'était le nouvel étudiant
tr mois plus tôt.
J'ai donc décidé qu'une proportion des postes de prag qui sont créés
cette année accueilleront des prag en service partagé et seront attribués
comme tels à des universités volontaires.
L'ensemble des mesures proposées par le rapport de M. Petit et de celles
que je viens d'indiquer fera l'objet d'un document que je signerai et
qui parviendra aux présidents d'université dans les prochaines semaines.
J'ai demandé à M.Petit et aux membres de sa commission de poursuivre
leur réflexion et, en particulier, de me faire des propositions sur
l'indispensable renforcement de la formation pédagogique des enseignants
et enseignants chercheurs de l'Enseignement supérieur.
Initiatives étudiantes
Rénover la formation, c'est aussi encourager les initiatives étudiantes:
Je souhaite encourager fortement les initiatives étudiantes dans tous
les domaines. L'épanouissement sur le plan associatif, civique et culturel
fait partie intégrante de la formation des étudiants. C'est pourquoi
j'ai demandé qu'une circulaire soit adressée aux recteurs, aux présidents
d'universités et aux directeurs pour prendre plusieurs mesures en
faveur du développement des initiatives étudiantes.
Cette circulaire prévoit :
la création de bureaux de la vie étudiante
qui offriraient aux étudiants aide, accompagnement et soutien à leurs
projets,
un fond de solidarité et de développement
des initiatives étudiantes est créé. Ce fonds, alimenté par une partie
des droits d'inscription, consacrera 70 à 80 % de ses crédits pour l'aide
aux projets. Ceci représente nationalement 60 millions de francs.
Ces engagements devraient être reconnus. Les universités sont encouragées
à mettre en 'uvre:
une validation de ces actions dans le cadre
de la formation,
le volontariat étudiant de solidarité qui
conduit des étudiants à intervenir auprès du public en difficulté sociale
(accompagnement scolaire, prévention santé, parrainage de jeunes en
insertion) sera développé.
A ce propos, je signerai dans les semaines qui viennent une convention
d'une durée de 5 ans avec l'AFEV (Association de la Fondation Etudiante
pour la Ville) qui est à l'initiative de ce volontariat étudiant de
solidarité.
Une convention du même type sera signée avec le réseau Animafac pour
qu'il mette son savoir-faire à la disposition des étudiants porteurs
de projets.
Le renouveau scientifique
La recherche universitaire est un élément essentiel du dispositif national
de recherche, l'un des deux grands pôles de la recherche publique à
côté des grands organismes. Elle est, à l'évidence, très étroitement
associée au dispositif des écoles doctorales qui assurent une formation
de très haut niveau à et par la recherche. La recherche universitaire
est par nature même innovante et réactive. Elle a pour vocation de contribuer
à l'évolution, à la recomposition des champs disciplinaires, à l'émergence
de nouvelles problématiques scientifiques. Elle se caractérise par sa
souplesse, un souci légitime d'interdisciplinarité et une volonté de
structuration favorisant les échanges tant entre disciplines qu'avec
l'ensemble des organismes de recherche et des partenaires extérieurs.
La recherche universitaire doit ainsi favoriser, en acceptant une certaine
prise de risque, toutes les formes d'émergence : émergence des talents,
émergence des idées, émergence de nouveaux champs du savoir aux interfaces
des disciplines.
Une politique de partenariat
C'est ainsi que se poursuit, dans un cadre contractuel qui se renforce,
le développement d'une politique de partenariat entre les universités
et les établissements publics à caractère scientifique et technologique
(EPST). Cela se traduit par un accroissement significatif du nombre
des unités de recherche mixtes. Désormais, le nombre d'unités des recherche
associées avec le CNRS est de plus de 1150, dont 431 ont été renouvelées
ou créées au cours des deux années 2000 et 2001. L'INSERM est entré
de plein pied dans cette politique d'association et 106 unités mixtes
ont été ainsi créées. Cette politique de partenariat se poursuivra avec
vigueur et elle est accompagnée de la volonté tant du côté de l'enseignement
supérieur que des organismes de recherche de favoriser la mobilité des
personnels.
Le développement de structures fédératives
La volonté de faire travailler les enseignants-chercheurs et les équipes
de recherche autour de problématiques scientifiques communes, autour
d'équipements moyens et lourds ou autour d'outils documentaires se traduit
par le développement de structures fédératives.
