ANNEXE
1
LES REFORMES EN COURS EN ALLEMAGNE
1 - La situation
actuelle
L’Allemagne compte 326 établissements d’enseignement supérieur, dont
88 universités et 138 Fachhochschulen (voisines des IUP et des IUT français).
Le système des grandes écoles n’existe pas en Allemagne. Il y avait,
en 1995, 1 858 000 étudiants dont 146 000 étrangers : 74 % étaient dans
une université, 24 % en Fachhochschule. Les universités délivrent des
diplômes à bac+5, les Fachhochschulen à bac+ 4. Seules les universités
ont le privilège de la délivrance du doctorat et de l’habilitation,
nécessaires jusqu’à présent, pour accéder à une chaire universitaire.
En théorie, il n’y a pas de sélection à l’entrée à l’université ; le
baccalauréat (Abitur) suffit. Cependant, le contingentement de nombreuses
filières (droit, médecine, etc.) entraîne l’existence d’un numerus clausus
qui peut différer l’entrée à l’université des étudiants ayant obtenu
les moins bonnes notes au baccalauréat. Les études sont gratuites dans
l’enseignement supérieur public. Un système de bourses (BAFOEG, moitié
subvention, moitié prêt remboursable durant la vie active) permet d’aider
les étudiants qui en font la demande. L’enseignement supérieur allemand
souffre de plusieurs maux : - l’inexistence d’instruments de contrôle
de l’acquisition des connaissances hors les examens de prédiplôme (Bac+2)
et de diplôme (Bac+5 en théorie, dans les faits lorsque l’étudiant sent
qu’il a des chances de succès) ; ceci a pour conséquence une durée d’études
trop longue : les âges moyens auxquels les diplômes sont obtenus sont
plus élevés qu’en France : 19 ans pour le baccalauréat, 28 ans pour
le diplôme (Bac + 5), 31 à 32 ans pour la thèse. Cette entrée tardive
dans le monde de l’entreprise n’est pas du goût des employeurs allemands
; - un déroulement des cursus souvent confus pour les étrangers et une
incompabilité des diplômes avec ceux des filières anglo-saxonnes ; -
un engagement insuffisant des étudiants dans l’entreprise pendant les
études ; on notera néanmoins qu’un nombre croissant d’étudiants choisit
d’acquérir une qualification professionnelle en entreprise avant le
début des études, ce qui, en dépit des avantages indéniables liés à
cette formule (plus grande maturité, meilleure préparation à une approche
pratique des études), retarde d’autant l’entrée dans la vie active ;
- une disponibilité insuffisante de l’encadrement vis à vis des étudiants.
En ce qui concerne le personnel enseignant, une mobilité est exigée
pour accéder à chaque grade de la carrière professorale, les postes
de professeurs constituant la seule composante scientifique permanente
de l’université. La mobilité s’accompagne en général d’une attribution
garantie de locaux, et de moyens financiers et humains appréciables
à l’enseignant-chercheur ainsi recruté (les activités d’enseignement
et de recherche étant indissociables selon le principe édicté il y a
deux siècles environ par Wilhelm Von Humboldt). La mobilité met l’enseignant-chercheur
dans l’obligation de redéfinir un projet pédagogique et de recherche
à chaque étape importante de sa carrière. Elle est de ce fait d’une
fréquence limitée, pour ne pas entraîner un mouvement perpétuel des
enseignants chercheurs. Les Fachhochschulen imposent, quant à elles,
un passage par l’entreprise pour pouvoir y enseigner.
2 - Les réformes
entreprises
Le gouvernement fédéral et les Länder, à qui échoit la compétence en
matière d’éducation (le Bund n’ayant en principe compétence que pour
le financement des études, les constructions d’établissements et la
recherche) ont entrepris en 1996 de refondre la loi-cadre de 1976 relative
à l’organisation universitaire. Leurs pourparlers ont abouti le 19 août
1997 à un projet de loi qui prévoit la possibilité d’une sélection partielle
des nouveaux étudiants, davantage d’autonomie de gestion pour les universités,
une évaluation régulière de la recherche et de l’enseignement, ainsi
que l’introduction optionnelle de cursus internationalisés sur le modèle
anglo-saxon.
