RENOVATION DES IUFM
Rénovation du dispositif de formation des enseignants - Actuellement en cours de concertation - 24 mars 2000.
 
2 - LA FORMATION

La formation initiale des enseignants articule de façon intégrée des contenus disciplinaires et  des éléments de préparation au métier. Elle comporte une réflexion sur les pratiques d'enseignement dans un va-et-vient entre théorie et pratique. Un cursus de quatre semestres inclut l’année de préparation du concours. Il est complété dans la première année de titularisation par un suivi pédagogique des nouveaux enseignants et par des compléments de formation professionnelle. L’ensemble est placé sous la responsabilité de l’IUFM. Les deux premiers semestres sont consacrés en priorité à préparer les concours de recrutement. Les deux suivants constituent pour les professeurs-stagiaires une phase essentielle de formation et d’expérience pratique en même temps qu’une année probatoire qui doit aboutir à la titularisation. Durant leur première année d’exercice, les enseignants bénéficient d’un allégement de service leur permettant d’élargir et d’approfondir leur formation à partir de leur expérience professionnelle et de trouver des réponses appropriées à leurs besoins ou à leurs éventuelles difficultés. Un relais dans le suivi pédagogique sera assuré durant la seconde année d’exercice par les corps d’inspection.

2.1. Première année de formation IUFM
Pour permettre à l'étudiant d'aborder cette première année de formation à l’IUFM dans les meilleures conditions, les universités seront invitées à mettre en place, quand ils n’existent pas encore, dans le cadre du module optionnel de licence des modules dits «préprofessionnels» (modules de sensibilisation, de renforcement ou d’ouverture à des disciplines scolaires ou à des méthodologies absentes du parcours de l’étudiant). La première année de formation est organisée en deux semestres correspondant à la préparation aux épreuves écrites d’admissibilité puis aux épreuves d’admission des concours. Les plans de formation veilleront à la cohérence globale de cette première année qui doit articuler savoirs et initiation au métier. Elle suppose, en fonction des compétences disponibles dans les deux types d’établissements, une étroite collaboration entre l’IUFM et l’université ou les universités de l’académie, conformément aux conventions qui les lient. Dans le cadre de la politique contractuelle, les universités seront incitées à s’investir davantage, là où ce n'est pas encore le cas, dans la formation initiale et continue des enseignants.

2.1.1. Filière 1er degré : préparation au CRPE externe
Le premier semestre (début septembre - fin janvier) est destiné à compléter et approfondir les connaissances en français et en mathématiques, dans l’esprit des épreuves d’admissibilité du concours. A la consolidation des notions indispensables à l’enseignement de ces disciplines, s’adjoignent une initiation à leurs modes d’enseignement dans le primaire (par exemple sur la base d’observations de situations de classes) et un début de réflexion sur leur intégration dans la polyvalence du professeur des écoles. Le plan de formation peut prévoir l’engagement au cours du premier semestre d’une partie de la préparation aux épreuves d’admission, notamment en sciences. Il inclura éventuellement l'organisation de stages d'observation. Dès la publication des résultats d’admissibilité, la formation de second semestre est ouverte à tout candidat admissible. Des possibilités de réorientation vers des enseignements correspondant à leur projet seront proposées aux candidats non admissibles. La formation de second semestre conforte la maîtrise des contenus requis par les différentes épreuves d’admission. Elle initie une réflexion sur l’enseignement des disciplines correspondantes à l’école primaire. Elle doit développer, par un travail en groupes restreints, les capacités de communication orale des candidats. Les plans de formation pourront par ailleurs inclure notamment :  la poursuite d’une formation en français et mathématiques dans une logique de polyvalence, une première initiation à l’histoire des disciplines et/ou à leur épistémologie. Un stage d’observation et de pratique accompagnée dans une école primaire, d’une durée globale de trois à quatre semaines (préparation et exploitation incluses) sera effectué par tous les candidats admissibles. Des aménagements seront prévus pour les candidats salariés. L’étudiant en stage observera les pratiques de classe du maître et assurera en sa présence quelques séquences d’enseignement. Cette expérience de découverte concrète du métier est le principal élément sur lequel s’appuiera l’épreuve d'entretien. Elle servira d'appui à une première réflexion sur les objectifs de l'enseignement des disciplines, sur les finalités de l’école et les valeurs qui en sont le fondement, enfin sur la responsabilité éducative de l’enseignant.