Ce sont, par exemple, les Instituts Fédératifs de Recherche (IFR). Initialement
créés dans le domaine des sciences du vivant, en liaison notamment avec
le CNRS, l'INSERM et les services hospitaliers pour favoriser la mise
en commun des équipements et des savoir-faire et favoriser les échanges
scientifiques, leur succès pousse à étendre le concept à l'ensemble
des disciplines, y compris dans le domaine des sciences humaines et
sociales. On note la création d'un IFR Matériaux à Nancy, associant
l'université Henri Poincaré et l'institut national polytechnique de
Lorraine. De même dans le domaine de l'environnement apparaissent l'IFR
"Ecologie fondamentale et appliquée", regroupant l'université Paris
6 Pierre et Marie Curie, le CNRS, l'IRD, l'ENS Ulm et le Muséum national
d'histoire naturelle ou encore le "Centre armoricain de recherche en
environnement" qui réunit le CNRS, l'INRA, les universités de Rennes
1 et 2 et l'ENSA de Rennes.
Cette volonté de structuration peut aussi prendre la forme de regroupements
structurels comme des fédérations d'unités au sein d'un même établissement;
ainsi, l'ensemble "littérature et arts du vingtième siècle" à l'université
Paris 3-Sorbonne Nouvelle ou "Les humanités modernes" regroupant, au
sein de la Maison Max Weber à Nanterre, historiens, économiste et spécialistes
des sciences politiques
Ce sont aussi les Maisons des sciences de l'Homme (MSH) qui contribuent
à l'organisation de la recherche dans le domaine des sciences humaines
et sociales et favorisent une approche collective de la recherche, notamment
pour les doctorants. Elles peuvent aussi favoriser les interfaces entre
les disciplines comme le fera, par exemple, la Maison des Sciences de
l'Homme de Paris 'Nord à l'interface art- industries culturelle, d'une
part, et santé ' société, d'autre part.
L'émergence de jeunes équipes
La mission scientifique universitaire (MSU), pilote de la recherche
universitaire, au carrefour du ministère de l'éducation nationale et
du ministère de la recherche, est particulièrement attentive, en liaison
avec les établissements d'enseignement supérieur, à l'émergence de nouvelles
et/ou jeunes équipes travaillant autour de thématiques ou problématiques
nouvelles favorisées par le contexte universitaire, pluridisciplinaire
par définition même. Elle accompagne aussi les efforts de recomposition
au sein de champs disciplinaires en forte évolution, comme par exemple,
pour la physique à l'université Paris 7- Denis Diderot dans la perspective
d'une implantation à Tolbiac
Les champs prioritaires
Enfin, la recherche universitaire contribue, pour sa part, à la mise
en 'uvre des trois champs prioritaires définis par le gouvernement à
l'occasion des Conseils Interministériels sur la Recherche Scientifique
et Technologique (CIRST) de 1998 et 1999. Ces champs prioritaires, sciences
et technologies de l'information et de la communication, sciences de
la vie et sciences et technologies pour l'environnement sont caractérisés
par le fait que de nombreuses disciplines peuvent contribuer à leur
développement. Au delà même des contributions des disciplines individuelles
à ces champs ou problématiques de recherche, le ministère est particulièrement
attentif aux projets de collaboration ou de fédération ainsi qu'à l'accroissement
du potentiel de la recherche publique. C'est notamment le cas pour le
développement de nouvelles disciplines comme la génomique ou la bio-informatique,
ou celui de recherches plus finalisées, par exemple, dans le domaine
de la sécurité alimentaire ou de l'agroalimentaire, '.
L'emploi scientifique
A la veille d'un important renouvellement des emplois dans l'enseignement
supérieur, je serai particulièrement attentif à une gestion de l'emploi
scientifique qui est en partie conditionnée par le suivi des redéploiements
interdisciplinaires (entre groupes du CNU,') et intradisciplinaires
(entre sections au sein d'un groupe du CNU,') . Dans ce contexte, je
sais que l'ensemble des établissement est en effet appelé à mettre en
place des stratégies nécessairement complexes où, avec des poids très
variables, le rattrapage des taux d'encadrement et les redéploiements
doivent être combinés avec le renforcement de quelques pôles scientifiques
.
La valorisation de la recherche
Nous devons poursuivre la mise en 'uvre de la loi innovation et
recherche de juillet 1999.
