Ministère
de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie
Le Ministre de l'éducation
nationale, de la recherche et de la technologie a confié à Messieurs
Bernard Alluin, ancien Président de l’université de Lille III, et Bernard
Cornu, directeur de l’IUFM de Grenoble, la mission de mener, avec tous
les personnels concernés, la concertation sur la rénovation du dispositif
de formation des enseignants. Cette concertation a permis l’élaboration
d’un texte qui intègre une large part des propositions émanant des Tables
Rondes organisées par le Ministre en 1998. Une seconde consultation
menée en février 2000 avec toutes les institutions et organisations
représentatives a conduit les deux universitaires désignés à préciser
et nuancer comme suit la première version du texte principal. Celui-ci
sera progressivement complété par un certain nombre d’annexes, rendues
publiques et soumises elles-mêmes à concertation. Dix ans après leur
création, les IUFM ont atteint dans leurs grandes lignes les objectifs
qui leur avaient été assignés : RECRUTER PLUS, FORMER MIEUX.
La crise de recrutement des enseignants est actuellement dépassée ;
leur formation est devenue à la fois plus universitaire et plus professionnelle.
Conformément aux règles de la fonction publique, les concours de recrutement
sont ouverts à tout candidat, inscrit ou non dans un IUFM, qui remplit
les conditions réglementaires. Les concours de recrutement du premier
degré sont académiques ; les concours de recrutement du second degré
sont nationaux. Pour donner une pleine efficacité au recrutement des
enseignants et à une préparation à l’exercice du métier leur permettant
de faire face, dans l’immédiat et durant les prochaines décennies, aux
évolutions de la société et aux exigences du système éducatif, un certain
nombre d’améliorations sont à apporter aux concours et à la formation
organisée par les IUFM. Le renforcement de la qualification professionnelle
de tous les enseignants exige à la fois des savoirs rigoureux et appropriés
au traitement des programmes scolaires et une expérience consistante
de la réalité de l’école acquise à travers des stages. Les concours,
dont la finalité première est le recrutement d’enseignants, garantiront
donc à la formation un haut niveau d’exigence scientifique tout en prenant
une dimension professionnelle plus marquée. Tout nouveau recruté aura
eu préalablement un contact direct avec une classe et aura été sensibilisé
aux problèmes de l’école. L’organisation de la première année en deux
semestres permettra un allongement global du temps dévolu à la préparation
des concours et un renforcement de l’entraînement à l’oral. Elle facilitera
l’accompagnement ou la réorientation des étudiants en échec. La formation
de seconde année gagnera en efficacité par une articulation plus rigoureuse
des apports et outils théoriques avec l’expérience pratique acquise
lors des stages. Ses quatre composantes seront étroitement liées : stages,
enseignements, mémoire professionnel, intégration pédagogique des TICE.
L’année de prise de fonction sera marquée par un prolongement de la
formation et du suivi pédagogique assurés par l’IUFM. Une redéfinition
du service dû pendant la première année de titularisation facilitera
- par le biais d’un allégement du service d’enseignement - l’entrée
dans le métier et permettra d’apporter à l’enseignant débutant l’aide
dont il a besoin. Sur la base d’une première expérience professionnelle,
ce dispositif mieux individualisé complétera la formation initiale tout
en préfigurant la formation continue indispensable à la profession enseignante.
Il contribuera ainsi à jeter les bases d’une véritable formation tout
au long de la carrière. Le suivi des enseignants sera prolongé par les
corps d’inspection durant la deuxième année de titularisation. En collaboration
avec les universités, les IUFM qui par ailleurs, dans le cadre de leur
politique contractuelle, participent à la recherche et au développement
dans les domaines de l'éducation et de la formation, assumeront ainsi
de plus en plus pleinement leur mission de service public. Les mesures
qui suivent correspondent aux objectifs mentionnés ci-dessus. Elles
concernent aussi bien les professeurs des écoles que les professeurs
des lycées et collèges et les conseillers principaux d’éducation mais
respecteront les avancées déjà réalisées dans certaines filières (notamment
CAPEPS) pour la professionnalisation du recrutement et de la formation.
Elles seront précisées dans le cadre d’annexes qui figureront progressivement
à la suite de ce document.
