INTRODUCTION
: LA MISSION - LA PROCEDURE SUIVIE
Par lettre en date du 29 octobre 1998, le ministre de l’Education nationale,
de la recherche et de la technologie, et la ministre déléguée chargée
de l’enseignement scolaire ont demandé, en raison du malaise constaté
chez une partie des chefs d’établissement, que soit menée “ une mission
de concertation et de réflexion destinée à proposer des mesures tendant
à redonner à la mission de chef d’établissement les moyens, la considération,
les conditions de travail, les procédures de recrutement et les carrières
adaptés aux nécessités et aux enjeux à venir ” (cf. annexe n° 1). La procédure
retenue “ pour écouter et recueillir les suggestions des chefs d’établissement
et de leurs organisations représentatives, des acteurs et des partenaires
du système éducatif ” a consisté à mettre en place : ·- un groupe national
de suivi composé de représentants désignés : directeurs d’administration
centrale, membres des inspections générales, personnels d’encadrement
au niveau académique, chefs d’établissements, - une table ronde, composée
des organisations représentatives des chefs d’établissement, des organisations
représentatives des partenaires et acteurs du système éducatif, et des
membres du groupe national de suivi (cf. annexe n° 2). Table ronde et
groupe national de suivi ont été réunis quatre fois, le même jour :
- le 19 novembre 1998 : installation par le Ministre et adoption de la
méthode de travail,
- le 17 décembre 1998 : réflexion sur les missions et l’organisation des
établissements,
- le 4 février 1999 : réflexion sur les missions du chef d’établissement,
- le 11 mars 1999 : réflexion sur la situation du chef d’établissement
: recrutement, formation, évaluation, carrière, rémunération, suivant
ainsi le schéma directeur de la réflexion adopté par la table ronde le
19 novembre (cf. annexe n° 3).
Durant le même temps, le responsable de la mission et le rapporteur général
ont procédé à de nombreuses auditions, soit d’organisations représentatives
de chefs d’établissement et de partenaires et acteurs du système éducatif,
soit de personnes ayant demandé à être entendues à titre individuel. Parallèlement,
conformément à la suggestion des ministres, les recteurs d’académie ont
été invités par la directrice du cabinet du ministre (lettre du 7 décembre
1998) à “ mettre en place un dispositif académique de concertation ” (cf.
annexe n° 4). De nombreuses contributions en provenance des académies,
de membres de la table ronde ou du groupe national de suivi, ou tout simplement
individuelles, ont ainsi alimenté la réflexion. Celle-ci a été conduite
sans tabou, conformément au souhait exprimé par le ministre lors de l’ouverture
de la table ronde ; le présent rapport espère en être le reflet fidèle,
étant entendu que les propositions qui y sont formulées n’engagent que
ses auteurs. Tout en étant conscients de la complexité des problèmes et
de la nécessité de respecter des équilibres entre tous les acteurs du
système éducatif, les chefs d’établissement, dont le malaise est réel,
attendent de cette réflexion une clarification des missions que leur confie
la nation, et avant une revalorisation matérielle légitime dans certains
cas, une amélioration concrète de leurs conditions de travail ainsi qu’une
considération renouvelée pour un métier qu’ils aiment, mais qui est devenu,
au fil des temps, très difficile. Fidèle à la démarche adoptée dans le
cadre du schéma directeur de la réflexion, le rapport, après un état des
lieux sur le climat qui règne actuellement parmi les chefs d’établissement,
s’attachera :
- dans un premier temps à clarifier les missions de l’établissement scolaire
tel qu’il se vit aujourd’hui et à dégager l’organisation qui devrait en
découler dans l’établissement, entre établissements, et au sein de la
chaîne hiérarchique,
- dans un deuxième temps à redéfinir le rôle du chef d’établissement et
le mode de pilotage susceptible d’améliorer ses conditions de travail,
- enfin, dans une dernière étape, à en tirer les conséquences en matière
de recrutement, de formation, de progression de carrière et de débouchés.