La valorisation économique et sociale de leurs recherches fait partie
intégrante des missions confiées aux établissements d'enseignement supérieur
et doit figurer parmi leurs axes stratégiques. Un ensemble de textes,
fruits d'une étroite collaboration entre les deux ministères, éducation
nationale et recherche, doit permettre la mise en place des services
d'activités industrielles et commerciales (SAIC) dans les établissements
d'enseignement supérieur. La création des SAIC entre dans ce souci général
d'ouvrir les activités universitaires plus encore sur le monde socio-économique
et notamment sur l'entreprise. Ce dispositif doit permettre aux universités
de mettre en place des structures de promotions de leurs activités industrielles
et commerciales internes, non dotées de la personnalité morale, en exerçant
un contrôle effectif de leurs activités
Un renouveau des politiques d'établissements
1 - Par un renforcement de la politique contractuelle au service
de laquelle seront mis cette année des moyens complémentaires.
2 - Par l'encouragement au renforcement de la structure d'établissement,
l'université devant élaborer une politique cohérente, respectueuse des
diversités, mais refusant que l'université soit la simple addition de
composantes : cas désormais rare mais pas encore disparu de notre paysage
universitaire.
3 - Par le soutien à l'agence de modernisation des universités et des
établissements d'enseignement supérieur. J'entends continuer à soutenir
vigoureusement l'agence de modernisation :depuis cinq ans, elle aide
les établissements à améliorer leur gestion : elle utilise la diffusion
d'outils informatiques comme un levier pour enclencher des démarches
plus fondamentales, comme, par exemple, la mise à plat de l'offre de
formation ou le démarrage d'une politique du patrimoine. L'Agence est
également un lieu où les établissements mettent en commun leurs expériences
et leurs réussites, avec une volonté d'entraide et de mutualisation
: chaque établissement peut avoir accès par exemple, à une présentation
et à une analyse de la politique des emplois d'enseignants-chercheurs
à Nancy 1 ou du suivi des étudiants à Marne la Vallée.
4 - Par le soutien au regroupement des écoles dans le cadre de centres
polytechniques universitaires. Ce mouvement commencé à Nantes, doit
se poursuivre à Marseille, à Lille, ailleurs encore. Ces regroupements
sont indispensables pour des raisons d'efficacité et pour des raisons
de lisibilité internationale.
5 - Par une nouvelle définition des tâches des
enseignants chercheurs.
J'ai demandé, au Président Eric Espéret, de réfléchir à une nouvelle
définition des tâches des enseignants et enseignants chercheurs.
M. Espéret m'a remis son rapport : vous en aurez vous même communication
dans un instant.
Ce rapport fait d'abord le constat de la diversification extrême des
tâches des enseignants chercheurs. Le service des enseignants chercheurs
ne peut plus se définir par un horaire de 192 heures ou de 384 heures
devant des étudiants. L'apport des nouvelles technologies dans la formation,
le développement de l'enseignement en ligne, l'accroissement considérable
de la professionalisation des études, l'investissement des chercheurs
dans le monde de l'entreprise, tout cela génère des charges nouvelles
et indispensables : conception de logiciels et de nouveaux produits
pédagogiques, suivi de stages dans les entreprises, valorisation et
transfert des produits de la recherche. Si nous ne changeons pas
les choses, les universitaires se décourageront et l'université française
prendra un retard considérable.
Il est donc indispensable que ces tâches puissent être intégrées dans
le service des enseignants.
M. Espéret propose, en première hypothèse,
une "révolution culturelle": considérer que le service des enseignants
à l'Université est désormais de 1600 heures, la moitié, soit 800 heures
étant consacrée aux tâches autres que la recherche. Ce dispositif permettrait de tenir compte, statutairement,
des diverses tâches que j'ai évoquées. C'est à une profonde transformation
du statut qu'il nous invite ici.
la seconde hypothèse qu'avance M. Espéret
vise à intégrer dans les 192 h ou 384 h statutaires de nouvelles tâches
(non pas imposées, mais choisies par les enseignants chercheurs).
Voici, en conséquence, les décisions que j'ai prises.