2.1 - L’autonomie des établissements Les crédits des universités, pour
la recherche comme pour l’enseignement, seront attribués selon des critères
de performance et non plus sur la simple base des effectifs d’étudiants.
Les établissements feront l’objet d’une évaluation courante pour leurs
activités de recherche comme pour leurs activités d’enseignement, les
étudiants étant associés à cette seconde évaluation. Les classements
d’établissements seront rendus publics. En contrepartie, les universités
auront le droit de sélectionner 20 % de leurs étudiants par la voie
d’entretiens, pour les formations assorties d’un numerus clausus, alors
que seules étaient prises en compte pour l’heure les notes obtenues
au baccalauréat (Abitur). Les universités auront de surcroît la faculté
d’instituer des cursus permettant l’accès aux diplômes de type anglo-saxon
à bac+3 (Bachelor’s degree) et à bac+5 (Master’s degree), comme l’université
technique de Berlin avait déjà annoncé son intention de le faire. Des
“unités-passerelles” en langue anglaise seront aussi créées à cette
fin. L’accord n’a pas prévu, en revanche, l’instauration de droits de
scolarité substantiels dans les universités, sans davantage, il est
vrai, l’interdire explicitement. La Bavière a d’ores et déjà tracé les
contours de l’autonomie accrue qu’elle entend conférer à ses universités.
Le président de l’université, nommé par le ministre de l’éducation sera
doté de pouvoirs étendus au sein de son établissement. Un conseil d’université
(Hochschulrat) sera placé à la tête de l’université, avec mission de
procéder en interne à une évaluation de l’université, afin de créer
une certaine émulation, les évaluations des enseignants par leurs étudiants
étant notamment prises en compte (même si elles ne doivent pas être
publiées), en vue de permettre à terme une rémunération des professeurs
fonde sur la qualité de leur travail. Le conseil sera chargé de mettre
en oeuvre l’autonomie financière reconnue à l’université, en décidant
lui-même de l’affectation des capitaux. Il comportera recteurs, professeurs,
représentants des enseignants et des élèves, ainsi que des personnalités
extérieures. Les membres du conseil d’université seront élus pour un
mandat de six ans renouvelable une fois. Chaque université bavaroise
pourra choisir une partie de son personnel et sélectionner une partie
de ses étudiants. Des droits de scolarité substantiels ne seront introduits
que pour les seconds cursus.
2.2 - Un système plus soucieux des besoins des étudiants Les établissements
seront tenus d’orienter efficacement leurs étudiants. Ils devront instituer
des examens intermédiaires au cours des cycles conduisant aux différents
diplômes, et les étudiants qui se présenteront à l’examen final avant
le terme normal de leurs cycle d’études ne seront plus pénalisés en
cas d’échec, ce qui devrait permettre de réduire la durée moyenne d’obtention
des diplômes de fin d’études, en théorie de dix semestres à l’université,
mais en pratique de l’ordre de douze à quatorze semestres. Chaque Land
décidera lui-même du nombre maximal d’inscriptions semestrielles autorisé
par étudiant. Pour permettre la mobilité internationale des étudiants,
enfin, un système d’unités de valeurs capitalisables sera introduit.
2.3 - La carrière des enseignants La réforme prévoit de restreindre
en partie l’autonomie considérable dont jouissaient jusqu’alors les
professeurs dans les structures universitaires allemandes. Lors du recrutement
des futurs professeurs, leurs capacités pédagogiques feront, notamment,
l’objet d’une évaluation, au même titre que leurs travaux de recherche.
L’égalité homme-femme sera inscrite dans la loi.