2.1.2. Filières 2ème degré : préparation aux CAPES, CAPEPS, CAPET, CAPLP2 et concours CPE externes
Le premier semestre (début septembre - début février), dévolu à la préparation des épreuves d’admissibilité, permettra une consolidation des savoirs universitaires et l’acquisition des compléments disciplinaires indispensables pour que les candidats puissent maîtriser des champs suffisamment larges des programmes des lycées et collèges. Il conduira en même temps les candidats à prendre par rapport à leur discipline un nécessaire recul à travers une première approche de son histoire et/ou de son épistémologie. Pour les filières bi-disciplinaires, une attention particulière sera portée au renforcement de la deuxième valence. Le plan de formation peut prévoir l’engagement au cours du premier semestre d’une partie de la préparation aux épreuves d’admission, notamment dans les domaines des sciences expérimentales. Dès la publication des résultats d’admissibilité, la formation de second semestre sera ouverte à tout candidat admissible. Des possibilités d'approfondissement ou bien de réorientation correspondant à leur nouveau projet seront proposées aux candidats non admissibles. La formation de deuxième semestre complétera la formation dans les contenus disciplinaires et initiera, à partir de l'expérience d'un stage, une réflexion sur leurs modes d’enseignement. A travers des exercices correspondant à leur champ disciplinaire, les candidats seront entraînés, par un travail en groupes restreints, à une bonne maîtrise de la communication orale. Un stage d’observation et de pratique accompagnée dans un collège ou un lycée, d’une durée globale de trois à quatre semaines (préparation et exploitation incluses), sera effectué par tous les candidats admissibles. Des aménagements seront prévus pour les candidats salariés. L’étudiant en stage observera les pratiques de classe du professeur et assurera en sa présence quelques séquences d’enseignement. Cette expérience de découverte concrète du métier est le principal élément sur lequel s’appuiera l’épreuve professionnelle. Elle servira d'appui à une première réflexion sur les objectifs de l'enseignement de la discipline, sur les finalités de l’école et les valeurs qui en sont le fondement, enfin sur la responsabilité éducative de l’enseignant.

2.2. Deuxième année de formation en IUFM
La formation dispensée durant les troisième et quatrième semestres du cursus articule étroitement quatre composantes : stages, enseignement, mémoire professionnel, intégration des TICE dans la pratique enseignante. Tous les lauréats des concours externes de recrutement, y compris les agrégés, suivent cette formation, qui en cas de besoin sera aussi ouverte à des admis aux concours externes normalement assignés à un stage en situation. Un cadrage national des contenus et des modalités de la formation de deuxième année permettra aux IUFM d’élaborer, en liaison avec les universités et les acteurs de terrain, leur plan de formation.

2.2.1. Les stages
La complexité croissante du métier d’enseignant exige une expérience de terrain diversifiée, acquise à travers des stages accomplis face à des publics variés. Les stages sont pleinement intégrés à la formation où ils introduisent une modalité essentielle d’alternance. Les stages en responsabilité et les stages de pratique accompagnée impliquent que le professeur débutant soit guidé par un collègue expérimenté qui devient son conseiller pédagogique. Un vivier élargi de conseillers compétents est donc indispensable pour l’accueil satisfaisant des professeurs-stagiaires dans un ample réseau d’établissements ou d’écoles. Accueillir des stagiaires et contribuer à la formation des enseignants doit être reconnu comme l'une des tâches essentielles des écoles et des établissements. Les PE2 effectueront un stage de pratique accompagnée et un stage en responsabilité en école ainsi qu’un bref stage d’observation en collège. Le stage en responsabilité, d'une durée totale de 12 semaines, se répartira autant que possible entre chacun des cycles du primaire et une expérience en ZEP. Une progressivité est souhaitable dans la durée et la difficulté des périodes de stage Les PLC2 effectueront, pour les filières générales, un stage de pratique accompagnée et un stage en responsabilité dans un établissement du second degré ainsi qu’un bref stage d’observation en école. Afin de favoriser l’apprentissage du travail en équipe et l’ouverture transdisciplinaire, le stage en responsabilité, d’un volume hebdomadaire de 8 heures, devra inclure dans tous les cas une part de service consacrée aux nouvelles modalités d’encadrement des élèves, telles que T.P.E, aide aux élèves, tutorat, travaux croisés, intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement. Le stage de pratique accompagnée s’effectuera soit dans un établissement du cycle autre (lycée/collège) que celui du stage en responsabilité, soit dans un établissement dont la population scolaire présente des caractéristiques différentes . La même organisation sera également applicable aux professeurs agrégés-stagiaires Des dispositifs adaptés seront fixés pour les lauréats du CAPEPS (stage en responsabilité de 10 heures hebdomadaires, animation sportive incluse), pour les documentalistes et CPE stagiaires ainsi que pour les professeurs-stagiaires des filières de l’enseignement technique et professionnel, pour lesquels une diversification des lieux et des objectifs des stages en entreprise sera par ailleurs recherchée. Une annexe particulière détaillera le contenu et les modalités de la formation des PLP2.