- Je souhaite que l'hypothèse des 1600 heures soit étudiée. J'ai remis
le texte moi-même à Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances,
en amorçant par là une formule originale de concertation. Au lieu d'élaborer
dans ce seul ministère des propositions que nous irions ensuite défendre
devant le ministère du budget, je propose qu'une commission mixte se
mette en place dès maintenant, et que des propositions puissent être
élaborées conjointement. Cela prendra naturellement du temps. Mais cela
devrait nous permettre d'aboutir plus efficacement. La concertation
est commencée.
- Je tiens, par ailleurs, à ce que les tâches des enseignants et enseignants-chercheurs
soient au plus vite reconnues dans leur diversité. Elles le seront dès
septembre 2002. J'ai en effet obtenu que les dotations concernant les
primes des enseignants et enseignants-chercheurs soient désormais inscrites
dans le budget de fonctionnement des universités. C'est là une mesure
apparemment purement technique mais capitale, souhaitée par les universités
depuis dix ans. Chacun comprendra que cela donnera aux universités beaucoup
plus de souplesse. Les tâches nouvelles pourront faire l'objet de primes
: ces primes pourront être converties en décharges de service. Nous
atteignons ainsi l'objectif recherché d'intégration dans certains services
d'enseignants des nouvelles tâches des universitaires. C'est là un
élément majeur des décisions budgétaires qui viennent d'être prises.
Par ailleurs, j'ai pris déjà des mesures de reconnaissance de certaines
fonctions , mesures qui correspondent à l'esprit du rapport Espéret:
- l'attribution de décharges de service d'enseignement aux enseignants-chercheurs
(et aux enseignants) qui assument les charges administratives les plus
lourdes. Outre les présidents, les vice-présidents des trois conseils
d'université et les chefs des autres établissements qui peuvent être
dispensés depuis 1997 de la totalité de leur service, pourront être
déchargés d'au maximum deux tiers de leur service : les directeurs d'institut,
d'école ou d'unité de formation et de recherche ;
- la possibilité de mieux prendre en compte les différentes fonctions
assumées par les enseignants-chercheurs pour leurs promotions dans les
corps de maîtres de conférences et de professeurs, avec, d'une part,
l'inversion de l'ordre d'examen des candidatures (les établissements
se prononceront désormais après le Conseil national des universités)
et, d'autre part, l'ouverture d'une voie de promotion réservée aux enseignants-chercheurs
qui se consacrent, pour la majorité de leur temps, à des fonctions autres
que d'enseignement ou de recherche.
* Je retiens aussi du rapport Espéret, l'idée d'un document d'engagement
réciproque entre chaque enseignant et le président de l'Université représentant
son conseil d'administration, concernant
Les tâches demandées et acceptées
La participation à une équipe de recherche
La participation aux équipes pédagogiques.
* Ma troisième conclusion concerne les congés pour recherche ou conversion
thématique : je ne souhaite pas prendre, en matière de congé ou de décharge
pour recherche, de mesure uniforme. Là encore il faut rendre l'établissement
responsable. J'ai donc fait étudier les mesures permettant à l'université
d'accorder des congés pour recherche à tout moment de la carrière des
enseignants : au tout début ' comme c'est souhaité ' mais aussi, pourquoi
pas, 2 ans après l'arrivée à l'université, mais encore beaucoup plus
tard. Il faut modifier le texte qui n'autorise les congés sabbatiques
qu'au bout de six années d'exercice, et proposer l'octroi de congés
' qui ne seraient plus "sabbatiques" - dès le début de la carrière.
Il conviendra aussi de proposer la possibilité d'un fractionnement de
ces congés. Cette politique de décharge sera définie dans les contrats
d'établissement.
Par le renforcement des pratiques de l'évaluation
Les progrès de l'enseignement supérieur français passeront de plus en
plus par les capacités d'initiative et d'innovation que nous développerons
par toute une série de dispositifs dans les établissements. Mais ceux-ci
doivent tout naturellement répondre à des exigences de qualité et de
service public. C'est la raison pour laquelle j'estime que le grand
chantier auquel nous devons nous atteler est celui de l'évaluation.
L'autonomie des universités qui leur est accordée par la loi ne peut
aller sans une évaluation précise, rigoureuse et incontestable.