ANNEXE 2
LES REFORMES EN COURS EN ITALIE
Le gouvernement
italien a engagé des réformes profondes dans l’enseignement scolaire,
et entend faire de même pour l’enseignement supérieur, qui rencontre
une série de difficultés, tant structurelles que conjoncturelles, très
spécifiques :
- les taux d’échec à l’université sont considérables : 30 % environ
des étudiants italiens abandonnent leurs études supérieures dès la première
année ; les deux tiers sortent de l’université sans aucun diplôme. L’âge
moyen d’obtention de la licence atteint 27 ans, et près de 70 % des
étudiants estiment avoir été mal orientés ;
- le système actuel n’est pas à même d’assurer une réelle promotion
sociale : les bourses sont attribuées selon des critères économiques,
mais aussi en fonction du mérite académique. Leur nombre comme leur
montant reste en tout état de cause très faible, seuls 3 % des étudiants
ayant reçu une bourse en 1995, pour un montant annuel moyen de 11 000 francs ;
- les formations de type professionnel (diploma universitario), en deux
ou trois ans, comparables aux D.U.T. français, mises en place à partir
de 1993, n’accueillent pour l’heure que 8,2 % des étudiants ;
- certaines universités ont atteint une taille critique, leurs locaux
ne suffisant plus à accueillir les très fortes concentrations d’étudiants
auxquelles elles ont dû s’ouvrir au cours des dernières années ;
- les perspectives de carrière des universitaires sont bloquées : quelques
rares concours de recrutement de professeurs et de chercheurs ont été
organisés depuis dix ans, avec très peu de postes à pourvoir ; les procédures
de recrutement au sein des universités, par la biais de commissions
locales de spécialistes, est critiqué pour son opacité. L’absentéisme
et le manque de dynamisme de bon nombre d’enseignants du supérieur est
régulièrement dénoncé par les média.
Pour pallier l’ensemble de ces défauts, les autorités italiennes semblent
s’orienter vers une série de réformes qui toucheraient l’ensemble des
points névralgiques du système universitaire, avec la volonté affichée
de tenir le pari d’une nouvelle université de masse, à la fois plus
efficace, plus autonome, mais aussi plus centrée sur l’étudiant et plus
soucieuse de ses liens avec les réalités du monde économique. Les premières
pistes tracées, qui, pour certaines, n’en sont encore qu’au stade de
l’exploration préliminaire, sont les suivantes :
- l’augmentation du nombre des diplômes délivrés, grâce à un suivi actif
et à une meilleure orientation des étudiants : il s’agira en particulier
de renforcer l’orientation préalable à l’entrée à l’université, dans
le cadre global de la réforme des lycées déjà en chantier, et d’assurer
aux étudiants un suivi personnalisé (ricevimento), notamment par un
développement du tutorat ;
- un effort particulier pour les étudiants défavorisés : il est envisagé
de porter de 40 000 à 100 000 le nombre des bourses attribuées chaque
année et de moduler les droits d’inscription de l’étudiant à l’université
en fonction des revenus de la famille ;
- la fragmentation des universités les plus gigantesques (telles que
Rome, Naples, Milan et Bologne) en vue de répondre à la concentration
excessive des étudiants, le nombre maximal d’étudiants par universités
étant par exemple fixé à 40 000. Le gouvernement n’a en revanche pas
pris pour l’heure le parti, que de nombreuses voix appellent de leurs
voeux, d’une généralisation du numerus clausus ou des examens d’entrée
à l’université ;
- l’amélioration de la carrière des universitaires : un projet de loi
réformant les procédures de recrutement et d’avancement des enseignants
et des chercheurs va être soumis au parlement avant la fin du printemps
1998 ; est évoquée la possibilité de moduler la rémunération des enseignants
en fonction de leurs mérites estimés, qui irait de surcroît dans le
sens d’une plus grande autonomie des établissements. Le ministère chargé
de l’enseignement supérieur songe à divers moyens d’exercer un contrôle
plus strict des activités des enseignants, qui passerait par exemple
par la mise en place d’un observatoire national d’évaluation des activités
des universitaires ; des possibilités de sanction à l’encontre des universitaires
défaillants pourraient également être introduites, et le système d’évaluation
des enseignants par leurs étudiants déjà en vigueur à l’université Bocconi
de Milan pourrait être étendu à l’ensemble du système universitaire ;