I - LES RAISONS
D’UN MAL-ETRE
Le malaise évoqué dans la lettre de mission des ministres est réel :
on le perçoit à travers les déclarations syndicales, mais aussi sur
le terrain, et toutes les synthèses académiques l’ont relevé. Les chefs
d’établissement sont attachés à leur métier, dont ils connaissent l’importance
pour le système éducatif, mesurent les enjeux sociaux et apprécient
la richesse, même lorsqu’elle est source de complexité. Mais précisément
parce qu’ils ont, à juste titre, une haute idée de ce métier, ils déplorent
de n’être pas en bonne situation pour 1’exercer. Divers facteurs concourent
à ce sentiment, souvent proche de la frustration. D’abord l’alourdissement
des tâches, qui résulte pour une part de l’évolution sociale et pour
une autre part moins justifiable de la multiplicité des demandes
en provenance de la hiérarchie administrative. Ensuite une disproportion
entre les responsabilités de toute nature et les moyens d’action accordés
pour y faire face. Enfin une impression de solitude par rapport aux
autorités supérieures, et d’incertitude quant aux attentes précises
de l’institution et aux perspectives de carrière.
1.1 - Des contraintes
qui s’accumulent
De même que l’Ecole, les chefs d’établissement voient s’accroître et
se diversifier les tâches qui leur incombent. La nécessité de mener
au succès des élèves dont l’hétérogénéité est à la mesure de la démocratisation
de l’enseignement impose de recourir à des formes d’accueil, de pédagogie
et de parcours scolaires plus individualisées qu’autrefois et complexifie
par là même le fonctionnement des établissements. La crise de l’autorité
(ou des valeurs qui la sous-tendent) engendre des comportements d’incivilité
qu’il faut savoir endiguer et prévenir, les difficultés économiques
auxquelles se heurtent certaines familles font que des enfants se trouvent
délaissés et, en mal de repères comme d’espérance, rejettent l’Ecole
au même titre que la société : dans les deux cas, on compte sur les
établissements pour pallier la défaillance des structures parentales,
mission qu’ils ne sont pas toujours préparés à assumer (“ le chef d’établissement
doit réussir là où tous les autres ont échoué ”). Par ailleurs, les
pressions exercées sur les chefs d’établissement se multiplient : attitudes
consuméristes de parents en quête de “ bonnes ” classes, campagnes médiatiques
autour d’une réforme, d’un palmarès ou d’un incident, intérêts parfois
divergents au sein de la communauté éducative et entre lesquels il faut
arbitrer... D’où le sentiment d’être “ surexposés ”, voire transformés
en “ boucs émissaires ” auxquels sont imputées toutes les difficultés
non résolues, y compris lorsqu’elles ne peuvent trouver de solution
qu’à un autre niveau territorial ou hiérarchique. A cette surexposition
s’ajoute la surcharge. D’une part, la corbeille s’alourdit d’obligations
nouvelles dont les chefs d’établissement ne contestent pas l’utilité
pour le bon fonctionnement du système, mais qui ne sont pas assorties
des moyens matériels ou institutionnels nécessaires : sont souvent cités,
notamment, la gestion des aides éducateurs, des fonds sociaux et des
bourses des collèges, ainsi que le remplacement des enseignants absents
pendant une courte période. D’autre part et surtout s’amoncellent
les tâches dont l’utilité leur paraît moins évidente : ainsi les “ journées ”
ou “ semaines ” à thème qui s’ajoutent les unes aux autres sans programmation
préalable et dont ils préféreraient que la liste soit fixée en début
d’année scolaire. Mais ce sont surtout les demandes d’informations qui
font l’objet de critiques, car le bilan coût en temps/avantages pour
l’institution paraît très négatif. Ces demandes émanent aussi bien des
services ministériels que de ceux des rectorats et des inspections académiques.
Elles sont souvent redondantes, parfois répétitives, et impartissent
presque toujours un délai de réponse très bref. “ Chaque service s’imagine
qu’on ne travaille que pour lui ” constatent les chefs d’établissement,
contraints de fournir presqu’au même moment des données identiques à
des divisions différentes mais néanmoins voisines. L’interconnexion
des destinataires (surtout au sein d’une même unité) est techniquement
tout à fait possible mais ne semble jamais réalisée; et les responsables
ne se soucient guère de coordonner les demandes afin d’alléger la charge
qu’elles représentent pour les établissements. Cet afflux provoque pourtant
“ la saturation ” (voire, selon certains, “ l’asphyxie ”), et il est
d’autant plus mal vécu qu’il paraît correspondre à un dysfonctionnement
des échelons supérieurs plutôt qu’à une nécessité véritable du pilotage
(“ les chefs d’établissement sont pourvoyeurs d’informations pour des
sphères de gestion dont ils sont coupés et qui ne fonctionnent que sur
leur logique interne ”).