J'ai donc pris des mesures d'abord pour conforter l'évaluation des formations
- en envoyant des experts sur le terrain,dans les universités:ils évalueront,
par des échanges avec enseignants et étudiants, non seulement les contenus
de la formation, mais aussi les procédures d'évaluation interne des
enseignements, les procédures d'étude de l'insertion professionnelle
des étudiants
- en créant une commission d'expertise commune des DESS et IUP qui comportera
des professionnels
- en donnant plus de corps au comité d'expertise des politiques pédagogiques
d'établissement, qui appréciera pour une université donnée, après avis
des diverses commissions techniques, l'ensemble de l'offre de formation,
ainsi que l'ensemble des dispositifs et procédures que les établissements
auront prévus pour améliorer l'efficacité de leur formations.
- en créant une commission d'évaluation des formations et diplômes de
gestion composée de représentants du secteur pédagogique et professionnel
de gestion, un peu sur le modèle de la commission du titre d'ingénieurs.
Cette commission aura pour effet de clarifier le paysage et, dans certains
cas, par les jeux de l'évaluation, d'améliorer la qualité d'ensemble
de ces formations.
- en m'appuyant sur le travail d'un comité national d'évaluation renouvelé:
dans la mesure même où j'ai pris une série de décisions et de mesures
pour responsabiliser les présidents d'université et leurs équipes, pour
leur donner plus de capacités d'initiative et au total plus d'efficacité,
j'ai demandé à ce que soit procédé à une évaluation fréquente, régulière
et systématique des établissements d'enseignement supérieur, et dans
un premier temps des universités.
J'ai donc facilité le renouvellement des hommes et des méthodes du Comité
national d'évaluation, organisme indépendant du ministère, dont je souhaite
que l'efficacité soit renforcée
- par l'octroi de moyens complémentaires
- par la nomination de personnalités supplémentaires : hommes de terrain,
anciens chefs d'établissement (universités, écoles, IUFM) et universitaires
étrangers.
Il est en effet indispensable que l'évaluation s'assure désormais
le concours de regards des experts venus d'autres pays.
A très court terme, le comité national d'évaluation évaluera les
universités tous les 4 ans juste avant la signature du nouveau contrat
qui liera le ministère et chaque établissement : cela donnera du poids
et de l'efficacité à l'évaluation des établissements.
L'ouverture des universités
L'ouverture sociale
L'enseignement supérieur doit être ouvert au
plus grand nombre . Etudiants appartenant à tous les milieux sociaux,
étudiants d'origines scolaires différentes, étudiants aux talents divers
doivent pouvoir bénéficier du plus haut niveau de formation possible.
Ce sont les principes de démocratie et d'égalité qui sont ici en cause.
Je remarquerai d'abord que la France est le pays où les étudiants sont
le mieux aidés. Contrairement à ce qui se passe dans de nombreux pays
voisins, les droits d'inscription sont chez nous très peu élevés. Le
nombre des aides est important.
Les aides aux étudiants renforcées
Cela dit, nous devons encore oeuvrer pour que le revenu des parents
ne constitue pas une barrière infranchissable à l'entrée dans l'Enseignement
supérieur. A cet effet, j'ai poursuivi la politique engagée ces dernières
années et j'ai pris de nouvelles mesures :
- Le nombre des bourses augmente encore cette année : 30% des étudiants
d'université sont désormais boursiers. Le plan social commencé il y
a 4 ans atteint son objectif.
- Le taux des bourses a été augmenté de 7 %
- Les bourses de mérite, attribuées à des bacheliers ayant obtenu
la mention très bien sont passées à cette rentrée de 600 à 800. J'ai
décidé qu'elles concerneraient désormais aussi les littéraires.
- J'ai fait prendre deux mesures nouvelles: 12 000 bourses trimestrielles
de mobilité seront attribuées à cette rentrée à des étudiants boursiers
: cela facilitera leur séjour dans une université étrangère où ils effectueront
une partie de leur cursus. Cette bourse s'élève à 2 500 F par mois et
vient compléter la bourse d'enseignement supérieur.
- Des bourses de DESS attribuées sur critères sociaux:
c'est là un élément capital de la démocratisation de l'enseignement
supérieur : jusqu'à présent les étudiants inscrits en DESS ne bénéficiaient
pas de ce type de bourses . C'était un système socialement très inégalitaire.
Désormais environ 12000 étudiants de DESS sur 45000 auront la possibilité
d'obtenir des bourses sur critères sociaux.
La diversification des modes d'accès aux diplômes et aux titres
L'ouverture sociale que j'appelle de mes v'ux, doit faire l'objet,
de notre part à tous, d'une politique volontariste.