- une plus forte autonomie et une meilleure compétitivité des universités :
une loi a d’ores et déjà été adoptée qui accroît l’autonomie académique,
scientifique et comptable des établissements, entre lesquels le ministre
appelle de ses voeux l’instauration d’une compétition qui doit, espère-t-il,
garantir à l’avenir la qualité de l’enseignement ;
- une rénovation des cursus, destinée à pallier le manque de formations
de courte durée et refondre le statut des diplômes post-laurea : l’offre
de diplômes professionnels en deux ou trois ans devrait croître dans
les prochaines années. L’architecture des diplômes post-laurea (correspondant
aux actuels deuxième et troisième cycles français) ne devrait pas être
bouleversée. Ces diplômes sont aujourd’hui de deux ordres : les premiers
sont des diplômes de spécialisation, et comportent une formation axée
sur les débouchés professionnels ; les autres sont les doctorats, que
l’on ne peut préparer que si l’on réussit un concours d’une grande difficulté,
qui conditionne l’attribution d’une bourse de recherche. Le ministre
chargé de l’enseignement supérieur a seulement prévu pour l’heure une
augmentation du nombre des places en doctorat mises au concours ;
- la prise en charge par l’université de la formation des maîtres et
du primaire et des professeurs du secondaire : elle est prévue dès la
rentrée de l’année universitaire 1998-1999 ; les futurs maîtres d’école
devront disposer d’un diplôme en quatre ans, auquel s’ajouteront, pour
les futurs enseignants du secondaire, deux années de spécialisation
post-maîtrise (avec 1000 heures de formation, dont 300 de stages pratiques).
ANNEXE 3
LES REFORMES EN COURS AU ROYAUME-UNI
Le ministre de l’éducation
du gouvernement conservateur alors en place au Royaume-Uni, a confié,
en février 1996, à une commission présidée par Sir Ron Dearing, spécialiste
de ces questions, la mission d’évaluer les besoins de l’enseignement
supérieur britannique et de proposer des réformes pour les vingt années
à venir. Aucune réflexion de cette ampleur n’avait été tentée depuis
les années 1960. Le ministre de l’éducation du nouveau gouvernement
travailliste, David Blunkett, à qui ont remises les propositions de
la commission, les a dans l’ensemble bien accueillies, tout en formulant
quelques contre-propositions en matière de financement.
La dégradation du système d’enseignement supérieur britannique au cours
des vingt dernières années a été fréquemment dénoncée : elle est liée
pour une très large part à la diminution de près de 40 % de la dépense
publique par étudiant, au cours de cette période, dans un contexte de
forte croissance des effectifs. Les établissements d’enseignement supérieur
se sont multipliés, passant de 31 à 176, mais ils présentent un panorama
très contrasté, l’opposition subsistant entre les “anciennes” universités,
qui ont conservé tout leur prestige, et les “nouvelles”, issues des
Polytechnics (analogues aux IUT et IUP français), de moindre réputation.
Cette opposition se traduit aussi en termes sociaux, les universités
les moins prestigieuses accueillant de fait les étudiants issus des
milieux socio-culturels les moins favorisés, et dans la nature des infrastructures
et des équipements d’enseignement et de recherche dont disposent les
différents établissements. La plupart des universités souffrent de difficultés
financières qui leur interdisent de procéder aux investissements nécessaires
pour maintenir la qualité de leur formation, ce qui nuit à la réputation
d’excellence de l’enseignement supérieur britannique. Le besoin de financement
de l’ensemble des établissements universitaires était évalué en 199-
à 2 milliards de livres par an, et risquait d’atteindre 3 milliards
de livres à brève échéance. Les 122 propositions du rapport de la commission
présidée par Ron Dearing portent principalement sur les points suivants :
- massification de l’enseignement supérieur : l’un des objectifs affirmés
du rapport était de favoriser l’augmentation du nombre d’étudiants “à
temps plein” et de mener au niveau d’un diplôme universitaire non plus
32 % des diplômés de l’enseignement secondaire, comme c’est aujourd’hui
le cas, mais 45 % (proportion déjà atteinte en Ecosse) ;
- niveau et contenu des formations : une Quality assurance agency (QAA)
serait chargée de maintenir le niveau des formations en fixant notamment
un niveau minimum réglementaire pour chaque diplôme à l’échelon national.