Proposition 1 : interconnecter les services des rectorats
et des inspections académiques; désigner au niveau rectoral une personne
chargée d’établir annuellement la liste des informations qui seront
demandées aux établissements; adresser cette liste aux établissements
et à l’administration centrale ; prévoir des délais de réponse suffisants.
Les systèmes de gestion informatisés font l’objet de critiques tout
aussi vives : lourds, peu conviviaux, trop souvent défaillants, ils
représentent “ une contrainte supplémentaire ”, d’autant qu’ils doublent
souvent d’autres modes de communication. Plus généralement, on conteste
l’esprit dans lequel ils ont été mis en place : “ conçus pour améliorer
la connaissance de la hiérarchie, ils ne sont pas des outils adaptés
aux besoins des établissements ”; et même lorsqu’ils veulent répondre
à cette seconde finalité, leur utilisation ne va pas de soi : la dernière
version du TRMD est parfois établie manuellement, le logiciel “ emploi
du temps ” est jugé déficient, les données intéressantes pour le pilotage
ne peuvent pas être aisément repérées dans les tableaux IPES...
Proposition 2 : prendre en compte les besoins
et les contraintes des établissements dans la conception des systèmes
d’information de gestion informatisés. De toutes ces charges dont
certaines, il faut y insister, pourraient et devraient être immédiatement
allégées — résulte une perte de temps et d’énergie dommageable pour
la fonction de direction : lorsque les mille et une tâches quotidiennes
se font trop absorbantes, il est difficile d’animer, de coordonner et
de planifier. Voir leurs missions hiérarchisées et “ recentrées sur
l’essentiel ” pour ne plus être “ englués dans l’immédiateté ” est un
vœu unanimement formulé par les chefs d’établissement: ils déplorent
de se trouver dispersés, talonnés, engorgés par un trop plein d’activités
superficielles qui les empêche de prendre le recul indispensable à l’exercice
de leur métier. “ Donnez-nous le temps de diriger ” demandent-ils, relevant
au passage que l’image actuelle de leur fonction, envahie par “ l’administration ”
au sens le plus réducteur du terme, n’incite guère les enseignants de
leurs établissements à se présenter au concours de recrutement.
1.2 - Des moyens
d’action insuffisants
La possibilité de diriger efficacement un établissement dépend aussi,
pour une large part, des moyens disponibles : personnels à qui l’on
peut confier un certain nombre de tâches, et pouvoirs autres que d’incitation
pour obtenir la contribution des membres de la communauté éducative
aux activités déterminées par les autorités hiérarchiques ou le projet
d’établissement. A supposer même que le poids des obligations “ administratives ”
soit allégé, bon nombre d’entre elles pourraient être accomplies non
par les chefs d’établissement eux-mêmes, mais sous leur surveillance.
Or, le staff qui les entoure n’y suffit pas : l’adjoint (quand il existe)
doit seconder plutôt que décharger, le gestionnaire a son propre champ
de compétences y compris financières le CPE se consacre en priorité
à la vie scolaire, le secrétariat est trop peu fourni ou qualifié, la
maintenance et l’aide à l’utilisation des matériels informatiques ne
peut être assurée. On reviendra plus loin sur l’organisation souhaitable
de l’équipe entourant le chef d’établissement, mais il convient de souligner
dès à présent qu’elle devrait être étoffée : la fonction de stratège
qu’implique le poste ne peut être exercée pleinement et sereinement
si elle est parasitée en permanence, suivant une expression souvent
entendue, par “ l’obligation de jouer les bouche-trous ”. Dans un autre
ordre d’idées, les chefs d’établissement regrettent de manquer de moyens
pour influer sur la situation et le comportement des personnels. Ils
jugent les missions et obligations statutaires insuffisamment clarifiées,
et inadaptée la notation administrative “ telle qu’elle existe aujourd’hui,
c’est-à-dire enfermée dans des règles et des barèmes stricts ”. Ils
souhaiteraient récompenser l’investissement personnel et, à l’inverse,
ne pas “ consolider les frilosités, les immobilismes, voire les insuffisances
”, mais éprouvent à cet égard un sentiment de relative impuissance car
ils n’ont pour levier que leur force de persuasion (et parfois, pour
les enseignants, quelques HSE). Pourtant, il est clair que la réussite
d’une politique d’établissement dépend de l’engagement de tous et que
l’impossibilité de reconnaître cet engagement a, de part et d’autre,
quelque chose de décourageant. Même la mise en oeuvre des directives
ministérielles est parfois rendue malaisée par l’insuffisance des moyens
d’action institutionnels : comment, par exemple, convaincre un professeur
réticent de remplacer un collègue absent, et pourquoi faire reposer
in fine sur les seuls chefs d’établissement la responsabilité de la
consigne “ pas de classe sans enseignant ” alors qu’ils ne peuvent compter
que sur la bonne volonté de chacun ? Ils n’aspirent pas à régenter les
carrières, mais à exercer sur elles - et pour le champ qui les concerne
- une influence à la mesure de la connaissance qu’ils ont des intéressés.