Il est anormal que des élèves de lycées, parce qu'ils appartiennent
à une certaine classe sociale, parce que la vie les a privés d'un environnement
culturel favorable, parce qu'ils ne connaissent pas le système, le code,
les voies et accès, et parce qu'ils ont d'autres modes d'appréhension
de la réalité, et donc éventuellement d'autres talents, ne puisse en
fait accéder aux formations de haut niveau de notre enseignement supérieur.
Je féliciterais d'abord tous ceux qui se sont situés dans cette problématique
en créant des voies d'accès parallèles.
Je citerai bien entendu l'Institut d'études politiques de Paris que
j'ai souhaité aider dans son entreprise de diversification des accès
à l' IEP.
Je rappellerai que plus de 50 % des jeunes entrent dans une école d'ingénieurs
sans être passés par une classe préparatoire, diversification très positive,
même si, bien entendu, les classes préparatoires ont une spécificité
tout à fait utile.
Je me félicite de ce que cette ouverture sociale nécessaire de l'enseignement
supérieur constitue une préoccupation de plus en plus partagée :
- l'INSA de Lyon a organisé en son sein une section réservée à la formation
de bacheliers des sections technologiques
- l'IUT de Seine Saint-Denis invite les lycéens voisins à des travaux
pratiques organisés à l'Université.
- L'Université Paris I s'apprête à organiser une préparation à l'ENA.
Je lance un appel à toute la communauté universitaire pour que des propositions
me soient faites qui permettent de briser les moules, de faciliter,
par des voies multiples, l'accès d'élèves aux talents divers à l'enseignement
supérieur.
Cela doit se faire par des formations adaptées : les contenus de formation
peuvent être, au départ différents pour certains publics, dès lors que
l'on s'engage à mener tous les étudiants à un niveau commun : c'est
le niveau d'aptitude, de compétences et de connaissances auquel on arrive
qui importe, non le parcours précis qui a permis d'y accéder.
J'encourage les équipes de 1ère année à inventer des parcours
nouveaux, mieux adaptés, qui permettraient à certains jeunes d'arriver,
au bout du compte au niveau d'un Deug et de rejoindre ensuite la filière
habituelle : l'organisation cohérente d'un deug pluridisciplinaire
et d'un parcours en crédits peut aider à cet objectif.
J'incite les enseignants de certaines filières à s'interroger sur la
sélection sociale que font apparaître les résultats aux examens de première
année dans certaines disciplines traditionnellement sélectives.
J'encourage les présidents d'université, les directeurs d'écoles, les
directeurs d'IUFM à innover et à cultiver tout ce qui pourra favoriser
l'ouverture sociale de leurs établissements.
Je me réjouis d'apprendre que la CPU, la CDEFI et la Conférence des
grandes écoles ont mis cet objectif de l'ouverture sociale au centre
de leurs préoccupations de cette année. J'ai demandé pour ma part à
Madame Figuière Lamouranne, ancienne vice-présidente de l'Université
d'Orsay et ancienne directrice d'IUFM qui s'est passionnée pour ces
questions , de me proposer un certain nombre de mesures, d'ordre réglementaire
ou incitatf permettant une encore bien plus grande ouverture sociale
de l'Enseignement supérieur.
Ce problème est fondamental : le résoudre sera un facteur de progrès
sur le plan de l'égalité, de la démocratie et de la cohésion sociale.
La formation tout au long de la vie : un nouvel élan
a. La formation continue
L'ouverture sociale passe aussi par un réel développement de la formation
continue
Un axe fort de la politique contractuelle quadriennale des universités
porte sur les actions favorisant l'intégration de la formation continue
au c'ur des préoccupations de l'université. Des moyens sont donnés en
ce sens. Près de 25 MF par an sont dévolus à la consolidation des actions
en faveur des publics en reprise d'études.
En outre, pour appuyer cette politique, un vaste appel à projets "formation
continue universitaire" a été lancé ces dernières années. Sur 3 ans,
1998, 1999, 2000, près de 40 établissements d'enseignement supérieur
ont formulé des projets pour apporter des réponses au défi de la formation
tout au long de la vie. Le ministère a attribué au cours de ces 3 années
21 MF et surtout il a octroyé 153 postes d'enseignants, signe fort de
l'intérêt montré par le ministère à la prise en compte des missions
de formation continue de l'université.