2.2.2. Les enseignements
Pour les PE2 comme pour les PLC2-CPE2, les enseignements de 2ème année d’IUFM sont ancrés sur l’expérience acquise à travers les stages. La préparation, le suivi et l’exploitation des stages, qui sont au coeur de la formation professionnelle des personnels enseignants, donnent lieu à un aller-retour permanent entre théorie et pratique. Leurs modalités, précisées dans les plans de formation des IUFM, devront laisser aux stagiaires un temps suffisant de réflexion et de travail personnel. Enfin l’organisation de la formation rendra incontournable le travail en équipe des professeurs-stagiaires et par conséquent un réel travail en équipe des enseignants et des formateurs de l'IUFM. Les enseignements, principalement orientés vers la conception et l’analyse des pratiques de classe, donneront lieu à des modules bien identifiés dont certains pourront par convention être assurés par les universités. Ils développeront les compétences requises pour les activités fondamentales de l’enseignant : transmission des connaissances, préparation et conduite de la classe. La formation comportera une approche didactique des disciplines, sans développements théoriques non nécessaires mais propre à faire comprendre aux professeurs-stagiaires les mécanismes de l’enseignement et de l’apprentissage de leur(s) discipline(s) afin de surmonter les principaux obstacles à l’apprentissage et de remédier aux erreurs de leurs élèves. Les plans de formation des IUFM prévoiront dans tous les cas des enseignements intégrant les apports récents sur la cognition, les apprentissages, la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, l’évaluation et l’orientation des élèves. En fonction des besoins, des compléments disciplinaires pourront être apportés dans la perspective de l’enseignement dans les classes. Des modules ouvriront par ailleurs sur un ensemble de thématiques qui pourront faire l’objet d’approfondissements durant la première année d’exercice : traitement de l’hétérogénéité et des élèves en difficulté, enseignement dans des quartiers difficiles, sensibilisation aux phénomènes de déviance ou de violence, éducation morale et éducation civique, ouverture aux systèmes scolaires européens. Le prolongement de la formation durant la première année d’exercice justifie que les modules suivis par les stagiaires n’excèdent pas un volume horaire compatible avec leurs autres obligations et soient centrés sur les éléments fondamentaux de leur activité professionnelle. Un temps de formation d’au moins deux journées sera en outre réservé à la réunion en groupes mixtes de professeurs-stagiaires des écoles et des lycées et collèges sur des thèmes propres à faire percevoir entre les secteurs primaire et secondaire une nécessaire continuité fondée sur la discipline et sur le parcours de l'élève.

2.2.3. Mémoire professionnel
Le mémoire professionnel comporte une production écrite et une soutenance. Il instaure de manière structurée une indispensable réflexion sur la pratique de classe. Il exige du jeune enseignant une forte maîtrise du français écrit et oral. Le mémoire se fonde sur l’expérience d’enseignement du stagiaire. Non réductible à un rapport de stage, il doit, sur un sujet bien délimité, confronter situations de classe et outils théoriques en faisant appel à certains éléments de méthodologie de la recherche. Il constituera, dans sa réalisation technique et le cas échéant par sa thématique, un lieu de mise en oeuvre des TICE. Il devra également fournir l’occasion d’un travail en équipe, même si une prestation individuelle est requise pour sa soutenance. On veillera à ce que le temps dévolu au mémoire satisfasse à ces conditions, tout en restant compatible avec les autres activités requises du professeur-stagiaire.

2.2.4. Intégration des TICE dans la pratique enseignante
La maîtrise des nouveaux outils technologiques de l’information et de la communication est désormais indispensable à l’enseignant. La formation inclura cet élément, non comme une matière en soi, mais en l’intégrant aux disciplines et aux pratiques pédagogiques. Le métier d’enseignant requiert la maîtrise des principaux outils matériels et logiciels, la capacité à intégrer les TICE dans l’enseignement de la discipline et à utiliser des techniques de travail en réseau et à distance, enfin la connaissance des aspects juridiques et éthiques de l’utilisation des TICE.

2.3. Le processus de titularisation.
La formation de deuxième année donne lieu à une validation par l’IUFM, avant qu’un jury académique se prononce sur la titularisation du fonctionnaire stagiaire. Afin de mieux prendre en compte les divers éléments de la formation, et d’identifier les compléments qui s’avéreraient nécessaires, la procédure de validation, les modalités de certification, et la composition des jurys correspondants seront revues. Ce point fera l’objet d’une annexe technique au présent document. La validation de la formation nécessite que chacune de ses quatre composantes soit positivement évaluée. En conséquence : - La non-validation du stage pourra conduire à une inspection et à une période de stage complémentaire. - La non-validation des enseignements pourra conduire à la prescription de modules complémentaires. - La non-validation du mémoire pourra conduire à exiger du professeur-stagiaire un travail complémentaire d’élaboration. - La non-validation portant sur les TICE pourra conduire à la prescription d’acquisitions complémentaires.