En cas de non-respect des critères qualitatifs ainsi fixés, la QAA aurait
le pouvoir de recommander la suppression des subventions publiques à
l’établissement ; elle devrait aussi contrôler la qualité des enseignements
délégués par les universités à d’autres institutions. Elle se chargerait
enfin du développement d’un nouveau système de qualifications, inspiré
du modèle écossais ; - des formations plus diversifiées, adaptées au
marché du travail : la commission a recommandé que chaque étudiant puisse,
dans le cadre de ses études, acquérir une première expérience professionnelle ;
elle a souhaité que les étudiants puissent aussi bénéficier d’un accès
plus large aux nouvelles technologies, et notamment que chaque étudiant
soit doté d’un micro-ordinateur en 2005. Elle a surtout préconisé une
plus grande flexibilité dans les cursus, qui ne sauraient se limiter
à la formation standard conduisant en trois ans à la licence (Bachelor’s
degree) mais devraient permettre à des étudiants d’entrer à l’université
ou d’en sortir à différents niveaux et d’acquérir des diplômes mieux
adaptés aux besoins réels de la société (soit par des formations plus
courtes que la licence - des sub-degree diplomas -, soit par de nouveaux
programmes développant des qualifications plus spécifiques que les licences
actuelles). Elle a demandé enfin que des efforts particuliers soient
accomplis pour mieux intégrer au système universitaire les catégories
les moins favorisées de la population ;
- corps enseignant et méthodes d’enseignement : la commission proposait
la mise en place d’urgence d’un groupe de travail chargé de déterminer
la rémunération et le statut des universitaires ainsi que la création
d’un institut spécialisé chargé de définir et de diffuser les nouvelles
méthodes d’enseignement et d’apprentissage (en intégrant notamment les
nouvelles technologies) ;
- la recherche : un partenariat entre les secteurs public et privé aurait
permis de dégager des ressources supplémentaires de l’ordre de 500 millions
de livres, destinées à améliorer les équipements des laboratoires les
plus performants ;
- le rôle des régions : les universités devant contribuer efficacement
au développement de l’économie régionale et s’affirmer comme une source
de revenus et d’emplois, la commission préconisait de mettre en place
des fonds régionaux qui auraient permis à chaque université de mieux
répondre aux besoins des secteurs industriel et commercial locaux ;
- financement de l’enseignement supérieur : la commission proposait
de faire porter pour une large part le coût de l’enseignement supérieur
sur ceux qui en bénéficient, dès le premier cycle universitaire. Les
étudiants auraient donc dû acquitter des droits de scolarité correspondant
au quart environ du coût réel de leur formation (soit à peu près 1000
livres par an), soit en payant immédiatement cette somme, soit en recourant
à un emprunt remboursable au cours des dix premières années de leur
vie active, en fonction de leurs revenus. L’Etat, quant à lui, aurait
dû augmenter sa participation au financement de l’enseignement supérieur
en proportion de l’évolution du P.I.B. C’est sur ce dernier point que
le gouvernement travailliste s’est le plus clairement écarté des propositions
du rapport Dearing, en préférant à des droits d’inscription uniformes
pour tous les étudiants des droits proportionnels à leurs ressources,
avec le maintien de la possibilité d’emprunts à remboursement différés,
et des exemptions pour les étudiants les plus pauvres. Le gouvernement
envisage en outre de supprimer les bourses pour les remplacer par des
prêts accordés en fonction des revenus des parents, la charge globale
(droits de scolarité plus dépenses de subsistance) à acquitter par une
même famille ne pouvant excéder 2000 livres par an.