J'ai demandé à ce que soit organisé un colloque à ce sujet les 7 et
8 mars 2002, il aura pour thème "la formation tout au long de la vie:
changement de culture, la réponse des universités". L'objectif de ce
colloque est de contribuer à la diffusion des innovations qui ont été
réalisées et soutenir et démultiplier la dynamique enclenchée.
Il est indispensable que les universités continuent à s'investir dans
la formation tout au long de la vie, et dans cet esprit, j'ai pris
la décision de comptabiliser progressivement à part entière les stagiaires
qui préparent un diplôme national dans les effectifs de l'université
: ce qui aura des conséquences financières positives pour les universités
les plus dynamiques à cet égard.
b.La validation des acquis
En 2000 le ministère a aidé 14 universités à
développer les dispositifs de validation des acquis :il s'agissait d'abord
de doter les universités de moyens et d'outils nécessaires pour offrir
à toute personne désirant faire reconnaître et valider les acquis d'une
vie professionnelle riche, un service d'aide. L'effort accompli a permis
à de nombreuses personnes en reprise de formation de faire valider des
acquis en facilitant aussi l'accès à la préparation des diplômes. J'entends
poursuivre et amplifier cette action notamment dans la perspective de
l'application des principes de la loi de modernisation sociale. Un nouvel
appel à projets a été lancé pour l'année 2002 : une trentaine d'universités
et d'écoles d'ingénieurs y ont répondu favorablement.
L'ouverture internationale : vers une plus grande mobilité
L'harmonisation européenne et le système des crédits
Pour favoriser la mobilité européenne je rappelle
que nous avons pu confirmer à Prague les principes d'une harmonisation
européenne sur la base de grades obtenus après 3 années d'études (la
licence) puis après 5 années d'études (le mastaire) puis après 8 années
d'études environ (le doctorat). J'ai décidé la généralisation du système
ECTS qui permettra à nos étudiants français d'obtenir des "crédits"
lors de leur séjour à l'étranger et de les faire valider à leur retour
en France où ils n'auront plus qu'à compléter cette validation. D'autres
pays comme l'Allemagne et l'Italie travaillent tout à fait dans ce sens.
La lisibilité des diplômes :
Construire l'espace universitaire européen, c'est aussi favoriser la
lisibilité de nos diplômes. J'attirai votre attention sur ce point il
y a un an : il nous faut considérablement progresser dans ce domaine.
Je précise tout de suite qu'il n'est pas question de supprimer la possibilité
pour les étudiants de sortir du système universitaire à bac +2 ou à
bac +4. Je propose simplement de réfléchir à une simplification des
intitulés des diplômes correspondants. Je m'attacherai aujourd'hui aux
deux niveaux essentiels de sortie : la licence et le mastaire. J'ai
décidé de reprendre le travail que j'avais commencé en 1992 en diminuant
déjà, de façon notable, le nombre d'intitulés de diplômes. Les dénominations
des licences seront simplifiées: on les limitera à une dizaine d'intitulés
au maximum. Quant au mastaire, il faut le faire évoluer. Claude Allègre
avait créé le grade de mastaire, élément de surlignage qui permettait
de mettre sur le même plan DEA, DESS, titre d'ingénieur. Ce fut une
idée très fructueuse. Il nous faut maintenant aller jusqu'au bout de
la logique : le mastaire est le seul grade qui ne soit pas un diplôme.
Les 3 autres grades (baccalauréat, licence, doctorat) sont tous en même
temps des diplômes. Nul ne comprendra bientôt plus qu'il n'en soit pas
de même pour le mastaire. Simplifions le paysage : en lieu et place
du DEA, du DESS et du magistère, créons un mastaire d'études approfondies
(éventuellement avec deux variantes) et un mastaire professionnel.
La mobilité des étudiants français
Actuellement 17 000 étudiants sont partis à l'étranger grâce aux bourses
Erasmus. Ce nombre reste insuffisant et je souhaite qu'il soit largement
augmenté. J'ai déjà évoqué la création de 12 000 bourses trimestrielles
de mobilité qui constitueront un encouragement au séjour dans une université
étrangère. Ces bourses seront réparties en ce début d'année universitaire.