1
- L’ADMISSION EN IUFM
En application de l’arrêté du 7 décembre 1994, l’admission des étudiants
en 1ère année d’IUFM est prononcée par le directeur, sur avis d’une
commission. Les modalités d’admission et les capacités d’accueil pour
les différentes filières sont fixées par le conseil d’administration
de l’établissement. Il importe que, tout en prenant en compte les spécificités
de chacun des IUFM, les conditions d’admission présentent une homogénéité
accrue et une claire lisibilité sur l’ensemble des académies.
1.1. Harmonisation
des calendriers
Pour chaque année universitaire, les périodes de pré-inscription concernant
tant les filières 1er degré que celles du 2ème degré seront mieux harmonisées
et feront l’objet d’une large information préalable. Le respect des
dates fixées est impératif pour qu’une demande d’admission soit recevable.
Chaque IUFM publiera la liste des admis, et éventuellement celle des
admis à titre conditionnel, à une date assez précoce pour que les formations
débutent dans la première décade de septembre.
1.2. Procédures
d’admission
La décision portant sur une demande d’admission est prise, dans tous
les cas, sur examen du dossier de candidature complété par un entretien
et éventuellement par une épreuve écrite. Harmonisées au niveau national
dans leurs principes, les procédures d’admission feront l’objet pour
chaque IUFM d’une information préalable large et précise.
1.2.1 Filière
Professeurs des écoles
La maîtrise des connaissances de base (français, mathématiques) pourra
par exemple être vérifiée par une épreuve appropriée. L’aptitude à la
communication orale, les capacités de raisonnement, les motivations
pour la profession enseignante seront appréciées par un entretien avec
une commission. Lors de l’examen du dossier seront pris en considération :
- le cursus universitaire (mentions obtenues, modules de sensibilisation
aux métiers de l’enseignement ou d’ouverture à d’autres disciplines
scolaires qui auront été validés pendant l’année de licence) ; - les
expériences d’activité professionnelle dans le domaine de l’éducation
et de la formation des jeunes, notamment aides-éducateurs, MA, MI/SE.
-Le contingent annuel d’admis à la préparation du CRPE sera fixé par
le conseil d’administration de chaque IUFM, l’effectif (hors formation
spécifique des aides-éducateurs) représentant de 1,5 à 2 fois le nombre
prévisible de postes mis au concours à la session suivante, en fonction
des capacités d’accueil de l’établissement. Les redoublements éventuellement
autorisés mais contrôlés seront inclus dans ce contingent. Ils seront
réservés en priorité aux candidats admissibles et limités à une seule
année. Ils seront prononcés sur examen du dossier de demande de redoublement
et du relevé des notes obtenues aux épreuves du concours.
1.2.2 Filières
second degré
Pour les filières donnant lieu à des préparations assurées conjointement
par l’IUFM et une ou plusieurs universités, une concertation sur les
capacités d’accueil, en conformité avec la convention liant les établissements,
précédera la fixation des procédures d’admission par le conseil d’administration
de l’IUFM. Le nombre d’admis dans une préparation sera déterminé en
considérant comme prioritaire la nécessité d’une formation efficace,
propre à donner aux candidats une chance raisonnable de succès par rapport
au nombre de places ouvertes au concours. La conformité réglementaire
du dossier sera dans tous les cas vérifiée. Ce dossier fera l'objet
d'un examen éventuellement fondé sur critères, complété par un entretien
et, le cas échéant, par un exercice écrit. Dans l’appréciation des éléments
du dossier seront prioritairement pris en compte : - la qualité du cursus
universitaire (mentions obtenues ; modules portant sur les divers secteurs
de connaissances requis pour le concours ; modules de sensibilisation
aux métiers de l’enseignement, de renforcement ou d'ouverture qui auront
été validés pendant l’année de licence). - les expériences d’activité
professionnelle dans le domaine de l’éducation et de la formation des
jeunes, notamment aides-éducateurs, MA, MI/SE. Pour l’admission à la
préparation des concours des filières techniques et professionnelles,
les expériences d’activité en entreprise seront valorisées. Afin de
contribuer à une bonne orientation des étudiants, un entretien permettra
d’apprécier l’aptitude à la communication orale, les capacités de raisonnement,
l’adéquation du cursus au projet professionnel, les motivations pour
le métier d’enseignant. Les redoublements éventuellement autorisés seront
inclus dans le contingent fixé pour les admissions. Ils seront réservés
en priorité aux candidats admissibles. Ils seront prononcés sur examen
du dossier de demande de redoublement et du relevé des notes obtenues
aux épreuves du concours.