Et, dans la vie quotidienne des établissements, ils ne revendiquent
pas le pouvoir de distribuer discrétionnairement bons points et punitions,
mais voudraient qu’on leur donne des possibilités plus réelles d’encadrer
efficacement les activités, afin que toutes “ aillent dans la même direction ”.
1.3 - Une condition
insatisfaisante
Des inquiétudes mêlées d’amertume se font sentir dans plusieurs domaines.
On mentionnera en premier lieu les relations avec “ la hiérarchie ”
(rectorats et inspections académiques), à laquelle sont reprochés une
attitude plus voisine de la direction que du pilotage, et un éloignement
qui ne s’explique pas uniquement par la géographie. A une époque où
l’on prône la politique contractuelle et une gestion plus attentive
des ressources humaines, les modes de commandement traditionnels (parfois
qualifiés avec sévérité) sont malaisément supportés : pourquoi faut-il,
demandent maints chefs d’établissement, que l’attribution des moyens
demeure aussi mécanisée, que le TRMD soit unilatéralement modifié, que
le contrôle a priori l’emporte sur l’évaluation et que la concertation
soit aussi rare ? “ La notion d’équipe doit aussi s’appliquer à l’interface
tutelle-établissements ” : de ceux-ci émane un message qui doit être
écouté, et leurs chefs voudraient qu’on leur fasse davantage confiance
pour appliquer les directives ministérielles en tenant compte des spécificités
de l’unité éducative dont ils ont la charge. “ Confiance ” est un mot
souvent entendu, qui exprime un souhait. “ Solitude ”, qui traduit un
regret mais aussi l’inquiétude, revient tout aussi fréquemment. “ Nous
sommes isolés bien qu’au front ” : les corps d’inspection n’apportent
pas toujours le soutien nécessaire à la mise en oeuvre des réformes,
des informations importantes sont connues des organisations syndicales
avant d’être transmises aux chefs d’établissement (qui les apprennent
parfois par les media ou les personnels élus au conseil d’administration),
l’aide apportée par les services académiques en cas de difficulté est
parfois insuffisante. De manière générale, la communication est jugée
lacunaire parce que principalement descendante et, de surcroît, écrite :
les recteurs connaissent mieux les proviseurs que les principaux, et
davantage ceux du chef-lieu que des zones éloignées, certains inspecteurs
d’académie ne sont pas assez attentifs aux établissements, et les réunions
au cours desquelles pourraient être débattues des questions ayant une
incidence directe sur les politiques à suivre sont beaucoup trop rares.
Quant à l’inquiétude, elle s’exprime tout particulièrement à propos
d’une éventuelle mise en jeu de la responsabilité pénale. Bien que les
exemples en soient jusqu’ici très peu nombreux, maints chefs d’établissement
redoutent que la judiciarisation de la société ne gagne bientôt l’Ecole,
et qu’on leur impute à faute une situation contre laquelle ils ne pouvaient
rien. Les équipements défectueux sont l’une des principales causes d’accident,
mais l’entretien incombe aux collectivités territoriales de rattachement
: que faire lorsque cellesci tardent à entreprendre les réparations
ou réfections nécessaires ? On reviendra plus loin sur ce que devrait
comporter la formation initiale et continue en matière de connaissances
juridiques, notamment pour la prévention du contentieux. Mais deux propositions
peuvent être dès maintenant avancées :
Proposition 3 : l’administration centrale devrait publier
aussitôt que possible le guide juridique annoncé aux chefs d’établissement;
les services juridiques des académies devraient être étoffés et comporter,
dans les I.A., des relais capables de conseiller les chefs d’établissement
pour les affaires simples et de les aiguiller vers des autorités qualifiées
lorsque la question est plus grave ou complexe.