L'amélioration de l'accueil des étudiants étrangers :
L'effectif des étudiants étrangers accueillis par l'enseignement supérieur
français connaît, pour la deuxième année consécutive, une forte croissance
en 2000-2001. Avec plus de 172.000 étudiants étrangers inscrits, la
France apparaît à nouveau comme une des destinations les plus attractives
pour des étudiants étrangers désireux de compléter leur formation par
un séjour d'études internationales. Outre la forte mobilisation des
établissements d'enseignement supérieur, ces évolutions traduisent les
effets d'une action volontariste de l'Etat qui a porté notamment sur
l'aménagement des dispositions législatives et réglementaires applicables
pour l'attribution de visas et de titres de séjours aux étudiants étrangers
et sur leur accès à l'emploi en cours de cursus. En outre, l'accent
a été m is sur le renforcement de l'action de promotion et d'information
de l'enseignement supérieur français à l'étranger, avec notamment la
création de l'Agence Edufrance.
- A la demande du Ministre de l'éducation
nationale et du Ministre des Affaires étrangères, une mission d'étude
et de proposition sur l'accueil ces étudiants étrangers en France
a été conduite de septembre 2000 à juillet 2001. Elle a débouché
sur un rapport qui formule un plan d'action. L'application de quatre
séries de mesures proposées dans le cadre de ce plan a été décidée
par les Ministres destinataires du rapport.
- La mobilisation des établissements d'enseignement
supérieur constitue le facteur-clé pour l'amélioration des conditions
d'accueil des étudiants étrangers. Pour favoriser la formulation
de projets à la fois ambitieux et cohérents, les établissements
seront incités à formuler un plan d'action consigné dans une
déclaration d'action internationale. Ce plan servira de base
à un partenariat actif avec l'Etat, notamment dans le cadre de la
négociation des contrats d'établissement.
- Un Conseil pour l'accueil des étudiants
étrangers sera créé. Réunissant les représentants des administrations
concernées, des établissements et des organismes qui concourent
à la "chaîne" de l'accueil, ce conseil cherchera à améliorer la
cohérence des interventions de ces différents acteurs.
- A la demande des étudiants, une traduction
officielle des diplômes français sera établie dans les langues
étrangères les plus courantes.
- Afin de donner aux élèves des lycées français
à l'étranger une réponse rapide à leur demande d'admission dans
l'enseignement supérieur, la procédure de pré inscription sera
accélérée
Les Universités européennes d'été : un
outil au service des échanges en Europe
Le programme des Universités Européennes d'Eté (UEE) constitue un
outil de promotion de la mobilité universitaire proposé aux établissements
d'enseignement supérieur. Participant des initiatives engagées pour
créer un espace européen de l'enseignement supérieur, il met en valeur
des modalités flexibles et conviviales de coopération universitaire.
A ce titre, il favorise la perception d'une Europe proche des citoyens
et l'émergence d'un sentiment de citoyenneté européenne. Proposé par
la France alors qu'elle exerçait la présidence de l'Union Européenne,
le concept a été inscrit parmi les mesures du "Plan d'Action pour
la Mobilité" - PAM-.
- De 2000 à 2001 : une extension et une accélération du programme
Le programme 2000 avait regroupé, sur 12 sites, près de 850
étudiants européens. L'édition 2001 a concerné 36 sites
et rassemblée plus de 1500 étudiants européens. Elle se caractérise
par la diversité et la richesse des thèmes proposés par les établissements,
ainsi que par une couverture géographique plus ample et mieux équilibrée.
- Un nouveau label au service des établissements Le label "UEE" délivré
par le ministère vise à susciter des initiatives de qualité, à les
promouvoir et assurer leur lisibilité.
Apportant un complément aux programmes européens existants,
les UEE "labellisées" par le ministère, proposent une forme de
mobilité plus souple et plus conviviale. Réunissant dans un cadre
universitaire des étudiants avancés et des enseignants chercheurs
de plusieurs pays européens, elles combinent des activités de formation,
des animations culturelles et des activités de découverte du patrimoine
des régions. L'indispensable présence de ces trois volets permet d'associer
le travail scientifique à la découverte du territoire et de la culture
du pays d'accueil.
- Un dispositif reposant sur le dynamisme, la richesse et l'initiative
des établissements
Ces sessions fournissent une occasion d'expérimentation académique
et pédagogique et de renforcement des contacts européens ou internationaux
des établissements. Elles valorisent des coopérations déjà établies
ou permettent la création de nouveaux réseaux de recherche ou de coopération
pédagogique. Elles favorisent des contacts professionnels et
amicaux appelés à perdurer.
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