ANNEXE 4
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AUX ÉTATS-UNIS
Présentation sommaire
Chaque Etat de l’Union a un système universitaire public, qui comprend
en général plusieurs campus, dont le niveau académique dépend de la
situation financière de l’Etat. En effet, en l’absence d’un ministère
de l’éducation nationale au niveau fédéral, chacun des Etats est libre
de décider de sa politique en matière d’enseignement supérieur. Certaines
des universités publiques sont excellentes et peuvent être comparées
aux meilleures universités privées, telles les universités de l’Indiana,
du Wisconsin, de Californie, qui peuvent être comparées au plus réputées
des universités privées, telles Harvard, Princeton, Stanford ou le M.I.T.
Dans toutes les universités, qu'elles soient publiques ou privées, les
études de base (undergraduate) durent quatre ans et mènent au Bachelor’s
degree. Elles peuvent être poursuivies pour obtenir un Master’s degree,
en un an, ou un doctorat (PhD), en général en trois ans. Aux côtés des
universités publiques et privées se trouvent également des centaines
de Community Colleges dispensant des formations en deux ans‹; ils sont
en général proches de la résidence de l’étudiant, peu chers et l’on
peut y suivre des études d’une qualité raisonnable. A la fin de ces
deux ans, l’étudiant peut arrêter ses études ou bien les poursuivre,
en entrant dans une université, dans laquelle il n’aura à accomplir
que les deux dernières années. L’adéquation entre les attentes des lycéens
demandant leur admission à l’université et les places offertes par les
établissements se réalise de façon relativement aisée, les diplômés
du secondaire sachant à peu près auprès de quelles universités il peuvent
faire une demande d’admission avec des chances raisonnables de succès.
Un lycéen, en principe, connaît en effet très bien son propre niveau,
en fonction des divers classements qu’il a obtenus pendant ses trois
dernières années de lycée ainsi que par les scores obtenus dans des
tests, les SAT (Standardized Aptitude Tests) et les AP (Advanced Placements),
qui permettent de comparer les élèves provenant d’établissement secondaires
différents. Ces tests sont élaborés par une organisation privée à but
non lucratif, l’Educational Test Service (ETS), qui se trouve · Princeton.
Les mêmes tests sont utilisés dans le pays tout entier et les élèves
y sont soumis au sein même des établissements scolaires, dans des conditions
propres à garantir une stricte égalité des candidats et à des dates
fixées nationalement. Les scores obtenus dans ces tests, qui vont de
200 à 800, permettent de situer les divers candidats en fonction grosso
modo de leur quotient intellectuel. Si un candidat n’est pas satisfait
de ses résultats, il peut repasser les tests. D’autre part, le classement
des universités par ordre de valeur est transparent et connu de tous.
On sait exactement à quel niveau d’excellence se situe chacune des 3000
universités réparties sur l’ensemble du territoire. Un classement est
établi tous les trois ou cinq ans par des organisations indépendantes,
sur la base du renom national et international des enseignants et des
chercheurs de chaque établissement, de la valeur de leurs recherches
et de leurs publications, de la qualité de leur enseignement et, enfin,
des perspectives de carrière offertes à leurs diplômés. C’est dès septembre
de la dernière année de lycée que commence réellement les processus
d’admission. A cette date, le lycéen, avec l’aide de l’un de ses professeurs,
chargé de le conseiller dans son orientation, choisit les universités
qui l’intéressent et leur demande de lui envoyer des brochures, ainsi
qu’un dossier d’admission. Il visite les campus, pour juger de l’ambiance
qui y règne. Il se renseigne aussi auprès des admissions officers envoyés
par les universités privées, qui, de septembre à février, parcourent
la zone géographique qui leur a été assignée pour contacter les candidats
potentiels. Ne connaissant jamais avec certitude l’issue probable des
candidatures qu’il a déposées, un même élève fait, en général, de l’ordre
de quatre à huit demandes d’admission, dans des universités qu’il a
choisies avec l’aide de ses professeurs, de son conseiller d’orientation,
de sa famille et de ce que lui ont appris les admissions officers. Les
demandes d’admission se présentent sous la forme d’un dossier présentant
de façon exhaustive tout ce que l’élève a fait pendant ses quatre dernières
années de lycée, à la fois d’un point de vue purement académique et
dans le cadre de ses activités extra-scolaires. Les candidats sont informés
en avril du résultat de leurs candidatures. Quatre catégories de candidats
bénéficient d’un traitement privilégié : - ceux qui appartiennent à
une minorité raciale ; - les enfants et petits-enfants d’anciens élèves
de l’université considérée ; - les athlètes de haut niveau ; - les jeunes
gens pourvus de talents spéciaux dont ils ont déjà fait la preuve dans
un domaine donné (arts plastiques, arts du spectacle, informatique,
etc.) Les études universitaires coûtent en moyenne très cher, les frais
de scolarité pouvant s’élever de 6 000 à 30 000 dollars selon les établissements.