Proposition 4 : les collectivités territoriales pourraient
être incitées à déléguer aux établissements des crédits de maintenance
leur permettant de faire procéder eux-mêmes aux réparations urgentes
mais de portée financière limitée. Enfin, des insatisfactions se manifestent
à propos du statut personnel. La position d’adjoint est jugée ingrate
parce que mal définie et dépourvue de l’aura, voire de l’autorité des
chefs. Excepté ceux qui ne souhaitent pas se trouver en première ligne,
les adjoints jugent parfois difficile de vivre “ dans le sillage ou
dans l’ombre ” de quelqu’un qui est à la fois leur pair et leur supérieur,
et voudraient que le “ rite initiatique ” obligatoire pour accéder à
la fonction de proviseur ou de principal ne se prolonge pas trop longtemps.
D’autre part, les conditions de rémunération offertes, surtout en début
de carrière, sont très généralement contestées. Est-il normal que les
dirigeants d’un établissement, dont les horaires de travail, les contraintes
et les responsabilités dépassent ceux des autres membres de la communauté
éducative, soient moins bien rétribués que certains de ceux-ci, et
une telle situation serait-elle concevable dans d’autres secteurs d’activité
publics ou privés ? Est-il normal, aussi, que certains logements de
fonction soient malcommodes au point que leur occupation ne peut être
considérée comme un avantage en nature mais bien plutôt comme une contrainte
supplémentaire ? Est-il normal, enfin, que les personnels de direction
débutants, notamment les enseignants agrégés, reçoivent une rémunération
moins importante que celle qu’ils percevaient dans leurs anciennes fonctions
lorsqu’elles étaient assorties d’heures supplémentaires, et n’y a-t-il
pas là une cause de la faible attractivité du concours de recrutement
?
Des propositions concernant ces différents points seront faites dans
la dernière partie du rapport. Mais il convient de relever d’emblée
que les insatisfactions relatives aux conditions de rémunération et
de carrière rejoignent les doléances qui ont trait aux conditions d’exercice
du métier : les unes et les autres concourent à donner aux chefs d’établissement
le sentiment que leur fonction est insuffisamment reconnue, à la fois
institutionnellement et socialement. Ce sentiment, justifié pour une
bonne part, mérite d’être pris en considération : on peut en effet estimer
qu’au moment où des réformes vont accroître le besoin d’une coordination
efficace et d’un pilotage vigilant, tout ce qui contribue à valoriser
la fonction de direction sert la cause des établissements et des élèves
autant que celle des personnels intéressés. Les suggestions qui seront
formulées résultent de “ l’état des lieux ” auquel a procédé la table
ronde : si les souhaits des participants ont été en certains cas différents,
le constat des problèmes à résoudre recueille un très large assentiment.
Les solutions préconisées dépassent parfois le cadre des établissements,
car le fonctionnement de ceux-ci est inséparable du système dont ils
constituent le maillon premier dans les deux acceptions du terme.
Certaines ont trait au maillage du territoire, d’autres aux rapports
avec la hiérarchie ou à la répartition des fonctions ; elles sont parfois
assorties d’alternatives, et s’efforcent de prendre en compte les différences
de taille et de situation des établissements, qui retentissent sur la
nature des activités qui y sont conduites. Conformément à la logique
retenue par la table ronde, elles vont du plus général les missions
dévolues aux établissements et l’organisation qu’elles supposent au
plus particulier : les tâches incombant aux chefs d’établissement et
le statut fonctionnel et personnel qu’il convient de leur reconnaître.
Les citations en italique correspondent à des constats, à des critiques
ou à des propositions formulées dans ces contributions et qu’il a paru
intéressant de restituer Les rémunérations complémentaires éventuelles
étant prises en compte.
|