2.4. Troisième année de formation en IUFM
Le métier d’enseignant exige une formation qui, engagée dès les études universitaires, se poursuive tout au long de la carrière. Il convient que la formation continue s’articule à la formation initiale. Un accompagnement des enseignants en début de carrière s’avère par ailleurs indispensable. Une troisième année de formation pilotée par les IUFM répond à ce double besoin. Elle est, lorsque l’expérience professionnelle s’élargit, le moment le plus opportun pour certains éléments de formation. Les nouveaux titulaires bénéficieront pendant cette troisième année d’un allégement de service qui leur laissera le temps nécessaire pour compléter leur formation professionnelle. Cet allégement sera d'au moins quatre semaines pour les enseignants du premier degré et de 3 heures hebdomadaires pour les enseignants du second degré, y compris pour les agrégés. Le prolongement de formation prendra sa pleine efficacité s’il associe des enseignements assurés par l'IUFM à l'occasion de regroupements et une forme de tutorat par lequel des collègues expérimentés apporteront leur appui à des enseignants débutants. Cette forme de tutorat facilitera l’intégration - parfois délicate - du jeune professeur dans son établissement ou son école. Elle constituera aussi un premier recours en cas de difficulté. Elle suppose donc la plus grande proximité possible entre les lieux d’exercice des deux enseignants. Un tuteur pourra être en charge de quatre à six jeunes collègues. Pour garantir la cohérence de la formation, il agira en liaison avec l’IUFM, qui l’aura choisi après consultation du chef d‘établissement et de l’IA-IPR ou de l’IEN. Ce tuteur, désigné sur proposition du directeur de l'IUFM après avis du corps d'inspection et, pour le second degré, du chef d'établissement, pourra être un collègue expérimenté, un maître de stage, un conseiller pédagogique, un formateur de l'IUFM.
Pour les enseignants du second degré, il appartiendra de manière générale à la même discipline. L’investissement consenti par les enseignants qui assurent cet accompagnement sera reconnu par une indemnité annuelle et/ou une décharge partielle de service, ainsi que par la prise en considération de la responsabilité assumée lors des opérations de notation et de promotion. Une limitation en durée des fonctions de tuteur assurera la rotation souhaitable. Une concertation régulière sera organisée entre tuteurs et IUFM. Un bilan de l’efficacité du dispositif sera dressé au terme de chaque année. La formation de 3ème année tirera bénéfice de l’expérience déjà acquise et se concentrera sur des questions pour lesquelles une expérience professionnelle est requise. Elle facilitera l’adaptation à l’emploi. Elle fournira les compléments et les approfondissements adéquats pour répondre de manière suffisamment individualisée aux besoins et, le cas échéant, permettra de remédier aux difficultés rencontrées par le professeur débutant. Les nouveaux titulaires recevront aussi les informations leur permettant de bien se situer dans l’institution où ils exercent et de connaître leurs responsabilités administratives et juridiques. En fonction des besoins identifiés, la formation prendra la forme de séances thématiques, d’échanges entre pairs ou de séminaires. Ses modalités de mise en oeuvre seront diversifiées, compatibles avec le bon fonctionnement des classes et avec l’utilisation la plus rationnelle des capacités d’accueil et d’encadrement de l’IUFM. Pour le 1er degré, elle s’effectuera notamment par ensemble de semaines. Pour le 2ème degré, l’emploi du temps de tous les professeurs d’une discipline sera dans chaque académie organisé de telle sorte qu’une même journée hebdomadaire reste disponible pour la formation. Seront privilégiés les regroupements de proximité, sur le site départemental de l’IUFM mais aussi au niveau du district, de l’agglomération, voire de l’établissement si le nombre de débutants le justifie. Sous réserve de compatibilité des emplois du temps, une partie de la formation pourra être assurée par les tuteurs.
Pour les PE comme pour les PLC-CPE, les plans de formation des IUFM veilleront à une complémentarité cohérente entre les contenus proposés pour les seconde et troisième années du cursus. Dans toute la mesure du possible, l’affectation des stagiaires puis des nouveaux titulaires PLC et CPE induira au maximum un changement d’académie au cours de la formation initiale. Une fiche annexe précisera les contenus et les modalités de la formation de troisième année d'IUFM. Il incombera aux corps d’inspection et, pour le premier degré, à leurs conseillers (CPAIEN), d’apporter aux nouveaux enseignants lors de leur seconde année d’exercice les conseils et le soutien nécessaires.

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