A Princeton, par exemple, les frais de scolarité sont de 28 000 dollars
par an, pension complète incluse. Chaque université est évidemment susceptible
d’accorder une aide financière aux étudiants qu’elle a admis. Trois
formes d’aide sont courantes : les bourses ; les emplois de vacataires
offerts sur le campus‹; les prêts bancaires garantis par le gouvernement
fédéral, enfin. Depuis quelques années, pour éviter d’éliminer de l’enseignement
supérieur les étudiants des classes moyennes, il arrive que certaines
universités accordent à leur propres employer des prêts à faibles taux
pour le financement des études de leurs enfants. Au cours des deux premières
années à l’université, les étudiants font l’objet d’un suivi particulier,
fondé sur une pratique généralisée du tutorat, qui doit notamment leur
permettre de choisir les cours qui leur conviennent le mieux. Les étudiants
font par ailleurs l’objet de fréquentes évaluations et passent un examen
partiel dans chacun de leurs cours à mi-semestre, ce qui leur permet
de prendre conscience de leur niveau. Celui qui perd pied est aidé et
peut être autorisé par l’administration de l’université à suivre des
leçons particulières, spécialement en langues vivantes, en sciences
et en mathématiques. Si son travail ne donne pas satisfaction, ses professeurs
- ce sont bien souvent les plus expérimentés qui enseignent aux étudiants
de première et deuxième années - le prendront le temps de le recevoir
et l’engageront à rencontrer un membre de l’administration pour étudier
le moyen de résoudre ses difficultés. A tous les niveaux, les professeurs
assurent d’ailleurs de nombreuses heures de présence dans leur bureau,
au cours desquelles leurs étudiants ont tout loisir de venir s’entretenir
avec eux. La sélection à l’entrée ayant généralement été bien faite,
le nombre d’échecs en cours de cycle est en principe assez faible. Pratiquement,
tous ceux qui ont commencé leurs études les terminent en quatre ans.
Il arrive, toutefois, que certains d’entre eux, pour des raisons personnelles
ou par manque de motivation, souhaitent interrompre une année ou deux
leur cursus, mais ils reviennent presque toujours terminer leurs quatre
années, leur université les reprenant alors sans aucune difficulté.
Chaque université, qu’elle soit privée ou publique, se charge elle-même
du recrutement de ses professeurs. Ceux-ci peuvent être de toutes nationalités.
Pour postuler, chaque candidat à un poste d’enseignant doit écrire lui-même
aux universités qui ont fait paraître dans la presse spécialisée une
annonce de vacance de poste correspondant à ses qualifications. Le postulant
ne sera jamais choisi sans avoir été reçu sur le campus où il espère
obtenir un poste. Si sa candidature a été retenue par un comité de sélection
composé de quelques professeurs du département au sein duquel il souhaite
enseigner, le candidat sera reçu par chacun des professeurs du département,
par les administrateurs de l’université et il sera invité à assurer
une leçon devant les professeurs et les étudiants. C’est après sa visite,
qui dure en général une journée, que le choix définitif sera arrêté
par le département concerné. Les enseignants ainsi recrutés se voient
offrir soit un contrat d’un an, renouvelable ou non, soit, quand ils
sont déjà titulaires du doctorat et qu’ils ont déjà obtenu diverses
publication dans la presse scientifique, un contrat de trois ans comme
assistant professor. Ce contrat peut être renouvelé pour trois autres
années, à l’issue desquelles le professeur peut être soit remercié,
soit promu au rang de professeur associé, ce qui lui confère la tenure,
c’est-à-dire l’inamovibilité de fait. S’il justifie les espoirs placés
en lui, il sera enfin promu au rang de professeur, rang le plus élevé
dans la hiérarchie académique. En vue d’une possible promotion, les
jeunes enseignants sont sans cesse évalués, en particulier en fonction
de l’importance et de la qualité de leurs publications, de la qualité
de leur enseignement, telle qu’elle est appréciée par les étudiants
et de leur participation aux activités extra-académiques réalisées dans
le cadre de l’université qui les emploie. Pour ce qui est de leur enseignement
proprement dit, des formulaires standardisés comportant une trentaine
de questions, semblables pour tous les cours, permettent aux étudiants,
à la fin du semestre, de juger leurs professeurs, en les notant de 0
à 5. Une fois ces notes traitées par ordinateur, elles sont collationnées
pour former un “ guide de l’étudiant ”, et elles peuvent être consultées
dans plusieurs bureaux du campus.
ANNEXE 5
LES POLITIQUES EUROPÉENNES EN MATIÈRE D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Le développement
d’une ouverture européenne
L’union européenne a développé plusieurs programmes communautaires destinés
à favoriser la mobilité des étudiants en Europe. En particulier, grâce
aux programmes ERASMUS (250 millions d’ECU sur cinq ans) et COMETT (200
millions d’ECU sur cinq ans), des avancées considérables ont été réalisées
dans divers domaines :
- comparaison possible des cursus et des diplômes universitaires ; -
élaboration d’un plan de transfert européen d’unités capitalisables
;
- double reconnaissance de certains diplômes ;
- validation dans son cursus d’origine, d’un semestre d’enseignement
ou d’une année de recherche passés dans un établissement étranger.
Plusieurs programmes communautaires de recherche, parmi lesquels en
particulier le programme Formation et mobilité des chercheurs, encouragent
non seulement la collaboration en matière de recherche mais aussi les
échanges des doctorants et des jeunes docteurs. Indépendamment de la
politique mise en oeuvre au niveau communautaire, on observe de plus
en plus d’initiatives nationales, bilatérales ou multilatérales, visant
à développer les échanges européens (par exemple, projet ENS-Europe
de Ecole Normale Supèrieure, Collège Franco-allemand pour l’enseignement
supérieur ou programmes au financement desquels participe le British
Council). On assiste également au développement de plusieurs groupements
de grandes écoles et d’universités à l’échelle européenne, qui ont pour
but de développer les relations entre partenaires en y incluant outre
l’échange d’étudiants, la recherche, la formation continue, etc. Des
petits réseaux de ce type conduisent à des accords de double diplôme
entre des partenaires qui se portent garants des niveaux comparables
des formations dispensées : moyennant une prolongation modérée de leurs
études (un semestre au moins), quelques élèves peuvent obtenir le diplôme
de l’université d’origine et de l’établissement d’accueil. La pratique
des co-tutelles de thèses tend aujourd’hui à s’étendre entre la France
et tous les pays européens. L’union européenne prépare actuellement
la prochaine génération des programmes communautaires qui concernent
l’enseignement supérieur.
L’évaluation et plus particulièrement l’évaluation des systèmes d’enseignement
supérieur des pays européens constitue les points majeurs de la réflexion
menée au sein de la communauté. Les pays de l’union européenne ont jusqu’ici
été très réticents pour modifier leur cursus nationaux sous l’impulsion
de la commission européenne. A travers l’expérience des organisations
européennes des Présidents d’universit”s, grâce au développement de
la mobilité des étudiants et grâce aux initiatives fondées sur le volontariat
des établissements d’enseignement supérieur, le rapprochement des cursus
devient aujourd’hui une perspective comprise par de nombreux pays.